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Asseoir son bébé, c’est une pratique courante, on se dit qu’il est peut-être mieux dans cette position pour jouer, qu’il voit mieux ce qui se passe autour de lui, et ça doit être quand même plus sympa de voir sa famille « à la verticale ».

On pense aussi peut-être inconsciemment que c’est une position plus confortable pour lui, et admettons-le, on aime bien l’avoir lové à côté de nous dans le canapé, ce petit être.

C’est aussi généralement autour des 6 mois, que spontanément, on vient placer bébé au sol, sur son tapis d’éveil, en prenant bien soin de réunir tous les coussins de la maison autour de lui, parce que bébé, faut dire qu’il vacille encore beaucoup et qu’il vaut mieux le protéger au cas où il tombe à la renverse.

Bébé ne tient pas assis

Sauf que justement, si bébé ne trouve pas encore son équilibre assis, c’est peut-être tout simplement qu’il n’est pas prêt à adopter cette position.

Et quand bien même il « tient assis » sans trop vaciller, s’est-il assis de lui-même ou l’avez-vous mis dans cette position ?

Ces réflexes parentaux sont tout à fait normaux, seulement, il impératif de laisser votre bébé s’asseoir tout seul, c’est une étape extrêmement importante pour son développement psychomoteur et asseoir son bébé trop tôt pourrait avoir des conséquences à long terme. On vous explique tout.

Laissez bébé prendre son temps

Si votre bébé frappe votre animal de compagnie, ce n’est pas par hostilité, c’est certainement qu’il voulait lui faire un câlin ou une caresse mais qu’il n’a pas encore un bon contrôle de ses petits bras. De même lorsqu’il essaie de vous caresser le visage, en imitant vos gestes, et que vous avez tout simplement l’impression de vous prendre une gifle.
S’il jette sa nourriture, c’est juste sa façon de vous communiquer qu’il a fini de manger.

Et si votre enfant ne tient pas assis sans que sa tête le fasse pencher d’un côté et de l’autre, c’est qu’il n’est simplement pas prêt.

Toutes ces notions font partie de son développement psychomoteur, et il faut lui laisser le temps d’acquérir une à une ces connaissances, en essayant de ne pas lui imposer de rythme.

âge bébé se tient assis

L’évolution motrice de bébé

Quand est-ce que bébé va commencer à saisir les objets ? Ne devrait-il pas déjà marcher à 4 pattes ? À quel âge bébé tient assis ? Est-ce que mon bébé est en retard ou en avance ?

Tant de questions pouvant se bousculer dans vos têtes de jeunes parents, tant d’interrogations quant au développement de ce petit humain !

Mais il n’y a pas vraiment de norme quant à l’évolution motrice, mais plutôt des grandes lignes à connaître, mais aussi et surtout, un certain ordre à respecter.

Et griller les étapes n’aide pas votre enfant à se développer, cela le freine au contraire dans son évolution psychomotrice. Et vous allez voir que l’étape où votre chérubin se tient assis est précédée de nombreuses autres étapes !

Les grandes étapes du développement moteur d’un bébé

Notez que ces phases sont données à titre indicatif et que tous les bébés ne se développent pas à la même vitesse. Ces étapes sont élastiques dans le temps et nous vous les présentons simplement pour que vous puissiez situer l’étape assise et réalisiez tout le chemin que votre enfant devra parcourir avant qu’il ne puisse s’asseoir.
Car si chaque enfant évolue à un rythme diffèrent, ils passent tous par les mêmes étapes, en suivant la même chronologie dans celles-ci.

Bon à savoir

Certains troubles chez le bébé peuvent venir perturber cette chronologie et le passage à certaines étapes peut être freiné par une dysplasie de la hanche, le limitant dans ses mouvements par exemple.

Développement de bébé de 0 à 3 mois

Lorsque bébé est sur le dos ou dans vos bras, il gesticule de manière désordonnée, ses mouvements ne sont pas contrôlés. Il s’enroule sur lui-même et vient attraper ses petits petons.

Quel enseignement en tire bébé ?

C’est à ce moment-là que bébé commence à prendre conscience de son corps, de ses membres, et de sa capacité à les contrôler (bien qu’il ne maîtrise pas encore vraiment l’exercice).

Développement de bébé de 4 à 6 mois

Bébé arrive à se retourner seul, d’abord du ventre au dos. Lorsque qu’il est sur le ventre, bébé arrive à soulever sa poitrine et sa tête.

C’est parce qu’il a commencé à former son tonus musculaire les mois précédents, et ses petits muscles commencent à se renforcer. Mais la tenue de sa tête ne sera possible que lorsque ses petits muscles seront suffisamment toniques pour la soutenir.

Ce n’est que plus tard qu’il arrivera à se retourner dans le sens inverse, de passer du dos au ventre.

Quel enseignement en tire bébé ?

C’est lorsqu’il est sur le ventre qu’il prend conscience de ses appuis et notamment des appuis qu’il peut prendre sur ses avant-bras pour pouvoir lever son buste. Mais c’est aussi à ce moment-là qu’il comprend le rapport « force + points d’appuis = mouvement ». Une notion à la base de tout changement de position, mais aussi à la base des déplacements ! Une notion dont il aura besoin tout au long de sa vie donc.

Développement de bébé de 6 à 8 mois

Et c’est alors que bébé commence à se déplacer, en se tournant puis en rampant. C’est ce que l’on appelle le « ramping ». Votre petit semble être alors en pleine mission commando !

Il commence d’abord à ramper en marche arrière (car il comprend en premier lieu qu’il peut pousser sur ses mains). Ce n’est que plus tard qu’il rampe en marche avant, lorsqu’il comprend qu’il peut aussi pousser sur ses pieds !

Quel enseignement en tire bébé ?

Ici, bébé apprend la coordination entre le haut et le bas de son petit corps. Une coordination qu’il doit connaître afin de maintenir un bon équilibre lorsqu’il sera l’heure de tenir debout et de marcher.

Il va aussi consolider sa coordination entre les parties droites et gauche de son corps, coordination indispensable afin de réaliser ses futures tâches quotidiennes.

L’étape du 4 pattes

Arrive ensuite le moment où bébé se déplace 4 pattes. Une étape d’ailleurs essentielle, on vous explique ici en détail pourquoi votre bébé ne devrait pas sauter l’étape de marcher à 4 pattes.

Quel enseignement en tire bébé ?

Durant son apprentissage du déplacement à 4 pattes, votre bébé renforce et affine sa coordination et son contrôle musculaire.
Ses gestes semblent alors plus précis et contrôlés qu’avant, ses bras, ses mains et ses jambes plus sollicitées aussi, afin d’apprendre à mieux manipuler avec ses membres supérieurs et à mieux se déplacer avec ses membres inférieurs.
Quant au reste de son corps, à savoir son tronc, il vient également se renforcer durant cette étape, et particulièrement les muscles à proximité de sa colonne vertébrale.
Vous l’aurez compris, cela va venir augmenter sa force globale mais aussi stimuler son équilibre, deux choses indispensables au maintien d’une position verticale, assis ou encore debout.

Des bases fondamentales

Vous comprendrez alors que ce n’est qu’une fois que toutes ces étapes « horizontales » sont passées que votre enfant est capable d’adopter une position « verticale ». À savoir, il sera prêt à s’asseoir seul une fois toutes les étapes citées ci-dessous accomplies et les enseignements assimilés !

Ces phases en amont sont en effet extrêmement importantes pour le développement de votre bébé et il faut lui laisser le temps de les découvrir et les pratiquer à son rythme puisque c’est grâce à celles-ci que votre enfant acquiert des bases solides.

Des fondements sur lesquels il se reposera tout au long de sa vie, tant dans sa pratique sportive, que dans l’apprentissage d’un instrument. N’allez donc pas plus vite que la musique, évitez d’asseoir bébé avant qu’il n’en soit capable seul.

Bon à savoir

Attention, il est à noter que si votre bébé souffre de reflux gastro-œsophagiens (RGO), la position allongée peut lui être inconfortable, et il vous sera alors peut-être recommandé de le passer en position verticale.

Les fondements de toute une vie

Si sur ses trois premières années votre chérubin développe ses capacités motrices et psychologiques, un grand nombre de ces fondements sont appris durant la première année.

Mais pour cela, il va falloir le laisser faire, le laisser réfléchir, le laisser comprendre la mécanique de son corps, sans intervenir, et sans l’asseoir entre autres. Car c’est en réfléchissant et en travaillant sur la coordination de ses mouvements et sur les différentes interactions entre les groupes musculaires qu’il pourra affiner son habileté et gagner en tonus musculaire.

Des bases essentielles dont il se servira tout au long de sa vie, qu’il s’agisse de travaux manuels minutieux comme l’écriture, l’orfèvrerie, le dessin, etc. Mais aussi essentielles à la pratique d’un sport et pour acquérir une bonne posture et un bon équilibre.

À quel âge bébé tient assis ?

En général, c’est entre l’âge de 6 et 8 mois que bébé réussi à tenir seul, sans soutien ou support extérieur, mais encore une fois, il ne faut pas en faire une généralité.
Bébé ne tient pas assis à 8 mois ? Ce n’est pas grave, laissez-lui encore le temps, il le fera une fois que son petit corps est assez tonique. Et une fois le jour arrivé, l’exercice n’est pas pour autant gagné !

Le jour où bébé s’assoit de lui-même

Et oui, il n’a pas l’habitude de la verticale, sa tête tangue un petit peu et penche généralement vers l’avant, il faut dire qu’elle est assez lourde cette petite tête !

Il va alors se servir de ses mains et de ses bras comme piliers pour contre balancer et ne pas tomber à la renverse, et continuer au passage son apprentissage et la musculation de son dos et de son cou.

Et comme par magie, voilà qu’un jour il arrive à dresser son buste et les différentes chaînes de muscles sont capables de le tenir sans qu’il prenne appui sur ses mains !

partir âge asseoir bébé assis

Les risques d’asseoir bébé alors que son corps n’est pas prêt

Vous comprenez alors l’importance du chemin et du travail qu’il doit faire seul pour arriver à la position assise.

Et malgré tous les coussins que vous avez pu disposer autour de lui, si le corps de votre bout de chou n’était pas prêt à adopter une position verticale, il a très certainement dû compenser par certains réflexes ou positions !

Les tensions

En installant bébé dans cette position sans qu’il l’ai trouvé de lui-même, cela freine certes son développements psychomoteur, mais cela peut créer aussi des tensions dans son corps, car il doit travailler à maintenir cette position malgré lui.

Un corps tout contracté

Bébé va en effet contracter intensément tout son corps et ses muscles afin qu’ils puissent le maintenir au maximum. Il se raidit, pour ne pas chanceler.

Mais ces contractions l’empêchent d’abord de trouver un bon équilibre entre la force, la souplesse et la mobilité musculaire mais peuvent aussi générer de nombreuses tensions ici et là, des tensions pouvant engendrer des douleurs persistantes.

Des muscles trop allongés

Pour contrebalancer et essayer d’être plus stable, bébé va aussi beaucoup solliciter ses jambes. Ces dernières sont alors à l’horizontale et écartées, les genoux vers l’extérieur et les talons vers l’intérieur, et les muscles des cuisses se retrouvent alors trop allongés et peuvent à terme manquer de tonus.

Tonus dont il aura besoin plus tard pour pouvoir passer de la position assise à debout sans qu’on l’aide !

Des hanches mises en tension

Le bas de son corps se retrouve dans une position opposée au haut de son corps, une posture qu’il n’est pas encore prêt à gérer et qui demande beaucoup d’équilibre. Ses hanches sont ici très sollicitées et la position ne permet d’ailleurs que très peu de mobilité.

La posture est en effet loin d’être idéale pour passer à une autre position facilement, difficile de bouger et de passer à 4 pattes (c’est d’ailleurs la raison pour laquelle certains bébés rampent sur les fesses).

Des peurs et appréhensions

Lorsque l’on assoit bébé malgré lui, on sait que son corps se raidit pour éviter tomber. On peut alors supposer que bébé a conscience qu’il peut tomber dans cette position.

Certains bébés vont alors bouger le moins possible pour éviter de perdre l’équilibre qu’ils pensent enfin avoir trouvé, ils ont alors aussi peut-être peur des mouvements autour d’eux, peur que ceux-ci entraînent un déséquilibre et les fasse chuter.

Une tension physique donc, mais certainement une inquiétude aussi et cette peur de tomber, de perdre l’équilibre pourrait rendre bébé parfois craintif, mais aussi dépendant du parent, bien que la peur de tomber soit tout à fait normale chez les bébés, elle pourrait être ici plus importante.

Passer debout (ou redescendre au sol une fois debout) pourrait alors relever du vrai défi du fait de l’appréhension de perte d’équilibre, de la crainte de tomber.

Cela n’a pas forcément l’air inconfortable pour bébé pourtant ?

Cela n’a peut-être pas l’air inconfortable pour bébé, comme ça, et parfois vous avez même l’impression qu’il réclame cette position ou que le seul moyen d’apaiser sa colère est de l’asseoir. Vous le passez en position assise et hop, il arrête de pleurer.

Cela ne veut pas dire que son corps ne subit pas de tensions ! Simplement qu’il s’est peut-être habitué à voir et observer son environnement et sa famille à la verticale.

Bon à savoir

Parfois, quand bébé est sur le dos, il essaye de soulever sa tête et son buste. Cela n’est pas forcément le signe qu’il veut s’asseoir, il gigote simplement et se muscle.

Nos conseils

Vous connaissez à présent les raisons pour lesquelles il faut éviter d’asseoir bébé avant qu’il ne s’assoit de lui-même. Et si vous aviez pour habitude jusqu’à maintenant de l’asseoir avant l’heure, ne vous inquiétez pas, il n’est pas trop tard pour adopter les bons gestes.

Favorisez le portage

Si bébé pleure car il était habitué à être assis et y a finalement pris goût, portez-le. Il se sentira premièrement soutenu physiquement par vos bras, évitant ainsi de se contracter pour maintenir l’équilibre, mais il se sentira aussi soutenu « émotionnellement », il sera rassuré de vous sentir si proche.

Cela lui permettra en plus de jouer avec ses mains, de les apprivoiser, de s’en servir, sans que celles-ci ne lui servent de pilier pour ne pas basculer.

Laissez-le le plus possible au sol

Vous devez laisser bébé libre de bouger, sans le confiner au milieu de nombreux coussins. Il faut qu’il puisse évoluer librement au sol, c’est en bougeant qu’il apprend ! Pour le rassurer, vous pouvez vous allonger au sol tout proche de lui. Pensez également à le stimuler afin qu’il tourne sa tête et change ses appuis, notamment pour prévenir une plagiocéphalie (ou syndrome de la tête plate).

Identifiez un trouble éventuel le freinant dans ses capacités motrices

Peut-être que si bébé a du mal à rester allongé, ce n’est pas parce que vous l’avez habitué à voir le monde à la verticale, c’est peut-être simplement car des tensions ou des blocages, parfois même anciens (remontant à l’accouchement) rendent cette position inconfortable ou encore le gênent dans ses mouvements.

Envisagez d’emmener votre bébé chez un ostéopathe, ce dernier est à même d’identifier et de soulever d’éventuelles tensions grâce à des techniques douces et il n’y a pas d’âge minimum, vous pouvez voir un ostéopathe pour bébé dès la naissance.

Pour aller plus loin

Ouvrage « De la naissance aux premiers pas » de Michèle Forestier
Ouvrage « Grandir autonome » d’Emmi Pikler

Cabinet B - Ostéopathie

Spécialistes de la pédiatrie

Cabinet B

Author Cabinet B

Cabinet d'ostéopathie à Toulouse, regroupant des ostéopathes aux spécialités diverses, tous animés par la volonté de créer une véritable relation de confiance avec leurs patients.

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