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Apnée du sommeil : quelle est la place de l’ostéopathie ?

Vous souffrez de somnolences au cours de la journée ? Vous avez du mal à vous concentrer et êtes sujet aux maux de tête ? Vous êtes particulièrement irritable ou avez la sensation d’être dans un état dépressif ? Vous remarquez une baisse de votre désir sexuel ?

Et si l’apnée du sommeil était en cause ?

Jusqu’à 5% des français pourraient être touchés par ce trouble et parmi ces personnes, une grande majorité n’a pas conscience d’en souffrir.

Alors comment savoir si l’on est atteint par ce syndrome ? Quelles sont les causes à l’origine de ce trouble ? Quel est le rôle de l’ostéopathie dans le traitement de l’apnée du sommeil et quelles en sont les limites ? Les réponses dans cet article.

L’apnée du sommeil, qu’est-ce que c’est au juste ?

L’apnée du sommeil ou syndrome d’apnées obstructives du sommeil (SAOS) se définissent par des arrêts respiratoires répétés au cours… du sommeil, vous l’aurez très certainement compris.

Ces arrêts, pouvant durer de 10 à 30 secondes, sont involontaires et inconscients et peuvent se produire de 5 à 100 fois par heure ! Pas étonnant que votre sommeil ne soit pas des plus réparateurs.

Notez que lorsque l’obstruction des voies aériennes est complète il s’agit d’apnée, mais lorsqu’elle est partielle on parle de hypopnée.

7 personnes sur 10 ne savent pas qu’elles souffrent d’apnée du sommeil

Près de 3 millions de Français seraient touchés, pourtant, une grande majorité ne sait pas qu’elle souffre de ce trouble et on estime que 7 personnes apnéiques sur 10 ne sont pas diagnostiquées !

En même temps… Il s’agit d’arrêts respiratoires inconscients et involontaires pendant que vous dormez, pas étonnant que vous peiniez à identifier ce trouble. Il existe pourtant des signes révélateurs.

Savoir reconnaître les symptômes de l’apnée du sommeil

Quand l’entourage remarque les signes

Votre entourage, bien souvent votre conjointe ou conjoint, décrit un sommeil agité, des ronflements importants et quotidiens et des étouffements nocturnes. Ces signes sont d’ailleurs source d’inquiétude pour vos proches et peuvent, à fortiori, impacter la qualité de leur sommeil aussi.

Mais, comment savoir si l’on souffre d’apnée du sommeil si l’on a pour habitude de dormir seul ?

Les signes qui doivent vous alerter

Certains signes peuvent vous mettre la puce à l’oreille et vous faire suspecter ce trouble.

Les symptômes diurnes
  • Somnolence excessive
  • Difficultés à se concentrer, à être attentif, troubles de la mémoire
  • Troubles de l’humeur comme une certaine irritabilité ou de la tristesse
  • Maux de tête au réveil
  • Baisse de la libido
Les symptômes nocturnes
  • Réveils brutaux en pleine nuit accompagnés d’une sensation de suffocation
  • Réveils fréquents pour aller uriner
  • Tachycardie
  • Transpiration importante
  • Reflux gastro-œsophagiens
  • Terreurs nocturnes

Apnée du sommeil : quelles sont les causes ?

Le corps en mode « veille »

Lorsque l’on s’endort, les muscles du corps se relâchent, le rythme cardiaque diminue et la respiration aussi. Un peu comme si tout le corps passait en mode veille. C’est également lors de l’endormissement que le tonus au niveau du pharynx est légèrement augmenté, tout ça pour permettre un meilleur passage de l’air.

L’obturation des voies respiratoires

Mais lorsque les muscles se relâchent trop à ce niveau de la gorge, cela a pour effet d’obstruer les voies respiratoires. Cette obturation, quand elle est due à un manque de tonus, vient provoquer des ronflements. Et c’est lorsque cette obturation devient plus importante que cela produit alors des hypopnées ou des apnées du sommeil !

Une mauvaise oxygénation

Lors de l’obturation, le corps est mal oxygéné et provoque par réflexe des « micro réveils » pour stimuler à nouveau la respiration (la nature est quand même bien faite !). Sauf que cela cause une augmentation du rythme cardiaque et de la tension artérielle. Ce phénomène peut se reproduire de 5 à 100 fois par heure de sommeil et dure au moins 10 secondes.

Conséquence : un sommeil non réparateur du fait de l’absence de sommeil profond !

La morphologie et habitudes de vie

Il est à noter que la morphologie du visage peut également amener les apnées obstructives du sommeil. Il peut s’agir d’un menton fuyant (lorsque le menton est rentré et que la mâchoire du bas est en retrait), d’une langue trop épaisse ou encore d’un cou large du fait d’un surpoids.

Il est également important de savoir que le tabac, l’alcool ou encore les médicaments sédatifs sont des facteurs favorisants l’apparition du syndrome.

Qui peut être touché par l’apnée du sommeil ?

Si l’on pense que les hommes sont plus touchés que les femmes par ce trouble, cela est vrai jusqu’à la ménopause. Après la ménopause, la femme peut être touchée au même titre que l’homme.

L’apnée du sommeil apparait généralement entre 30 et 60 ans et 2 à 5% de la population serait touchée.

Il est à noter également que 80% des personnes souffrant d’une hypertension artérielle au traitement résistant souffrent d’apnées du sommeil ainsi que 50% des personnes souffrant d’insuffisance cardiaque.

Enfin, 75% des personnes souffrant d’obésité très avancée (lorsque l’indice de masse corporelle est égal ou supérieur à 40) souffrent également d’apnée du sommeil.

Les risques de l’apnée du sommeil

Au moindre doute, il est important d’en parler à votre médecin traitant ou tout autre professionnel de la santé. Il s’agit d’un trouble à prendre au sérieux et à traiter afin qu’il n’exacerbe ou ne déclenche d’autres pathologies comme des troubles cardiaques, un diabète ou encore une hypertension artérielle, entre autres.

Une étude a également soulevé que les risques d’accidents sur la voie publique sont 15 fois plus élevés chez les personnes souffrant de ce trouble, du fait des somnolences qu’il génère.

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Apnée du sommeil, comment poser le bon diagnostic ?

Le diagnostic est clinique dans un premier temps. Vous ou votre entourage avez détecté des ronflements quotidiens, des signes de fatigues chroniques au réveil, un état dépressif, etc.

Les premiers signes identifiés

Les ronflements et l’arrêt respiratoire sont, en général, les premiers signes identifiés mais d’autres critères sont aussi pris en compte dans l’examen clinique, qui sera couplé à un examen du sommeil nocturne.

La polygraphie ventilatoire

Le premier examen se fait par une polygraphie ventilatoire, un examen mesurant le nombre d’apnées par heure. Le diagnostic est alors confirmé à partir de 5 apnées par heure. Lorsque l’on suspecte plusieurs causes, le second examen éventuel est la polysomnographie qui, elle, vient mesurer les paramètres respiratoires.

La présence de certains critères

Le syndrome d’apnée hypopnée obstructive du sommeil (SAHOS) est défini à partir des critères de l’American Academy of Sleep Medicine (AASM).

Il doit alors y avoir la présence des critères A ou B + C :

A. Somnolence diurne excessive non expliquée par d’autres facteurs

B. Deux au moins des critères suivants non expliqués par d’autres facteurs :

  • ronflements sévères et quotidiens
  • sensations d’étouffement ou de suffocation pendant le sommeil,
  • sommeil non réparateur,
  • fatigue diurne,
  • difficultés de concentration,
  • nycturie (plus d’une miction par nuit). Comprenez ici le fait de se réveiller au cours de la nuit pour uriner.

C. Critère polysomnographique ou polygraphique : apnées + hypopnées 5 par heure de sommeil (index d’apnées hypopnées [IAH] ≥ 5).

Définir la sévérité du trouble

Lorsque le diagnostic est posé, il faudra ensuite en définir la sévérité. Le classement est alors effectué en fonction du nombre d’anomalies respiratoires par heure et s’articule comme suit :

  • Léger : 5 à 15 anomalies respiratoires/heure
  • Modéré : 15 à 30 anomalies respiratoires/heure
  • Sévère : plus de 30 anomalies respiratoires/heure

L’impact diurne

Enfin, le diagnostic devra également prendre en compte la somnolence ressentie au cours de la journée. Il faudra définir si cela a peu d’importance sur la vie sociale, une importance modèrée ou une importance sévère.

Apnée du sommeil, quels traitements ?

Votre médecin proposera un traitement adapté en fonction des différents critères énoncés ci-dessus.

Il peut s’agir du port d’un appareil pendant la nuit pour vous aider à mieux respirer. Parmi les différents dispositifs, Il existe ​des prothèses d’avancement mandibulaire (PAM) qui permettent d’avancer la mâchoire inférieure et la langue pendant la nuit, diminuant ainsi le risque de descente du pharynx qui, lui, obstrue l’entrée d’air.

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Apnée du sommeil, pourquoi en parler à son ostéopathe ?

L’ostéopathie se trouve être une médecine alternative et non invasive ayant de bons résultats dans la prise en charge de personnes qui présentent des troubles d’apnées du sommeil.

Comme le champ de l’ostéopathie s’intéresse à toutes les structures qui interviennent dans le processus de respiration, elle visera à améliorer votre quotidien en vous aidant à retrouver un certain confort de vie.

Notez d’ailleurs que l’ostéopathie est très intéressante pour de nombreux autres troubles du sommeil comme le bruxisme.

Il est toutefois important de souligner que les soins prodigués par l’ostéopathe ne substituent pas les traitements déjà mis en place par votre médecin, mais viennent en complément.

Que fait l’ostéopathe pour soulager l’apnée du sommeil ?

Travailler sur le diaphragme

Votre ostéo travaillera sur l’organe le plus important dans le processus respiratoire : votre cher diaphragme. Cet organe à un fonctionnement relativement complexe mais il est essentiel à votre respiration.

En effet, le diaphragme se contracte, descend et surélève les côtes inférieures. L’air remplit ensuite les poumons et c’est le relâchement du diaphragme qui provoque l’expiration. Seulement, lorsque le diaphragme éprouve des difficultés à descendre, la capacité respiratoire se retrouve restreinte. La cage thoracique devient alors moins mobile et l’amplitude respiratoire est incomplète.

C’est sur cet aspect qu’agit l’ostéopathe : en redonnant sa bonne mobilité à la cage thoracique et au diaphragme, la respiration en sera améliorée.

Vérifier le bon fonctionnement de la sphère ORL

Votre ostéopathe s’intéresse aussi au nez, à la bouche, au conduit auditif, au pharynx et à la trachée. Pourquoi ? Car plusieurs éléments peuvent perturber le bon fonctionnement de cette sphère ORL, comme par exemple des allergies venant obstruer le nez et les sinus.
Votre ostéopathe est à même, par des techniques douces, de drainer les sinus afin de les désencombrer, et ce, avec des résultats immédiats.

Rééquilibrer la posture

Il faut également attacher une attention particulière à votre posture. Dans le cas d’apnée du sommeil, votre posture peut en effet se retrouver impactée par le port de l’appareil mandibulaire ou d’un autre appareil respiratoire (pour lesquels il vous faudra toujours rester sur le dos pour dormir).

Diminuer les tensions

Les tensions liées aux apnées du sommeil comme les maux de tête peuvent être calmées par des techniques adaptées. L’ostéopathe viendra aussi relâcher les tensions au niveau du cou, par la régulation de tensions de l’os hyoïde où s’attachent certains muscles du cou à proximité du pharynx.

Réguler le système hormonal

L’ostéopathe procède aussi à un travail sur la régulation du système hormonal, notamment au niveau du crâne, dans le but d’améliorer la sécrétion de la mélatonine. Cette dernière joue un rôle important pour le corps ! C’est en effet elle qui permet à l’organisme d’avoir ses repères temporels et qui est responsable du « mode jour/nuit » du corps.

Améliorer la qualité de vie

L’ostéopathe, pour finir, effectue un bilan complet pour identifier les tensions qui peuvent altérer votre sommeil et votre récupération. Cela vous permettra d’avoir un meilleur sommeil et qualité de vie et de par ses conseils, d’avoir un accompagnement sur le long terme.

Et qui dit meilleures nuits dit moins d’irritabilité, moins de somnolences au cours de la journée, moins de maux de tête et plus de désir sexuel !

Quelles sont les limites de l’ostéopathie dans la prise en charge de l’apnée du sommeil ?

Bien que l’ostéopathie apporte des solutions dans l’amélioration de l’apnée et du quotidien de la personne touchée, elle ne la soigne pas et une prise en charge par des traitements adaptés est nécessaire.

Oui, l’ostéopathie permet d’améliorer l’efficacité du traitement mis en place, mais elle ne remplace en aucun cas ce dernier.

Nos conseils

  • Évitez tant que possible le tabac
  • Limitez votre consommation d’alcool, et évitez surtout d’en consommer dans les 6 heures qui précèdent l’heure du coucher
  • Traitez vos allergies afin d’éviter une obstruction nasale
  • Évitez les repas trop copieux avant d’aller vous coucher
  • Veillez à vous coucher à des heures régulières
  • Pratiquez une activité physique pour améliorer le tonus musculaire et la circulation sanguine
  • Veillez à maintenir un poids de forme (bien qu’il soit différent chez chacun, le poids de forme revient à ne pas être essoufflé au moindre effort, comme lorsque l’on monte les escaliers, que l’on marche, etc.)

Cabinet B - Ostéopathie

Spécialistes de la sphère ORL

Cabinet B

Author Cabinet B

Cabinet d'ostéopathie à Toulouse, regroupant des ostéopathes aux spécialités diverses, tous animés par la volonté de créer une véritable relation de confiance avec leurs patients.

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