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LA règle ? Coucher bébé à plat, sur le dos. Et ce, depuis une campagne de prévention du syndrome de mort subite du nourrisson (SMSN) lancée il y a plus de vingt ans déjà. Une campagne efficace, puisque le couchage sur le dos a permis de diminuer le taux de mort subite du nourrisson de près de 75% en 10 ans.

On remarque toutefois une autre tendance sur ces vingt dernières années : une nette augmentation du nombre d’enfants souffrant de déformations crâniennes. Tendance en corrélation avec le temps que passent les nourrissons et bébés sur le dos.

Mais le couchage sur le dos n’est pas l’unique cause de ces déformations. On compte aussi l’immobilité de bébé et la diminution du temps passé à plat ventre. Alors, entre recommandations sanitaires et réalité, comment bien coucher bébé ? Comment contrebalancer le temps qu’il passe sur le dos ? Comment lui apporter en confort tout en limitant les risques de mort subite et de déformation crânienne ?

Nous faisons le point ici.

L’importance du mouvement : le mouvement, c’est la vie !

“Tous les êtres vivants bougent durant leur sommeil : il en va de même pour votre petit. Ainsi, dès la naissance, la première règle est de lui permettre de se mouvoir en dormant, de tourner sa tête, tantôt à droite, tantôt à gauche, de s’étirer et de gigoter librement.”

Cécile GallartOstéopathe DO

Attention alors aux “éléments perturbateurs” dans le lit qui pourraient gêner bébé dans ses mouvements, tels que les coussins, les peluches, les cales-bébé, etc.

Mieux bouger pour limiter les risques

Veiller à la liberté de mouvements de bébé, c’est limiter les risque de déformations crâniennes, comme la plagiocéphalie notamment, que vous connaissez peut-être mieux sous le nom de syndrome de la tête plate.

Plagiocéphalie et mauvaises nuits

La plagiocéphalie correspond à une déformation (symétrique ou non) du crâne d’un bébé. Il existe deux types de plagiocéphalie :

La plagiocéphalie occipitale : la déformation ne s’observe que d’un seul côté du crâne. Elle doit son appellation à l’os mis à mal et déformé ici : l’occiput. Cet os est un os déformable et très malléable dans les premiers mois de vie, c’est pourquoi il peut facilement être déformé par l’immobilité de bébé ou le couchage uniquement sur le dos.
La brachycéphalie : ici, la déformation s’observe sur tout l’arrière du crâne (toujours au niveau de l’occiput).

Qu’est-ce qui cause une plagiocéphalie ?

Nous l’avons vu, l’immobilité ou encore trop de temps passé sur le dos peuvent causer une plagiocéphalie. Notez cependant que l’accouchement peut également être un facteur de risque de tête plate.

Il peut s’agir, par exemple, d’un bébé qui naît avec le cordon ombilical autour du cou : il pourrait avoir tendance, dans le futur, à positionner sa tête plus d’un côté que de l’autre (et ainsi plus exposer son occiput aux déformations).

Comment prévenir une plagiocéphalie ?

Le mot d’ordre pour prévenir et éviter la tête plate de votre bébé ? Le mouvement ! Il faut veiller à lui faire adopter différentes positions au cours de son développement, à la fois sur le dos, sur le ventre et sur le côté.

Libérez bébé

Nous le répétons ici, les dispositifs qui peuvent bloquer bébé ne sont pas recommandés. Matelas préformés, transats, nids ergonomiques, hamacs, etc. Autant d’accessoires qui peuvent limiter votre bout de chou dans ses mouvements.

Votre bébé dort mieux enroulé dans un lange d’emmaillotage ? Il vaut mieux éviter de le laisser au-delà de 3 à 4 semaines (si votre enfant a pris l’habitude de dormir contraint, il risque d’avoir plus de difficultés à dormir d’une autre manière).

Bébé semble bloqué ?

“Si vous constatez que votre bébé reste toujours dans la même position, comme s’il était bloqué ou encore que sa tête est toujours tournée d’un seul côté lorsqu’il est allongé sur le dos (généralement le signe d’un torticolis congénital), ne tardez pas à consulter votre médecin et/ou votre ostéopathe.”

Cécile GallartOstéopathe DO

Si votre bébé n’arrive pas à se retourner après 6 mois et reste bloqué sur le dos, cela peut expliquer ses réveils nocturnes et ses difficultés pour se rendormir. D’où l’intérêt de maîtriser le retournement et de solliciter le plus tôt possible la position sur le ventre lors des phases d’éveil. Car si mettre bébé sur le ventre de temps à autres est bénéfique à ses petits os et muscles, cela est aussi particulièrement important son développement psychomoteur.

Torticolis congénital et sommeil mis à mal

Très souvent associé à une plagiocéphalie, le torticolis congénital se caractérise par une incapacité pour le nourrisson à tourner correctement d’un côté ou de l’autre, sa tête reste alors tournée du même côté.

Il existe trois formes de torticolis congénital :

  • Le musculaire : il s’agit d’un rétrécissement d’un muscle au niveau du cou
  • Le positionnel : bébé adopte une position préférentielle pour un côté, le muscle n’est pas rétréci, mais il manque de souplesse
  • L’osseux : il est dû à une malformation osseuse au niveau des vertèbres cervicales. Ce type de torticolis congénital nécessite une intervention chirurgicale.

“Juste après la naissance, les parents ont tendance à mettre leur bébé sur le ventre uniquement lors des phases de change, mais ce temps est souvent trop court. Nous conseillons de positionner le bébé quelques minutes sur le ventre pendant ses phases d’éveils, plusieurs fois par jour.

En moyenne, veillez à mettre bébé sur le ventre 2 à 3 fois par jour avant ses 3 mois, avant qu’il puisse bien tenir sa tête. Ensuite, passez-le sur le ventre 3 fois par jour ou plus, en augmentant progressivement le temps passé dans cette position.”

Cécile GallartOstéopathe DO

RGO et manque de dodo

Parfois, bébé dort mal car il souffre de reflux gastro-oesophagiens (RGO), de régurgitations causées par le contenu de son petit estomac qui remonte dans l’œsophage. Le nourrisson se met alors en tension. Côté parent, il est vite arrivé de se sentir désemparé : bébé pleure une bonne partie de la nuit, voire de la journée également.

Qu’est-ce qui cause les RGO chez le nourrisson ?

De nombreux bébés sont concernés par les reflux gastro-œsophagiens. Ceux-ci peuvent être causés par :

  • Un cardia “immature”. Le cardia, c’est ce muscle situé à la jonction entre l’oesophage et l’estomac. Chez le nourrisson, ce muscle est immature et peut se relâcher. Il laisse alors passer le contenu de l’estomac vers le haut, le long de l’œsophage donc. Plus bébé grandit, plus ce muscle devient mature. Le risque diminue alors avec l’âge.
  • Un trop-plein gastrique favorisant les reflux. L’estomac de bébé est encore petit, mais il absorbe un volume important de lait tout au cours de la journée.

Comment prévenir les RGO ?

Nous savons aujourd’hui que la position sur le ventre diminue le nombre de reflux acides. Mais rappelons-le ici, il reste cependant déconseillé de faire dormir votre bébé sur le ventre dans ses premiers mois de vie. Car cela l’expose au risque de mort subite.

“Pour autant, ne privez pas bébé de certaines positions qui peuvent le soulager et l’aider à être plus à l’aise lorsqu’il est sous votre surveillance. Vous pouvez par exemple le coucher sur le ventre après un biberon, pendant environ une demi-heure, sur vous. Cela favorise la vidange de son estomac.”

Cécile GallartOstéopathe DO

En journée, basculez votre petit sur le côté, avec un maintien au niveau de son dos (pour cela, le coussin d’allaitement est une bonne alternative). Vous pouvez aussi l’aider à se sentir plus à l’aise au quotidien avec différentes méthodes de portage. Comme l’écharpe ou le porte-bébé, en position verticale notamment.

Quelle position si bébé souffre de coliques ?

Tout comme la position sur le ventre diminue les reflux, elle est aussi connue pour soulager les coliques de bébé. En fait, quand bébé est sur le ventre, cela lui apporte un certain confort digestif, c’est notamment la raison pour laquelle il peut être ronchon lorsque vient l’heure de le coucher sur le dos.

Soulager les coliques du nourrisson

Les coliques sont fréquentes dans les premiers mois de vie de bébé et s’estompent ensuite avec l’âge. Et s’il reste déconseillé de coucher bébé sur le ventre, pour le soulager, vous pouvez le porter sur votre avant-bras, à plat ventre, avec son petit crâne au niveau de votre coude. Profitez de votre seconde main, elle libre, pour lui masser doucement le dos et l’apaiser : une excellente position pour calmer bébé.

Quelques mots sur le cododo

Le cododo (ou cosleeping), c’est le fait de dormir avec bébé dans ses premiers mois de vie. Vous pouvez pratiquer le cododo de plusieurs manières, les plus sécuritaires restant :

  • Le lit “side-car” (collé contre le lit parental, avec la barrière abaissée de votre côté)
  • Le réducteur de lit : il se place habituellement directement dans le lit du bébé. Si vous n’avez pas la place d’installer un side-car dans votre chambre : placez directement le réducteur dans votre lit. Un bon moyen de faire dormir bébé dans son lit sans qu’il ne bouge trop (et sans que vous ne l’écrasiez lors de vos mouvements nocturnes).

Quels sont les avantages du cododo ?

Les avantages à pratiquer le cododo sont nombreux. L’un des premiers avantages et non des moindres : vous vous RE-PO-SEZ. Bébé retrouve des nuits calmes, sans pleurs et il se réveille moins fréquemment. Ne plus vous lever pour vous occuper de votre bébé en pleine nuit est reposant. Et ce, pour tout le monde.

Le cododo, c’est aussi un plus si vous allaitez : des études montrent un lien important entre partage du lit et allaitement maternel et il semblerait que les mères qui partagent le lit de leur bébé allaitent plus souvent et trois fois plus longtemps la nuit.

“Enfin, avec le cododo, votre bébé est rassuré, et vous aussi. Certains parents ont besoin d’avoir leur bébé à proximité pour avoir l’esprit tranquille, notamment la nuit, et dans ce cas-là, le cododo est fait pour vous ! Cela est également bénéfique pour votre enfant, qui, tout comme vous, a lui aussi besoin de réconfort important durant ses premiers mois de vie.”

Cécile GallartOstéopathe DO

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