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La déglutition est l’action d’avaler. Cela concerne aussi bien la salive que la nourriture qui transite de la bouche à l’œsophage.
Sur le papier, c’est un acte qui semble facile, mais en réalité, cette fonction concerne beaucoup de muscles, d’articulations, et de nerfs.
Cette action est automatique. Au même titre que vous ne pensez pas à respirer, vous n’avez normalement pas à penser à déglutir.
Cependant, il se peut que la déglutition devienne gênante, voire handicapante.

En effet, peut-être avez-vous déjà eu la sensation de gorge nouée, bloquée, comme si vous aviez quelque chose de coincé ? Peut-être même que cela vous empêche de manger ou de boire correctement et que vous redoutez à présent ces moments-là ?
Il se peut aussi que vous ayez vu votre spécialiste (ORL, médecin) et que rien n’explique ce que vous ressentez.

Ostéopathie et difficulté à déglutir

L’ostéopathie propose de nombreuses solutions face aux difficultés à déglutir.
Retrouvez d’ailleurs un article complet sur le sujet : déglutition et ostéopathie.
Vous trouverez sur le blog plusieurs cas cliniques sur la déglutition présentés par des ostéopathes de l’équipe du Cabinet B.
Comment l’ostéopathie a permis à ces patients de retrouver une fonction optimale de la déglutition ?
Ici, Clément Arnaudon, ostéopathe spécialiste de l’ATM et de la sphère ORL nous présente un cas concret de protocole de soin.

Pouvez-vous nous présenter le patient, et le contexte dans lequel s’inscrit sa demande ?

M. X est un senior de 79 ans qui est encore en activité, il est chercheur.
Il a des douleurs chroniques à la hanche droite depuis des années et une opération pour poser une prothèse est prévue.
Cependant l’attente est longue et sa qualité de vie diminue, il a de plus en plus de mal à se déplacer ou à jardiner, activité qu’il apprécie grandement.
Avec cette incapacité à faire ce qu’il aime habituellement il se retrouve bloqué à devoir rester assis la plupart de ses journées. Cette situation commence à lui peser beaucoup.

Quels sont les symptômes pour lesquels Mr X consulte ?

Il a du mal à déglutir depuis quelques mois. Depuis une semaine la situation empire, car il n’arrive même plus à se nourrir et à s’hydrater correctement.
Il a beaucoup de mal à avaler les liquides, il a l’impression qu’il va s’étouffer si le liquide passe en quantité habituelle. Il boit donc avec une petite cuillère. Les aliments solides passent encore mais plus difficilement et de préférence les aliments plutôt mous de type omelette ou yaourts.
Il a consulté un ORL qui lui a diagnostiqué un blocage réflexe. Pour écarter l’obstruction mécanique, l’ORL a réalisé une laryngoscopie.
Le patient me rapporte que l’ORL lui aurait conseillé de “stresser moins” pour que ça rentre dans l’ordre.
Le médecin généraliste de M. X a préféré lui prescrire également une gastroscopie afin de s’assurer qu’aucun autre problème ne peut être lié.

Quels sont les tests que vous effectuez ?

Avant même de commencer à tester manuellement M. X je lui demande d’avaler sa salive puis une cuiller d’eau afin de pouvoir observer sa déglutition.
Là je constate qu’il force énormément pour déglutir. Je lui demande ce qu’il ressent lorsque le liquide passe de l’arrière de la langue à la gorge.
Il exprime alors qu’il bloque le liquide avec sa langue car il a peur de faire une fausse route et de s’étouffer. Il ressent que sa gorge se serre et que rien ne veut passer.

Je commence donc à tester manuellement. Là je remarque une forte tonicité de muscles antérieurs du cou, de la langue, de la mâchoire et des épaules.
Je remarque également quand je discute avec M. X que s’il parle, il déglutit automatiquement sa salive sans forcer or si je lui demande de le faire ça devient difficile.

Quel plan de traitement mettez-vous en place ?

L’objectif 1er est d’amener Monsieur X a reprendre progressivement confiance en ses capacités. Ce qui me permettra en parallèle d’adapter les soins et techniques en fonction des évolutions constatées.

Après un travail global de détente musculaire sur la région cervico-thoracique ainsi que la mâchoire et la langue, nous entamons des exercices pour trouver une façon de déglutir plus facile et mieux perçue. L’objectif est de rassurer M. X quant à sa capacité à déglutir en enchaînant des succès sans forçage.

Suite à quelques difficultés, où Mr X avale un peu de travers et tousse, j’effectue plusieurs ajustements dans les exercices.
Nous arrivons alors à un point où il peut déglutir de l’eau plus facilement par petites gorgées. Je lui laisse donc les consignes afin qu’il reproduise tout ça chez lui.

Au regard des améliorations durant ce 1er soin, nous décidons de nous revoir 2 semaines plus tard. Ce laps de temps devait permettre à Mr X de bien intégrer sa routine d’exercices au quotidien afin d’en évaluer les bénéfices sur la durée. Tout en permettant de poursuivre le traitement ostéo en fonction de l’évolution des symptômes et douleurs.

Comment s’est senti M. X après le premier soin ?

Suite aux améliorations constatées durant la 1ère séance, Mr X a retrouvé suffisamment confiance, ce qui l’a poussé à se tester davantage face à sa difficulté à déglutir. Il a donc essayé de manger un boire et un peu plus.

Néanmoins, une fois seul chez lui, il semble être allé au-delà de sa capacité du moment en se testant. Ce qui a ravivé son sentiment de panique.
Mr X est retourné dans le schéma précédent avec en plus une appréhension sur les aliments solides, même mous, qu’il n’avait pas avant.
Il peine à boire 50 ml/heure, et 50cL en plus d’½ journée. Cette situation est d’autant plus problématique qu’il fait très chaud.

Afin d’éviter que cela ne se reproduise, je prévois de reprendre les exercices avec lui de manière à ce qu’il gagne à nouveau en confiance. Mais aussi de manière à ce qu’il ressente quand s’arrêter. J’espère ainsi le conduire à nouveau vers l’autonomie mais de manière plus douce et progressive.

Qu’observez-vous durant les tests de la 2e consultation ?

De nouveau la déglutition est difficile mais cette fois-ci M. X utilise une tasse à expresso et non plus une petite cuiller. On progresse malgré tout.
Je reprends donc les tests palpatoires de la région, et constate les mêmes tensions que précédemment.

Qu’avez-vous travaillé durant le 2e soin ?

Cette fois-ci, après quelques manipulations de détente, nous travaillons à éveiller M. X sur la position de sa langue et de son larynx au repos et lors de la déglutition.
Je le pousse à ressentir et exprimer la moindre tension qu’il perçoit afin de pouvoir mieux le guider vers la détente et faciliter les exercices par la suite.
De nouveau après ça, nous reprenons et modifions l’exercice afin que M. X puisse prendre des repas et s’hydrater correctement.
Nous pratiquons donc ensemble 2 exercices qu’il devra répéter tous les jours avant les repas. Ainsi qu’une technique permettant de déglutir plus facilement en laissant s’écouler le bol alimentaire.

Quels ont été les résultats de la 2e séance ?

Une semaine après la consultation, j’ai contacté M. X par téléphone afin de faire un point avec lui sur l’évolution de la situation.
Il m’a indiqué mieux prendre les repas, même s’il s’agissait d’aliments mous uniquement.
Les aliments passent mieux, de même que l’eau. Il arrive désormais à boire 50ml en moins d’une heure. L’eau froide passe mieux également.
Il a aussi moins d’appréhension pour déglutir et prend l’eau directement au verre. Ce qui est un nouveau progrès.
Avec la technique, il avale facilement, sans c’est encore difficile et quelques échecs se manifestent.

Suite à ces nouveaux progrès nous convenons d’une 3ème rencontre. En effet, il est important de poursuivre l’accompagnement de Mr X, qui a besoin de consolider sa confiance. Ce qui devrait lui permettre d’aller plus loin dans les exercices en augmentant leur difficulté, tout en s’assurant qu’il saura s’arrêter avant de retourner à cet état de panique.
En fonction de l’évolution, nous pourrons aller plus loin dans les techniques de soin, qui devraient apporter davantage de détente au niveau de la gorge.

Comment s’est déroulé le 3e traitement ?

Cette fois-ci, il reste moins de tensions que la dernière fois. Surtout autour de la partie haute du larynx et de la langue.

Comme M. X est plus rassuré nous pouvons manipuler en douceur la zone de l’os hyoïde et des cartilages thyroïdes et cricoïdes plus facilement. Ce qui va me permettre de pouvoir effectuer des techniques plus fines sur les cartilages aryténoïdes.
Ces cartilages sont derrière le cartilage thyroïde. Pour les manipuler, cela nécessite confiance et détente du patient, car c’est une zone très sensible : anxiogène et très réflexogène.

Après ces techniques, M. X se sent plus détendu au niveau de la gorge.

Nous passons alors aux exercices vus précédemment. Ils sont maintenant plus faciles à réaliser. Il n’y a plus aucun échec lors des déglutitions avec technique.
Il reste une légère appréhension lors des déglutitions normales.
Nous révisons les exercices que Mr X va pouvoir répéter chez lui. Une fois les consignes et pratiques bien réalisées nous en restons là.

Le lendemain, M. X m’écrit pour me dire qu’il a pu enfin se régaler d’un repas entier.

Cabinet B - Ostéopathie

Spécialistes de l’articulation temporo-mandibulaire (mâchoire)

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