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Vous souffrez de douleurs dans l’aine, ou qui se diffusent vers votre hanche ? Vous ressentez dans votre hanche une gêne persistante ou par élancements, durant ou après vos activités ? La position assise est inconfortable ?

Vous souffrez peut-être d’un conflit fémoro-acétabulaire. Aussi appelé plus rarement syndrome d’abutement, ou syndrome d’accrochage de la hanche.

Il s’agit d’un ensemble d’anomalies entre la partie haute de votre fémur et l’os iliaque. C’est-à-dire entre l’os de la cuisse et l’os principal de votre bassin. Ces anomalies sont à l’origine d’un contact anormal de ces structures lors du mouvement.
Les manifestations de cette atteinte se rapprochent grandement de celles d’autres troubles, ce qui rend son diagnostic délicat.

Comment reconnaître les symptômes du conflit fémoro-acétabulaire ? Comment soulager de manière naturelle ces douleurs à la hanche ? Kinésithérapie, ostéopathie, sont-elles efficaces pour éviter la chirurgie ?

Sommaire

Le conflit fémoro-acétabulaire : qu’est-ce que c’est ?

D’une personne à l’autre, les os ne sont pas tout à fait identiques dans leur forme. On parle de variations anatomiques.
Ces variations peuvent n’avoir aucune incidence sur votre bien-être général, on dit alors qu’elles sont asymptomatiques. Malheureusement, ces variations peuvent aussi participer au développement de certains troubles, dont le conflit fémoro-acétabulaire (CFA) fait partie.

Comprendre l’articulation de la hanche…

L’articulation de la hanche met en jeu plusieurs structures. Pour simplifier, la surface articulaire de la tête du fémur, de forme plus ou moins sphérique, vient s’encastrer avec la surface articulaire de l’os iliaque (os du bassin), comme une boule dans un creux. A ce niveau la surface articulaire du bassin se nomme l’acétabulum (anciennement cavité cotyloïde ou cotyle). C’est sa forme arrondie qui permet à la hanche d’avoir de si grandes amplitudes de mouvements.

… pour mieux comprendre le conflit fémoro-acétabulaire

On parle de conflit fémoro-acétabulaire quand des modifications au sein de cette articulation créent un contact anormal entre le fémur et l’acétabulum dans certains mouvements. C’est ce contact qui se fait mal qui est à l’origine de douleurs.

On en décrit deux types de conflit :

  • par effet CAME : le problème vient d’un relief osseux sur la tête ou le col du fémur, qui vient créer un contact anormal,
  • par effet PINCE (ou tenaille) : le problème vient ici de l’os iliaque. Le bassin vient recouvrir la tête de façon trop importante, augmentant ainsi le contact avec la tête du fémur.

Dans la moitié des cas, ces deux types sont associés : on dit que le conflit a une origine mixte.

De nouvelles études

Récemment, des études suggèrent qu’une autre partie du bassin pourrait jouer un rôle. Il s’agit de l’épine iliaque antéro-inférieure (là où s’insère votre quadriceps, à sa partie haute). On parle alors de conflit extra-articulaire de la hanche.

Quels sont les symptômes du conflit fémoro-acétabulaire ?

Chez les personnes qui pratiquent une activité physique, la douleur apparaît souvent à la fin d’un entraînement, d’une course, ou d’un match. Parfois elle se manifeste seulement après quelques jours.
Elle peut survenir progressivement, ou suite à un événement soudain, avant lequel vous n’aviez pas de douleurs.

Les douleurs se situent la plupart du temps au niveau du pli de l’aine. C’est-à-dire là où votre cuisse rejoint votre tronc. Plus rarement, elles peuvent être localisées sur la partie externe de la hanche, ou dans la fesse. La douleur peut également se faire sentir le long de la cuisse, parfois jusqu’au genou.

La douleur au pli de l’aine peut s’accompagner de sensations de pincement ou d’accrochage. Elle se fait sentir au début lors des activités physiques, sur les mouvements de flexion de hanche.

Apparition de la douleur

Cette douleur peut ensuite perturber les activités de la vie de tous les jours :

  • stations assise ou accroupie prolongées,
  • entrer/sortir de voiture,
  • monter/descendre des escaliers,
  • enfiler vos vêtements.

Certaines personnes décrivent également des antécédents de raideurs de hanche et des difficultés à s’étirer.

Qui est concerné ?

Les sportifs

Ces douleurs concernent des patients entre 20 et 40-50 ans, actifs et sportifs de tous niveaux. On les retrouve aussi aussi dès l’adolescence. Généralement à partir de 13 ans pour les jeunes qui pratiquent une activité sportive plus intense.

Les sports qui demandent une grande mobilité de hanche ou à chocs répétés sont les plus à risque :

  • Raquette et l’escrime : ces sports associent fentes et rotation de la hanche.
  • Arts martiaux : sur les coups de pieds hauts, et les mouvements de rotation bassin et hanche.
  • Gymnastique, danse, brasse et papillon, etc. Ces sports nécessitent une grande amplitude de hanche.
  • Football, rugby, ou tout autre sport nécessitant des tirs au pied.
  • Sports de glisse : patins, roller, skateboard, hockey.
  • Musculation : fentes, squats, presse, etc.
  • Course à pied, athlétisme, basket, etc. Ces sports impliquent des micro-impacts répétés ou des réceptions de saut.

Un manque de statistiques

On ne connaît pas encore exactement la proportion de personnes atteintes de douleur lié à un CFA dans la population. Néanmoins une étude la situe à environ 10 à 15 %.

Nous avons vu que les variations de morphologie osseuse responsables d’un conflit chez certaines personnes peuvent être asymptomatiques. Quels sont les autres facteurs pouvant influer ?

Facteurs de risque

On a cerné divers facteurs de risque de CFA, dont certains ont déjà été évoqués :

  • Les activités comportant des mouvements répétitifs des hanches.
  • Les sports de haut niveau. Néanmoins le seuil d’activité physique à partir duquel un conflit devient douloureux n’a pas encore été déterminé précisément.
  • Des antécédents de maladies articulaires de hanche dans l’enfance ou l’adolescence, qui peuvent laisser certaines séquelles. Comme par exemple l’épiphysiolyse où on constate un glissement de la tête du fémur. Ou bien la maladie de Legg-Perthes-Calvé, ou encore une dysplasie ou luxation congénitale.
  • Des antécédents de fracture, notamment du col du fémur.
  • Une chirurgie antérieure des hanches.

Evolution du conflit fémoro-acétabulaire

Au fur et à mesure, le CFA peut être à l’origine d’autres troubles.

Synovite

Les contacts répétés entre l’acétabulum et le fémur peuvent générer une inflammation douloureuse de la membrane synoviale. Cette membrane est en fait la couche interne de la capsule entourant l’articulation : on parle alors de synovite.

Lésion du labrum de la hanche

Hormis la membrane, d’autres structures peuvent être atteintes notamment le labrum. Le labrum (ou bourrelet cotyloïdien) est un cartilage fibreux qui vient entourer l’acétabulum, pour assurer une meilleure adhésion entre capsule et surface articulaire. Dans une hanche présentant des troubles liés au CFA les forces engendrées par certains mouvements sportifs peuvent provoquer des microtraumatismes au niveau de la jonction entre le labrum et le cartilage de l’acétabulum.
A moyen ou long terme, le labrum peut progressivement se déchirer et les surfaces articulaires concernées s’endommager.

Arthrose de la hanche

Ces dégâts peuvent prédisposer à développer par la suite de l‘arthrose et autres pathologies de hanche. Selon des recherches récentes, ces conflits pourraient être l’origine de nombreux cas d’arthrose dont la cause n’était pas clairement identifiée jusqu’à lors.

Ce processus se met en place sur plusieurs années chez un patient peu actif. Il est nettement plus rapide chez un patient sportif.

Conflit fémoro-acétabulaire : comment poser le diagnostic ?

Malgré nos indications il reste nécessaire de faire un point directement avec votre médecin. Lui seul pourra vous prescrire les bons examens.

Votre médecin pose le diagnostic grâce à plusieurs tests qui lui permettent de mettre en évidence la douleur. Il peut aussi vous prescrire des examens complémentaires.

Tests pour déceler un conflit fémoro-acétabulaire

Deux tests principaux sont utilisés :

  • le test de “FADIR”
  • le test de “FABER”

Ils visent à diminuer l’espace entre les surfaces articulaires de la hanche. On parle de tests d’impaction. Ils se font sur le dos, hanche fléchie à angle droit.

  • Le test de FADIR. Il combine la flexion à une adduction (on rapproche la cuisse de l’axe du corps) et une rotation interne.
  • Le test de FABER. Il combine la flexion à une abduction (on éloigne la cuisse de l’axe du corps, inverse de l’adduction) et rotation externe de la hanche.

Ces tests sont positifs s’ils reproduisent une douleur soudaine en rapport de la zone de compression.

Un examen physique complet des hanches, des lombaires, du bassin, et des zones voisines permettra d’évaluer d’autres causes possibles de douleurs inguinales antérieures. D’autres tests peuvent donc être mis en place.

Examens complémentaires

Si les résultats des tests précédents sont positifs, votre médecin pourra vous prescrire une radio qui permettra de poser le diagnostic définitif de conflit fémoro-acétabulaire. Différents angles peuvent être utilisés afin d’identifier les degrés de limitation ou d’impaction dans l’articulation qui peuvent être associés à une usure plus importante du labrum et du cartilage. La radio permet aussi d’éliminer d’autres causes de douleurs de hanche.

L’IRM et le scanner sont plus rarement prescrits. Ils sont surtout utilisés si les malformations sont plus subtiles, ou pour préparer une opération chirurgicale quand celle-ci est nécessaire.

Traitement du conflit fémoro-acétabulaire

Comment soigner un conflit fémoro-acétabulaire ?

Il convient dans un premier temps de limiter les mouvements dans des amplitudes excessives. Et ce, afin de limiter les gestes déclenchant vos douleurs. Vous reposer, stopper provisoirement ou adapter votre activité sportive peuvent donc faire partie des premiers gestes à mettre en place.

Pour soulager vos douleurs, votre médecin pourra vous prescrire du paracétamol ou des anti-inflammatoires. Mais cette solution n’est qu’une solution temporaire. Attention aussi à l’auto-médication, pas de prise de médicaments sans faire un point préalable avec votre médecin.

Un suivi en médecine du sport, peut également vous aider à limiter l’impact de ces douleurs sur votre quotidien. Et également vous aider à retrouver une meilleure amplitude de mouvement.
De même qu’un accompagnement par un kinésithérapeute en synergie avec le travail d’un ostéopathe.

Chirurgie

L’option de la chirurgie peut être discutée si les mesures précédentes ne suffisent pas. Tant à atténuer vos symptômes que pour restaurer la mobilité de votre hanche.

La chirurgie a pour but principal d’améliorer la fluidité du mouvement de la hanche. Pour cela elle atténue l’impaction de la tête et du col du fémur contre le labrum acétabulaire.
Elle aura donc pour objectif de remodeler :
les régions de couverture acétabulaire excessive (CFA par effet tenaille),
ou la saillie osseuse dans la région tête-col du fémur (CFA par effet came) pour restaurer une fonction normale dans l’articulation de la hanche.

Ostéopathie et conflit fémoro-acétabulaire

L’ostéopathie a également son rôle à jouer dans la prise en charge globale de conflit. Rôle que nous allons maintenant préciser.

La priorité du traitement en ostéopathie ? Soulager votre douleur. Pour cela, l’ostéopathe doit identifier le ou les facteurs qui ont déclenché ces douleurs.

Dès la première séance, votre ostéopathe cherchera à déterminer si le conflit peut être réduit. Et si l’ampleur des mouvements peut être augmentée au moyen de mobilisations et de manipulations.
Surtout il veillera à s’assurer que l’état amélioré peut être maintenu dans le temps. Notamment en vous conseillant sur certains gestes et postures.

Soulager vos maux

Généralement, la première chose qui vous pousse à consulter est la douleur. A cela s’ajoute souvent la difficulté à exécuter certains gestes quotidiens. Et parfois de fortes contraintes dans la pratique de votre sport.

La douleur du conflit fémoro-acétabulaire peut se montrer très handicapante. De nombreux gestes sont douloureux et la position assise prolongée est bien souvent insupportable.

Afin de diminuer les contraintes exercées sur votre hanche, votre ostéopathe doit ici procéder au réajustement de votre bassin. Ainsi qu’à la décontraction des muscles en rapport.

Il travaillera également sur de nombreuses structures telles que vos :

  • appuis au sol,
  • lombaires,
  • muscles fessiers,
  • ligaments du bassin.
  • Et ce, dans le but de diminuer les contraintes subies par votre hanche.

Ensuite, l’ostéopathe pourra faire un travail de relâchement directement sur l’articulation en elle-même. Il agira bien sûr avec douceur sur cette zone sensible.

Identifier et lever les contraintes de la zone

Nous l’avons abordé précédemment, de nombreux paramètres entrent en jeu dans le CFA. Pour y remédier, votre ostéopathe doit les repérer et les réajuster afin d’aider votre corps à retrouver son équilibre.
Le but est d’évaluer le positionnement et les différentes tensions des structures qui composent votre système musculo-squelettique d’une part. Et plus généralement de votre corps dans son ensemble.
C’est notamment la raison pour laquelle votre ostéopathe s’attardera sur :

  • le positionnement de votre tête,
  • les tensions de toute votre colonne vertébrale,
  • mais aussi les éléments de vos membres inférieurs, soit vos pieds, vos chevilles, vos genoux et vos hanches.

Il arrive en effet souvent que l’ostéopathe soit amené à travailler à distance de vos douleurs.

Vos organes intéressent aussi l’ostéopathe

Ne vous étonnez pas non plus si le praticien s’intéresse à certains de vos organes. Il peut lui arriver de positionner ses mains au niveau de votre ventre ou de votre thorax.
Il y a une bonne raison à cela : vos intestins, votre foie, votre côlon et votre vessie (pour ne citer qu’eux) peuvent en effet conditionner le placement de votre corps. Notamment de votre bassin et de vos hanches.
Ils peuvent impliquer une tension puissante et permanente de certains muscles stabilisateurs du dos et du bassin afin que votre bassin tienne bien votre corps dans les différentes situations de votre vie courante. Ils ont donc un impact direct sur la mécanique de votre hanche.
Notez que ces manipulations, bien qu’elles puissent générer un léger inconfort chez certains, sont, comme toujours, douces et sans douleurs.

S’assurer de l’appui de vos pieds

Dans le cas d’un conflit fémoro-acétabulaire, l’appui des pieds au sol est un point particulièrement important à observer. Et à traiter si besoin.
En effet, s’il existe un trouble au niveau de l’appui de vos pieds au sol (provoqué par une ancienne entorse à la cheville par exemple), votre hanche et votre bassin sont soumis à des tensions permanentes pour compenser ce trouble et trouver leur équilibre. Ces tensions continues risquent par la suite de se solder par des troubles sur d’autres structures. Notamment sur le reste de votre colonne et parfois même jusqu’à vos cervicales.
Il conviendra alors à l’ostéopathe d’observer vos appuis et de travailler au niveau de vos pieds. Notez que le praticien pourra, au besoin, vous conseiller de faire le point avec un podologue. En effet celui-ci saura déterminer si le port de semelles est indiqué.

Étirements et conseils

L’ostéopathe pourra également vous conseiller sur certains exercices et mouvements, et vous indiquer si des exercices d’étirement ont leur place.
Il saura également vous guider sur les postures et mouvements quotidiens.
A noter qu’on cherchera à éviter les positions de compression et d’amplitudes trop importantes au sein de l’articulation.
Votre ostéopathe veillera donc à vous proposer des exercices et étirements adaptés à vos douleurs, vos amplitudes personnelles.

Cabinet B - Ostéopathie

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