0% lus

Vous souffrez d’une douleur partant de la partie basse de votre dos et se diffusant à l’avant de votre cuisse et de votre jambe ? Il s’agit peut-être d’une cruralgie, un trouble particulièrement douloureux et cousin de la sciatique, aussi appelée d’ailleurs la « sciatique du devant » ou encore « névralgie crurale ».
Comment différencier la cruralgie de la sciatique ? Quelles sont les raisons d’apparition de ce trouble ? Existe-t-il un moyen naturel de soigner une cruralgie ? Quelle est l’efficacité de l’ostéopathie et ses limites dans la prise en charge de ce trouble ? Nous vous apportons toutes les réponses dans cet article.

Qu’est-ce que la cruralgie ?

Le mot cruralgie tire ses racines de deux termes : crural, en rapport au nerf crural (également appelé nerf fémoral) et algie, terme signifiant douleur.
La cruralgie est donc une douleur apparaissant lorsque le nerf crural est coincé ou mis à mal. Plus précisément, cette douleur est due à la compression d’une des racines de ce nerf crural, nerf partant de la moelle épinière.

Le point anatomie

Cette compression est le plus souvent observée au niveau de la racine L4, située entre la 4ème et la 5ème vertèbre lombaire, mais il peut aussi s’agir de la racine L3 (située entre la 3ème et la 4ème vertèbre lombaire), voire de la racine L2.

Cruralgie : les symptômes

La cruralgie est une ​douleur se situant donc dans le territoire crural​, comprendre ici le long du trajet du ​nerf crural​.
Vous pourriez alors ressentir une douleur ​dans le bas du dos, douleur descendant dans la partie antérieure de la cuisse​, la partie externe de la fesse, le genou, le tibia, et même parfois jusqu’au bord du pied.

Intensité de la douleur et symptômes associés à la cruralgie

L’intensité de la cruralgie peut être très variable en fonction des personnes. Lorsque ces symptômes sont accompagnés de douleurs au niveau des lombaires, on parle aussi de lombocruralgie.
Elle peut également s’accompagner de paresthésies (comprenez par là une sensation de picotement, de décharge électrique ou de fourmillements) ou de dysesthésies (la zone cutanée est particulièrement sensible et douloureuse à la palpation) du membre inferieur.
Parfois, seules les paresthésies ou les dysesthésies sont présentes, et dans ce cas, la cruralgie passe le plus souvent inaperçue et passagère.

Quelle est la différence entre une cruralgie et une sciatique ?

Pour différencier la sciatique de la cruralgie, il suffit de localiser votre douleur. La cruralgie irradie au devant de la cuisse, parfois jusqu’au pied. La sciatique, elle, irradie plutôt à l’arrière de la cuisse !
D’ailleurs, que faire en cas de sciatique ?

cruralgie névralgie crurale ostéopathe

Cruralgie : les causes

Nous savons que les cruralgies ont pour origine la compression d’une des racines du ​nerf crural​. Et plusieurs causes peuvent être observées derrière cette mise à mal du nerf. Il peut s’agir de :

  • une hernie discale (une affection des disques intervertébraux)
  • une sténose du canal lombaire (un rétrécissement du canal où passe la moelle)
  • un spondylolisthésis lombaire (un glissement d’une vertèbre lombaire)
  • une tumeur maligne ou bénigne (un groupe de cellules anormales formant une masse)
  • une fracture vertébrale
  • un kyste
  • un abcès au niveau du bassin
  • l’arthrose
  • une scoliose (une déviation de la colonne vertébrale)

Facteurs pouvant favoriser la compression du nerf

On observe des facteurs pouvant favoriser l’apparition d’une compression de la racine du nerf crural. Il peut s’agir de votre environnement de travail (notamment un métier avec de nombreuses secousses ou vibrations, les chauffeurs, etc.) ou encore de certaines activités (comme le saut en parachute par exemple).
Cela peut également faire suite à des traumatismes directs ayant impacté votre dos (comme une chute violente sur les fesses par exemple, provoquant un tassement vertébral).

Qui est le plus touché par la cruralgie ?

Et bien figurez-vous que tout le monde peut être touché par la cruralgie !
Chez les plus les jeunes, le trouble apparait le plus souvent à la suite d’un traumatisme.
Elle peut également survenir avec l’âge et le temps, suivant le métier exercé ou encore l’environnement dans lequel vous évoluez (si vous pratiquez un sport avec beaucoup de secousses, par exemple).
Il est à noter également que la cruralgie peut être due au tassement naturel de l’os. Chez certains, ce tassement est plus avancé que d’autres, notamment en cas d’ostéoporose ou encore chez les femmes ménopausées.

Comment être certain qu’il s’agit bien d’une cruralgie ?

L’examen clinique permet d’orienter le diagnostic vers une cruralgie et c’est notamment en décrivant le trajet de votre douleur au médecin que celui-ci pourra suspecter cette atteinte.

Le diagnostic de la cruralgie, ou névralgie crurale

Des tests de provocation peuvent être effectués par le médecin. Il peut par exemple soulever votre jambe ou encore effectuer une compression des vertèbres, au niveau de la racine dont il suspecte l’atteinte. Il peut également procéder à un test de force du système musculaire, ainsi que des tests de sensibilité directement au niveau de la peau. Enfin, il vous examinera également lors de la marche.

Les examens complémentaires

La radiographie du rachis lombaire de face et de profil est prescrite en cas de cruralgie persistante, non soulagée par un traitement médical simple. Cette radiographie permet notamment d’éliminer d’autres causes pouvant être à l’origine de votre cruralgie (et d’identifier une éventuelle spondylolisthésis, une scoliose, ou encore une fracture vertébrale).
Le scanner ou l’IRM du rachis lombaire est prescrit en cas de persistance d’une cruralgie et ce, malgré la modification du traitement médical antalgique, et il s’inscrit toujours en complément du bilan radiographique.
Ces méthodes permettent notamment de visualiser la hernie discale lombaire et la compression de la racine, mais aussi de disposer d’un bilan complet des structures environnantes.

Lorsque la chirurgie est nécessaire

Dans certains cas un traitement chirurgical en urgence est nécessaire. C’est notamment le cas lorsque l’on observe :

  • Une paralysie (on parle alors de cruralgie paralysante)
  • Des troubles sphinctériens (comme le syndrome de la queue de cheval par exemple)
  • Des fuites d’urine ou de selles, constipation, impuissance et rétention d’urine avec effort de poussée (plusieurs de ces signes doivent alors être observés en même temps).

Cruralgie : quel traitement naturel ?

Vous vous demandez peut-être s’il est possible de soigner une cruralgie naturellement. Et bien oui, parlez-en à votre ostéopathe, il est, dans la majorité des cas à même de traiter celle-ci en recherchant la cause à l’origine de son apparition.

Il s’agira notamment de découvrir la zone où le ​nerf crural​ est comprimé ou irrité pour ensuite traiter celle-ci via différentes techniques. Mais que fait exactement l’ostéopathe pour traiter la cruralgie ?

cruralgie ostéopathie névralgie crurale

Cruralgie et ostéopathie

Lorsqu’aucune pathologie est associée à la cruralgie, elle est alors peut-être due à une perte de mobilité articulaire, notamment au niveau de vos vertèbres lombaires ou de votre bassin.
Ce manque de mobilité peut alors entraîner des tensions musculaires et ligamentaires inhabituelles et ainsi générer la cruralgie par ​compression ou irritation du nerf​ sur son trajet.

Plus de mobilité pour vos vertèbres

Le traitement à effectuer au niveau lombaire consistera à rendre leur mobilité aux vertèbres L2/L3/L4. Pourquoi ? Car nous savons que le nerf crural passe par ces vertèbres lombaires L2 L3 et L4 et suit ensuite son chemin tout au long de l’intérieur de la cuisse.
Le traitement se fait par des manipulations douces et sans douleurs.

Soulager les muscles et les tissus

Le système musculaire et fascial (les fascias sont les membranes fibreuses enveloppant certains muscles et organes) sont mis en tension quotidiennement !

Ils peuvent en effet être mis à mal par des gestes anodins du quotidien et des mouvement répétitifs (comme rester penché pendant un moment pour changer des enfants en crèche, subir les secousses d’un marteau piqueur ou encore jardiner sans adopter les bons gestes.)

Le système musculaire situé de part et d’autre de la colonne peut alors se contracter et augmenter l’effet compressif des lombaires.

Les techniques employées par votre ostéopathe seront des techniques fonctionnelles douces destinées à redonner une bonne mobilité fasciale (donc des fascias).

En retrouvant leur liberté de mouvement, vos structures musculaires et ligamentaires vont pouvoir se décontracter et relâcher ainsi la pression exercée sur le nerf crural.

Traiter une constipation éventuelle

Le côlon descendant et le côlon sigmoïde (lui situé à la fin du tube digestif) peuvent avoir des répercussions sur la compression des lombaires et du nerf crural. Ainsi, lorsque vous souffrez de constipation, redonner de la mobilité au colon permettra de lever les compressions s’exerçant sur les nerfs voisins.

Pallier aux autres troubles digestifs

D’autres troubles digestifs peuvent venir perturber vos nerfs et vos lombaires, indirectement, qu’il s’agisse de diarrhée ou encore d’un effet de lourdeur d’estomac, de ventre gonflé.

Votre ostéopathe va donc investiguer « le terrain » à l’aide de palpations afin d’identifier l’origine de vos troubles. Car lorsque vous avez mal au ventre, vous prenez une position antalgique (il s’agit des positions que vous adoptez spontanément en vue de diminuer vos douleurs). Généralement, vous avez le réflexe de vous pencher en avant (afin de relâcher la sangle abdominale et d’éviter de bouger).

Seulement, lorsque vous adoptez ces positions antalgiques, le dos subit une compression prolongée, pouvant alors donner par la suite des cruralgies. Ici, la cruralgie sera donc secondaire à un trouble digestif et c’est ce dernier que l’ostéopathe devra traiter en premier lieu.

Il peut également s’agir de troubles à l’estomac lié au stress et à la pression du diaphragme ne remontant alors pas suffisamment. Quoiqu’il en soit, votre ostéopathe écoute avec ses mains et sera à même d’identifier la source de vos maux.

Chouchouter la dure-mère

La dure-mère ? Kezako ? Il s’agit d’une membrane fibreuse, particulièrement rigide, qui entoure le cerveau et s’insére à l’intérieur du crâne, le long de la colonne et sur le sacrum (un os formé de la soudure des 5 vertèbres sacrées qui s’articule avec le coccyx, au bout de la colonne). Et cette dure-mère aura un impact indirect sur les cruralgies !

En effet, un choc au niveau des cervicales ou de la tête fait subir un traumatisme à cette chère membrane qui peut alors se retrouver en compression au niveau du crâne et du sacrum.

Libérer le crâne, le sacrum et les lombaires

Ce manque de mobilité a pour effet d’empêcher les vertèbres de se mouvoir et de bouger librement et de manière optimale, venant alors impacter directement votre posture et le positionnement de votre bassin.

Lorsque vous marchez, votre bassin et votre sacrum exécutent des mouvements alternatifs et les lombaires, logées au-dessus, s’adaptent en rotation et en inclinaison à ces mouvements. Lorsque la dure-mère perturbe ce mouvement, le sacrum peut se mettre en dysfonction par une bascule latérale. Cette bascule génère ensuite un effet de compression des vertèbres lombaires. Le rôle de votre ostéopathe est alors ici d’identifier ces perturbations pour mieux les soulager.

Soulager le psoas

Dans le bassin passe le muscle psoas, un grand muscle s’insérant sur vos lombaires en avant, et sur le fémur.
Lorsque le bassin connaît un dysfonctionnement, on observe souvent un spasme du muscle psoas, qui se raccourcit et vient alors irriter l’émergence du nerf crural mais aussi du nerf sciatique.

Et lorsque la cruralgie est due à une scoliose ?

L’ostéopathe ne traitera pas votre scoliose mais il sera à même d’identifier les adaptations faites par votre corps face à celle-ci, comme une bascule importante des épaules ou du bassin ou encore un appui des pieds instable.
En traitant ces effets, il permet de lever les contraintes secondaires à la scoliose et d’améliorer votre confort au quotidien.

Les limites de l’ostéopathie dans la prise en charge d’une cruralgie

Votre ostéopathe sera un excellent allié dans la grande majorité des prises en charge de la cruralgie.
Il est cependant à noter que lorsque les douleurs persistent, une prise en charge médicale est à envisager. Suivant la cause de la cruralgie, il est possible que l’ostéopathe ne puisse intervenir et il sera alors attentif aux signes évocateurs (comme une paralysie) nécessitant une prise en charge médicale d’urgence.

Cabinet B - Ostéopathie

Une équipe d’ostéopathes diplômés au sein d’écoles agréées par le Ministère de la Santé

Cabinet B

Author Cabinet B

Cabinet d'ostéopathie à Toulouse, regroupant des ostéopathes aux spécialités diverses, tous animés par la volonté de créer une véritable relation de confiance avec leurs patients.

More posts by Cabinet B

Leave a Reply