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Si les douleurs pelviennes ou les douleurs du périnée chez la femme sont bien connues et fréquemment abordées, on parle moins de ces souffrances chez l’homme. Pourtant, messieurs, vous aussi pouvez en souffrir.
Douleur dans le bas-ventre, brûlures lorsque vous urinez, dysfonction érectile, douleurs aux testicules et lors de l’éjaculation ne sont que quelques-uns des symptômes causés par le syndrome douloureux pelvien chronique (SDPC) chez l’homme.

Douleurs intimes chez l’homme : la place de l’ostéopathie

Un syndrome peu connu

Un syndrome relativement fréquent, touchant près de 15% de la population masculine mondiale, un trouble invalidant et douloureux, pourtant encore méconnu, dont les hommes et le corps médical ne parlent que trop peu. Une pathologie inquiétante de par le manque d’information et la localisation des douleurs pouvant faire suspecter un cancer dans la région génitale.

Un trouble invalidant

C’est pourquoi nous avons décidé de consacrer un article à ces douleurs pelvi-périnéales chroniques masculines. Notre rôle ici est de vous sensibiliser, vous informer et de vous aider à lever le tabou éventuel qui pourrait vous empêcher de consulter.
Pourquoi ? Car nous avons conscience que ces douleurs peuvent avoir un impact important sur votre quotidien, sur votre couple et votre intimité, mais aussi sur votre moral. Pourtant, des solutions simples existent, la première étant d’en parler.

Alors comment reconnaître le syndrome douloureux pelvien chronique ? Quels en sont les symptômes ? Qu’est-ce qui déclenche ce trouble ? L’ostéopathie permet-elle de soulager les douleurs du périnée chez l’homme sans passer par la case urologue ? On vous explique tout ici.

Douleurs pelvi-périnéales chroniques chez l’homme : de quoi s’agit-il ?

Le syndrome douloureux pelvien chronique ou encore douleurs pelvi-périnéales chroniques regroupent plusieurs symptômes douloureux localisés dans la région du bassin et de l’appareil uro-génital, plus précisément au niveau de la prostate et de la vessie.

C’est lorsque ces symptômes sont présents sur plus de 6 mois que l’on parle de douleurs pelviennes chroniques. Ces douleurs s’accompagnent malheureusement d’autres troubles, aux intensités variables d’un homme à un autre.

Les symptômes du syndrome douloureux pelvien chronique chez l’homme

Le symptôme principal reste des douleurs ressenties au niveau de la région pelvi-périnéale. Il peut s’agir de douleurs se déclarant lorsque vous urinez ou avez des rapports sexuels, mais pas uniquement ! Rester assis plus d’une dizaine de minute pourrait aussi vous être particulièrement douloureux.

Voici une liste non exhaustive des symptômes pouvant être causés par ce syndrome. Notez que ceux-ci varient d’un homme à un autre.

  • Douleurs au périnée et/ou à l’urètre
  • Douleurs au niveau des organes génitaux, douleurs dans la verge (brûlures, tiraillements, picotements, engourdissements) souvent aggravées lorsque vous êtes assis
  • Élancement et douleurs aux testicules ainsi qu’au scrotum (peau enveloppant les testicules)
  • Éjaculation et rapports sexuels douloureux
  • Troubles urinaires, besoin fréquent d’uriner, sensation de brûlure lors de la miction (lorsque vous urinez)
  • Troubles de l’érection (difficultés à avoir ou à maintenir une érection)
  • Incapacité à rester assis longtemps
  • Douleurs déclenchées lors de la pratique de certaines activités (comme le vélo par exemple)

💡Bon à savoir

Il est important de savoir différencier le syndrome douloureux pelvien chronique d’une pubalgie, fréquente chez le sportif, elle générant des douleurs autour du pubis, dans la zone de l’aine.

Les troubles associés au syndrome douloureux pelvien chronique (SDPC)

Il est possible que vous souffriez de douleurs musculaires associées. Cela peut se caractériser par des lombalgies, mais aussi par des douleurs au niveau des fessiers et des membres inférieurs, douleurs dites myofasciales.

L’impact psychologique

L’impact psychologique généré par ces douleurs peut être majeur et ce syndrome peut même parfois pousser à l’isolement ou à la dépression. Premièrement, votre quotidien peut être particulièrement chamboulé. Vous rendre au travail à vélo ou en voiture, rester assis à votre poste de travail des heures durant pourraient s’avérer difficile et douloureux. Mais ce n’est pas tout.

L’incidence sur la vie intime

D’un côté, il y a le retentissement sur la vie de couple, le sentiment de faiblesse personnelle que vous pourriez éprouver ou encore la peur de ne plus être viril. Les troubles de l’érection et l’impuissance peuvent en effet faire mal à l’ego masculin. Mais il y a la douleur physique aussi.
Quand un acte censé apporter plaisir et extase ne génère plus que gêne et douleurs, il est facile de vite se sentir désemparé. Il est ainsi important de pouvoir communiquer avec votre partenaire sexuel de vos douleurs. Nul besoin de souffrir en silence dans le but d’accomplir « le devoir conjugal ».

L’importance de parler de ses douleurs

L’acte sexuel doit demeurer plaisir et votre conjointe ou conjoint se montrera très certainement compréhensif au moment d’aborder le sujet. Aussi, parler de vos douleurs ou encore de vos troubles érectiles pourrait répondre à de nombreuses interrogations que se fait très certainement votre partenaire, pouvant éventuellement se remettre en cause (je ne lui plais plus ? Il ne prend plus autant de plaisir qu’auparavant, peut-être fréquente-t-il quelqu’un d’autre ?).

Aborder le sujet permet d’éviter des tensions dans le couple, mais si cela vous est difficile de parler de votre intimité, vous pouvez toujours partager cet article.

L’angoisse générée par le manque d’information et la prise en charge tardive

Vous pourriez penser, et à juste titre, que ces douleurs pelvi-périnéales chroniques sont dues à un trouble grave au niveau de la prostate ou encore d’un cancer de celle-ci. Les médecins tendent d’ailleurs à appeler ce syndrome la « prostatite ». Pourtant, la prostate est souvent accusée à tort, puisque lorsque le médecin examine celle-ci, elle ne souffre généralement d’aucune inflammation.

Les douleurs pelviennes sont bien présentes, mais vous ne présentez pourtant aucun signe de « maladie ». Une phase de la prise en charge qui peut s’avérer alors particulièrement déroutante. Des douleurs fantômes, en quelque sorte, rendant le diagnostic et la prise en charge difficiles. De plus, de nombreux hommes tardent à consulter, de par le tabou et la localisation des douleurs.

douleurs périnée homme pelvi-périnéales

Les causes des douleurs pelvi-périnéales chroniques chez l’homme

Les causes à l’origine peuvent être nombreuses et difficilement identifiables.

Des nerfs mis à mal

Il pourrait s’agir d’une origine nerveuse, et notamment d’un trouble venant toucher les nerfs présents dans la zone pelvi-périnéale et particulièrement celui que l’on appelle nerf pudendal. Le nerf pudendal (aussi appelé nerf honteux) innerve tous les organes proches du périnée (rectum, vessie, prostate) mais aussi l’organe génital externe.

Il est entouré d’une gaine et l’on appelle cet ensemble le canal d’Alcock. Lorsqu’il existe ici une compression, des douleurs pelviennes chez l’homme peuvent alors apparaître.

La prostate parfois en cause

Les douleurs chroniques peuvent faire suite à plusieurs épisodes de prostatite aiguë d’origine infectieuse. Une prostatite aiguë, c’est lorsque la prostate, une glande située sous votre vessie, souffre d’une infection. Il est à noter qu’une prostatite peut devenir chronique et être la conséquence d’infections urinaires à répétition ou encore de divers épisodes de prostatite aiguë d’origine infectieuse.

Le système urinaire peut être impliqué

Le syndrome pourrait aussi avoir pour origine une défaillance au niveau du système urinaire. Les douleurs sont liées au remplissage naturel de la vessie et vous pourriez avoir ici fréquemment envie d’uriner.

Les séquelles d’un traumatisme physique

Un accident de la voie publique, une fracture ou encore une entorse pourraient être à l’origine des douleurs. Un traumatisme physique engendre souvent des dérèglements et déséquilibres articulaires et musculaires, entre autres.

Ces traumatismes peuvent, à terme, entraîner des séquelles mettant alors à mal vos muscles, se retrouvant spasmés (sans forcément que vous en ayez conscience) constituant alors un terrain de prédisposition à l’apparition des douleurs pelvi-périnéales.

Autres terrains de prédisposition à l’apparition des douleurs pelvi-périnéales

Il existe bien d’autres terrains pouvant favoriser l’apparition de ces douleurs pelvi-périnéales. Il peut s’agir d’antécédents de chirurgie régionale, de syndrome de fatigue chronique, de fibromyalgie, de dépression ou d’anxiété mais aussi d’antécédents d’abus sexuels.

Un traumatisme émotionnel

Les agressions sexuelles peuvent en effet entraîner, à terme, des douleurs pelvi-périnéales. Il peut s’agir d’abus avec ou sans toucher, d’abus ayant eu lieu dans l’enfance mais aussi à l’âge adulte.

Le corps réagit à ces abus, via une réaction de défense particulièrement importante, que l’on appelle réflexe myotatique de défense, entraînant une forte contraction musculaire et le muscle peut rester comme « figé » dans cette contraction, des années durant. Dans le cas d’abus sexuels, cette contraction engendre généralement des spasmes au niveau des muscles présents dans le bassin, mais il est à noter qu’un traumatisme émotionnel peut également venir impacter d’autres structures à distance et être à l’origine d’une fibromyalgie.

Douleurs pelviennes chez l’homme : qui consulter ?

Devant toute douleur localisée dans la zone pelvi-périnéale, il est important de vous tourner en premier lieu vers votre médecin traitant ou vers un urologue. Ce dernier sera à même de vous prescrire des examens complémentaires comme un scanner ou encore un bilan urinaire ou sanguin à la suite de l’examen clinique et de votre anamnèse. Cela permettra notamment d’écarter tout cancer ou autre pathologie grave.

En complément de votre prise en charge par un urologue, notez qu’il peut être très intéressant d’en parler à votre ostéopathe.

douleurs pelvi-périnéales homme perinée

Syndrome douloureux pelvien chronique : pourquoi consulter un ostéopathe ?

L’ostéopathe peut travailler de pair avec l’urologue afin d’accompagner ce dernier dans l’identification et la localisation des douleurs via des techniques ostéopathiques spécifiques.
Il est important de signaler que vous n’avez pas à vous mettre nu chez l’ostéopathe, même pour ce type de demande.

Identifier pour mieux traiter

L’ostéopathe est aussi à même de repérer les tensions et contraintes au niveau de vos muscles, de vos nerfs mais aussi les dysfonctionnements viscéraux sur lesquels il travaillera afin de vous apporter une prise en charge globale.

Syndrome douloureux pelvien chronique et ostéopathie : que fait le praticien ?

Votre ostéopathe s’attelle d’abord à effectuer divers tests afin d’identifier les structures mises à mal. Des tests qu’il effectuera tantôt lorsque vous êtes debout, tantôt assis, tantôt allongé.
Il est possible que votre ostéopathe vous pose également des questions sur les facteurs déclenchant vos douleurs (douleurs lorsque vous êtes assis, lors de rapports, etc.).

Une attention particulière pour l’abdomen

Afin de venir compléter ces tests, le praticien portera une attention particulière à votre abdomen. Il viendra en effet, par des palpations spécifiques et manipulations douces, évaluer de manière globale votre abdomen. Cela lui permettra de pouvoir identifier les structures ou organes en dysfonctionnement.

Des soins adaptés à chacun

C’est en fonction des résultats de ces tests, de vos réponses et de l’examen de votre abdomen que l’ostéopathe puisera dans différentes techniques ostéopathiques afin de prodiguer un soin qui vous est propre, un soin adapté.

Les causes des douleurs et le corps de chaque homme étant différents, il convient en effet de proposer des soins personnalisés à chacun, une prise en charge au cas par cas, c’est pourquoi il nous est difficile de vous exposer en détail le déroulement des soins qui seront pratiqués par votre ostéopathe.

Les techniques d’ostéopathie viscérale

Il s’agira toutefois premièrement de traiter les organes identifiés comme « défaillants » (il peut s’agir des reins, de la prostate ou encore de la vessie) afin de venir les soulager via des techniques d’ostéopathie viscérale.

Des soins musculo-squelettique

Votre ostéopathe travaillera ensuite à relâcher les tensions éventuelles des structures osseuses, des articulations et des muscles secondaires aux douleurs pelvi-périnéales chroniques. Cela permettra de gagner en mobilité mais aussi en confort au quotidien.

Les limites de l’ostéopathie

Si l’ostéopathie se trouve être une médecine particulièrement indiquée et efficace dans le soulagement des douleurs, il est à noter qu’elle doit s’inscrire dans le protocole de soins déjà entrepris avec votre urologue, et non en remplacement.

Nos conseils

  • La gêne occasionnée par les symptômes et le caractère tabou de la localisation de ce trouble ne doivent pas vous freiner à consulter. Ne trainez pas à consulter votre médecin ou urologue devant toute douleur, souvenez-vous que près de 15% des hommes en souffrent et que des solutions existent.
  • Parlez-en à votre moitié, cela permettra, en plus d’éviter des tensions et doutes, de bénéficier d’un soutien moral.
  • Rendez-vous sur des forums ou des sites d’associations dédiés au syndrome. Partagez vos expériences et lire d’autres témoignages permet de se sentir moins seul face au syndrome.

Cabinet B - Ostéopathie

Une équipe d’ostéopathes diplômés au sein d’écoles agréées par le Ministère de la Santé

Cabinet B

Author Cabinet B

Cabinet d'ostéopathie à Toulouse, regroupant des ostéopathes aux spécialités diverses, tous animés par la volonté de créer une véritable relation de confiance avec leurs patients.

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