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Genou. Je-nous. Aviez-vous déjà remarqué que le mot genou était formé de manière phonétique par un « je » et un « nous » ? C’est aussi le cas d’un point de vue symbolique.

Je/nous : le symbolisme du genou

Après tout, qu’est-ce que mon genou sinon un lien ?

Une articulation entre mes os, mes muscles et mes tendons, oui. Mais aussi un lien qui me permet de marcher, d’avancer, de me mouvoir.

Grâce à mon genou, j’avance. Je vais de l’avant.
Mon genou est le lien grâce auquel je peux effectuer chacun de mes pas, dans cette volonté d’aller plus loin, de partir à la découverte du monde et des autres.

Mon genou me permet de bouger. De me bouger.
De sortir de la torpeur et d’aller chaque jour explorer de nouveaux endroits. Mon genou me permet de combattre l’immobilisme.

Grâce à mon genou, cette simple articulation dans mes jambes, tout devient possible.

Mon genou, outil d’expression de ma volonté

S’émanciper par le mouvement

Se mettre à genoux, se plier à la volonté de l’autre, des autres. Rester sur ses genoux face à un événement inattendu, traumatisant.

Ces expressions courantes renvoient au symbolisme du genou, qui finalement me permet d’exprimer tellement par son mouvement. Ma volonté, mon désir d’aller plus loin, de grandir tout simplement.

Rappelez vous, quand enfant je marchais à quatre pattes, sur mes genoux.
Ça n’est qu’en grandissant que j’ai appris à m’élever, à devenir plus grand, en adopter une position verticale. Expression de ma dignité.

Ces premiers pas sur mes genoux étaient eux le symbole de ma volonté de m’émanciper. De gagner en autonomie, pour mettre en oeuvre mes décisions, mes choix. Et non plus de subir ceux imposés par mon entourage.
Certains d’entre vous, ont d’ailleurs sauté cette étape, en voulant marcher avant l’heure. S’émanciper davantage, plus vite, en marchant debout directement.

Alors que se passe-t-il lorsque mon corps retombe à genoux ?

Je retombe en enfance.
Pas dans ce souvenir heureux qui m’aide à me construire en tant qu’adulte.

Mais dans cette situation de soumission. A l’autorité, aux décisions que l’on m’impose, à ma propre soumission, et à mon incapacité à agir. Aux choix que l’on fait pour moi, à l’âge où je ne peux pas encore m’exprimer.
Je suis infantilisé.

Lorsque je suis mis à genoux, je me sens coupé, plié, incapable de faire quoique ce soit.
Dépassé par les événements, je ne sais pas comment réagir et j’observe la situation bouche bée.

Se mettre à genoux, pour se plier à la volonté de l’autre

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Pire encore, je peux décider de me mettre à genoux, pour implorer, supplier.
Je suis tellement incapable de bouger, d’avancer que je deviens tributaire de la volonté entière de l’autre.

Les mots ne suffisent plus, ils ne sont plus suffisamment forts.
Je dois joindre le geste à la parole, et me rabaisser, au propre comme au figuré.

Me faire tout petit, à l’image d’un enfant. Inoffensif et sans défense.
Je ne veux plus prendre de décision et je laisse l’autre décider de moi.
Je me plie à son volonté. Et mon genou, suit le mouvement de ma pensée.

Vous faire plier, pour vous mettre à genoux

Je peux moi aussi, vous mettre à genoux, pour vous rabaisser à votre tour.
Exercer un rapport de force, de domination, sur vous, sur le monde, par l’intermédiaire de mon genou.

Vous laisser languir dans une situation amoureuse, pour que vous vous mettiez à genoux.
Vous barrer la route dans votre vie professionnelle, pour vous laisser sur les genoux.

N’y a-t-il pas un jeu pervers dans ce “je-nous” ? Une volonté d’être supérieur à l’autre qui cacherait un manque de paix intérieure ?

Un “je”, un “nous”, un “jeu entre nous” ?

S’il y a un je dans le genou, il y a aussi un jeu.
Et cette partie se joue rarement seul, d’où la nécessité du nous.

Plier mon genou, ça n’est pas forcément me soumettre à l’autre.
Je peux aussi décider de faire un pas vers l’autre. Pourquoi ne pas avancer vers un compromis, des consensus ?

Que mon je, face un pas vers le nous. Et que stoppe ce jeu entre nous.

Charge à moi de décider d’être acteur de ce mouvement de réconciliation, voire d’union.
Parce que c’est aussi ce mouvement qui me permet d’aller vers les autres, et donc de me construire en tant qu’individu. Mon je, a autant besoin du nous, que l’inverse.

Quelle est ma part de responsabilité dans ma douleur ?
A vouloir agir à tout prix, est-ce que je prends vraiment le temps de me concentrer sur la volonté de l’autre ? Est-elle réellement déraisonnable ? Mal intentionnée ?

Faire avancer la part de “je” pour aller vers le “nous”

Si j’ai les genoux qui flanchent, je manque peut-être de confiance en moi.
Charge à moi d’avancer, et de plier mon genou, non pas pour m’abaisser mais pour me faire grandir à nouveau. Allez de l’avant, et faire grandir ma confiance en moi, mon estime.

Allez à la rencontre de l’autre, de ce “nous” qui m’entoure et qui me rassure.
Cet autre qui me tient la main, ou m’épaule pour éviter que je ne tombe. Qui m’accompagne dans ma construction personnelle, pour que je sois enfin bien avec les autres.

Faire une pause dans ce je(u) entre nous

Et enfin, si ma douleur au genou venait d’une volonté de mon corps de me dire “stop” ?
Une invitation, douloureuse, à mettre la partie en pause.

Une invective à arrêter d’avancer le temps d’un moment.
Parfois même une barrière à une possible fuite en avant, qui ne me permet pas de prise de recul.
L’ordre de me recentrer sur moi-même.
Stopper ces rapports de force et de domination. Que j’en sois l’initiateur ou la victime.

Arrêter ce bras de fer permanent avec le monde qui m’entoure.
(Ré)apprendre à écouter le “je” plutôt que le “nous”. A l’image d’une période de rééducation qui me permet de réapprendre à marcher. D’aller vers les autres. Pour retrouver une paix intérieure.

Cabinet d'ostéopathie Bertucchi

Les ostéopathes de l’équipe.

Cléa

Author Cléa

Traductrice du langage de notre corps, j'enquête sur la voie du bien-être !

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Join the discussion 9 Comments

  • Sophie dit :

    Merci pour ce bel éclairage. C’est parfois tellement évident,ce que nous dit notre corps qu’on a tendance à passer à côté et à ne pas entendre ses messages. Heureusement il y a des gens comme vous, qui expliquent clairement et donnent à entendre enfin les mots de notre corps. Merci

  • Armelle dit :

    Excellent article! Merci

  • Alicia dit :

    Un message dont j’avais besoin. Quelle agréable lecture…

  • Pascale dit :

    Très bel article, plein de rythme et de quoi faire cogiter.

  • Maupelia dit :

    Article particulièrement utile, qui donne l’occasion de faire une pause réflexive pour se réconcilier avec son corps en l’écoutant, plutôt que de s’en plaindre comme d’un obstacle encombrant voire d’en souffrir comme d’un ennemi.

    Les questions que soulèvent votre texte tendent un véritable fil de pelote de laine qu’il est réellement judicieux de dérouler pour soi. M’interroger à partir des pistes d’explications proposées m’a permis de régler, uniquement par moi-même, en formulant des hypothèses, en verbalisant des faits et en admettant ressentir certains sentiments, un pseudo-syndrome rotulien invisible à l’imagerie médicale, qui ne pouvait être lié à aucun traumatisme physique, et qui migrait d’ailleurs alternativement d’un jour sur l’autre du genou droit au genou gauche… durant une période délicate de ma vie. Un phénomène inexplicable d’un point de vue « mécanique », et d’autant plus amoindrissant moralement qu’il était handicapant et douloureux au quotidien.

    Je vous remercie.

    • Cabinet B dit :

      Merci infiniment pour votre contribution. Merci d’avoir partagé votre propre expérience et prise de recul sur ce sujet.

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