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Comme moi vous connaissez le dicton “mieux vaut prévenir que guérir”. Pourtant comme moi, vous attendez d’être malade pour consulter. En même temps, pourquoi voir un docteur si on n’est pas malade ?
Bonne question.

Prévenir ou guérir ?

Deux faits majeurs expliqueraient que dans nos sociétés modernes, mieux vaut guérir que prévenir finalement :
– La prévention n’est pas mise en avant par une voix corporative
– La prévention n’est pas justifiée par suffisamment de recherche scientifique
Et ce, contrairement aux traitements médicaux.

Explications.

Etre malade, ça rapporte

Un système de rémunération basé sur le soin et non la prévention

Le système actuel est pensé pour rémunérer sur la maladie.
Les laboratoires pharmaceutiques sont d’ailleurs souvent pointés du doigt pour manquer de déontologie, les scandales liés aux médicaments se multiplient, le prix des médicaments est parfois exorbitant.
La maladie est un véritable business qui peut rapporter gros (pour mémoire la campagne de Médecin du Monde).

Les médecins et autres professionnels de santé, les assurances, les mutuelles, etc. ont tous leur modèle de rémunération basé sur la maladie.
Ces acteurs de la santé tirent leur revenu du système de soin et non de celui de la prévention.
Pour l’instant, si nous ne sommes pas malades, tout le système s’écroule.

MSF le prix de la vie

Un monopole sur la santé

La médecine traditionnelle est en situation de quasi monopole en ce qui concerne le discours de la santé.
Les thérapies qui intègrent la prévention comme l’ostéopathie, ou l’homéopathie par exemple ont du mal à être reconnues. Certains acteurs de la santé ont d’ailleurs des discours ou points de vue très tranchés en ce qui concerne ces thérapies alternatives et se positionnent contre.
En France on assiste à une position de lobby de la part de la médecine traditionnelle qui a du mal à laisser de la place à ces médecines complémentaires qui privilégient la prévention.

Le rôle de l’Etat

En France, l’Etat via la sécurité sociale joue un rôle de prescripteur sans précédent. En choisissant qui est remboursé et qui ne l’est pas, l’Etat dicte la bonne conduite.
Les caisses étant vides, difficile d’intégrer dans le système de remboursement de nouveaux postes de dépense.
On assite donc à un double discours : campagne de prévention à gros budget, reconnaissance de certaines thérapies alternatives (comme l’ostéopathie) mais sans véritable intégration dans le système de santé actuel.
Selon l’ARS (Agence Régionale de Santé) les dépenses de prévention représentent seulement 6,5% des dépenses totales de santé en France (source ici).

La prévention c’est bien, mais nous n’en avons pas les moyens.

La prévention : une efficacité incertaine

Médecine alternative et recherche scientifique

Le problème auquel s’expose la prévention est aussi le manque de recherches scientifiques qui viennent appuyer son efficacité.
Prenons l’exemple de l’ostéopathie.
La majorité des recherches scientifiques faites au sujet de l’ostéopathie sont réalisées avec un parti pris : pour ou contre.
Pour raccourcir ce sont soit des ostéopathes qui tentent de démontrer l’efficacité de leurs techniques, soit des détracteurs qui financent des recherches pour pointer du doigt son inefficacité.
Seulement ce manque d’appui scientifique ne facilite pas la reconnaissance de ces thérapies.

Pourquoi si peu de recherches sont effectuées ?
Tout simplement parce que cela coûte cher, et que la prévention ne rapporte pas encore assez pour s’y pencher véritablement. Pas encore du moins.

La prévention, c’est pour quand ?

Des patients en quête de pouvoir

Les patients ont une réelle volonté d’intégration dans leur parcours de santé.
Ils sont devenus plus exigeants, plus économes, plus impliqués, mais surtout plus connectés.
Aujourd’hui les patients consomment de l’information sur leur propre santé, et sont de véritables acteurs et décisionnaires dans leur propre parcours de santé. Notamment grâce à Internet qui permet une libre circulation de l’information.
De par cette volonté les patients ont permis l’émergence de certaines médecines alternatives, et ce malgré leur manque de reconnaissance.
Dans le même temps les frontières entre la santé et le bien-être s’amenuisent.

Le rôle des entreprises

La où il y a de la demande, il y a un marché à saisir. Et certaines entreprises l’ont bien compris. D’autant qu’il est facile de se faire une place dans un marché qui n’est que peu occupé.

L’approche technologique

Apple, Google, ou Microsoft pour ne citer qu’eux ont bien compris l’opportunité à saisir, et se placent maintenant sur le marché de la santé et du bien-être, en privilégiant l’axe prévention. Des start-ups comme Fitbit entrent elles aussi sur le marché de la prévention grâce à des objets connectés.
Cette prévention par la collecte de données va certainement révolutionner notre manière d’envisager la santé, à condition que nous trouvions la bonne manière de traiter cette quantité astronomique de données collectées.

La rentabilité avant tout

Les entreprises jouent aussi un rôle grandissant concernant la question de la prévention. Simplement parce que la prévention rapporte.
La maladie coûte à l’entreprise, notamment à cause de l’absentéisme, alors que la prévention lui rapporte.
Certains avancent qu’ un euro investi dans la prévention rapporterait jusqu’à 13€ de bénéfice net aux entreprises.
C’est pour cela que de nombreuses entreprises mettent en place une véritable politique de prévention. Et que d’autres se créent ou s’adaptent pour répondre à ce nouveau besoin.
Les mutuelles par exemple, sont en train de revoir leur position sur le marché de la santé. Elles tentent de se positionner doublement sur le marché de la prévention :
– En créant leur propre plateforme de prévention
– En remboursant les médecines alternatives, qui leur permet des économies dans la prise en charge dans les soins futurs.

Prévenir ou guérir, le choix se portera certainement sur celui qui rapporte le plus gros.

La Patiente

Article inspiré d’un post du BMJ (British Medical Journal)
Richard Smith : Why does prevention always come behind treatment of disease ?

Cabinet B - Ostéopathie

Une équipe d’ostéopathes diplômés au sein d’écoles agréées par le Ministère de la Santé

La Patiente

Author La Patiente

Chroniques inexactes, point de vue subjectif et tranches de vie d'une patiente (impatiente) qui n'aime pas perdre son temps dans les salles d'attente.

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