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L’incontinence anale ou fécale chez la femme enceinte et après l’accouchement est un trouble commun et fréquent. Commun et fréquent, certes, mais pas des plus faciles à vivre.

Si vous recherchiez des informations sur l’incontinence anale, mais que vous n’êtes pas une femme enceinte, retrouvez notre article dédié au sujet ici : incontinence anale et ostéopathie.

Ce trouble, bien que normal, peut en effet vous mettre dans des situations quelque peu gênantes et impacter de ce fait votre quotidien et votre moral. C’est un sujet d’ailleurs particulièrement tabou en France et nombreuses sont les futures ou jeunes mamans qui n’osent pas aborder le sujet, même avec leurs médecins.

L’incontinence anale, un trouble fréquent chez la femme enceinte et après l’accouchement

Mais une future ou une jeune maman ne devrait pas être seule face à ce trouble, surtout lorsque l’on sait que des solutions simples, naturelles, et sans danger pour bébé existent pour aider à limiter les fuites de selles.

Sur ce blog, pas de tabou, alors faisons ensemble le tour de la question. Les raisons d’apparition de cette incontinence anale ou fécale vous seront expliquées et des solutions douces et discrètes vous seront proposées dans cet article, notamment des soins en ostéopathie.

Incontinence fécale et incontinence anale : quelles différences ?

Il convient, avant d’entrer dans le vif du sujet, de préciser que l’incontinence anale diffère de l’incontinence fécale. Ce sont des termes proches certes, mais il existe une nuance à connaître.

L’incontinence anale, c’est lorsque l’on émet de manière involontaire des flatulences et/ou des selles liquides ou dures. L’incontinence fécale, quant à elle, ne correspond qu’à l’émission involontaire de selles (pas de fuites de gaz donc !).

La continence, c’est quoi au juste ?

La continence définit la retenue (en opposition à l’incontinence). Et pour que l’on puisse se retenir, notre cher corps met en place un mécanisme relativement complexe, dont les sphincters et le rectum sont les principaux protagonistes.

Le point anatomique

Le rectum, est un organe situé à l’extrémité de l’intestin, jouant un rôle de réservoir venant se dilater lorsqu’il se remplit. Sous le rectum, on retrouve le canal anal, plus communément appelé l’anus.

Ce canal anal dispose de deux portiers (en fait, ce sont des muscles, mais leur rôle est de maintenir fermé le canal anal). Il y a le sphincter anal interne, qui lui est contrôlé par des réflexes non volontaires, induits par le procès digestif, et le sphincter anal externe, qui lui répond à notre volonté.

Un déséquilibre venant perturber leur rôle de portier

Il suffit qu’un léger déséquilibre (et cette zone est malheureusement particulièrement concernée durant la grossesse), soit observé entre ces organes pour que des troubles de la continence apparaissent. Dans un sens comme dans l’autre d’ailleurs !

En effet, on parle d’incontinence anale ou fécale lorsque des fuites involontaires surviennent, mais il peut aussi s’agir, à contrario, de difficultés à évacuer les selles. Et vous l’aurez très certainement deviné, il s’agit dans ce cas de constipation, un trouble aussi fréquent durant la grossesse et après l’accouchement.

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Incontinence anale pendant la grossesse et après l’accouchement

Ah la grossesse, quelle aventure ! Neuf mois forts en émotions mais aussi neuf mois chargés de petits désagréments. Mais c’est normal si l’on considère tous les changements qui s’opèrent dans le corps lors de la grossesse. Il faut faire de la place pour bébé, il faut débarrasser le plancher (pelvien).

D’ailleurs, revenons brièvement sur ce plancher pelvien, que vous connaissez peut-être mieux sous le nom de périnée.

Un périnée mis à rude épreuve

Lors de la grossesse mais également lors de l’accouchement, le périnée est une partie de votre corps particulièrement sollicitée et étirée !

Le périnée, ou plancher pelvien, constitue un ensemble muscles, s’étendant depuis la face postérieure de votre pubis jusqu’à votre coccyx. On le compare souvent à un hamac ce plancher pelvien, et pour cause ! C’est lui qui vient soutenir vos organes (vagin, utérus, vessie, ampoule rectale).

Et ce cher plancher pelvien joue aussi un rôle très important dans le procès de continence, puisqu’il permet, entre autres, d’assurer aussi la fermeture de l’anus via le sphincter.

Causes de l’incontinence anale chez la femme enceinte

Un bébé qui a besoin de place

Au fil de votre grossesse, votre corps s’adapte pour que bébé puisse prendre sa place au fur et à mesure qu’il grandit en taille et prend du poids.
Pour ce faire, les moyens de suspension de l’utérus s’allongent et les systèmes ligamentaires et musculaires deviennent plus souples.
Résultat, le hamac (le plancher pelvien) se distend et adapte sa fonction de soutien.
C’est pour cela que certaines activités physiques qui imposent de grosses pressions au niveau du périnée ne seront pas conseillées, comme le crossfit ou l’haltérophilie, voire même le footing provoquant des à-coups répétés sur le hamac/plancher pelvien. Cependant, d’autres sports comme la danse, ou la natation par exemple restent possibles.
Il est même bon de garder un peu d’activité physique pour l’équilibre de sa santé, et d’éviter la sédentarité qui pourrait même encore affaiblir la tonicité du périnée.
Il faut par contre éviter la recherche de performance qui pourrait nuire à votre grossesse, et pousser par exemple à une ouverture prématurée du col de l’utérus gravide (l’utérus portant bébé durant votre grossesse) ce qui peut vous conduire à un alitement potentiellement jusqu’à l’accouchement.

Causes de l’incontinence anale après l’accouchement

Si votre périnée et votre bassin doivent s’adapter tout au long des 9 mois de grossesse, ils sont également très sollicités lors de l’accouchement.

Les efforts de poussée lors de l’accouchement

La statique pelvienne (comprenez ici la tonicité de votre plancher pelvien) peut être perturbée lors de votre accouchement, en raison d’un déséquilibre entre les forces de poussée (assurées par la pression abdominale) et les forces de retenue (assurées par le système de maintien des muscles pelviens).

La descente de bébé

Les principaux traumatismes sur le périnée survenant lors de l’accouchement par voie basse sont essentiellement dus à la descente de votre bébé, plus particulièrement à la descente de sa tête (associée aux efforts de poussée précédemment évoqués).
Pourquoi ? Car votre périnée constitue le tout dernier obstacle avant la sortie de bébé, et il subit des étirements inhabituels au passage de la tête de votre bout chou.

La déchirure du périnée

Peut alors survenir à ce moment ce que l’on appelle une déchirure du périnée, une déchirure accidentelle causée par le passage de bébé.

Les déchirures du périnée entraînent malheureusement souvent une incontinence anale malgré la réparation périnéale effectuée par l’obstétricien immédiatement après l’accouchement.

Une étude révèle notamment qu’après une déchirure périnéale importante, 21% des femmes étaient impactées par l’incontinence anale à un mois après l’accouchement.[1]

L’épisiotomie

L’obstétricien peut également venir inciser volontairement le périnée pour que votre enfant puisse descendre plus facilement, dans l’objectif de prévenir une déchirure plus grave du périnée.

On appelle cet acte chirurgical une épisiotomie. Il est important de noter que l’épisiotomie est un facteur de prédisposition à l’incontinence anale et fécale post-partum (après l’accouchement).

Les résultats des études[2] sont d’ailleurs assez frappants, montrant en effet que l’incontinence fécale est plus fréquente après une épisiotomie que lorsque le périnée est intact, avec 8,8 % des femmes souffrant d’incontinence fécale 3 mois après l’accouchement (contre 2,4 % pour les périnées intactes) et 4,3 % des femmes souffrant d’incontinence fécale 6 mois après l’accouchement (contre 1,5 % pour les périnées intactes).

Les forceps, spatules, et ventouses

Le recours aux instruments pour vous aider à mettre au monde votre petit est également un facteur de risque d’apparition d’incontinence anale.

En effet, en mettant de côté les déchirures et les lésions possibles causées par des outils obstétricaux comme les forceps, il est important de noter que les tractions instrumentalisées font descendre et sortir bébé très rapidement, mettant alors à mal les parties molles du périnée.

Il est à noter également que le recours aux instruments lors de l’accouchement augmente le taux d’épisiotomies pratiquées, notamment afin de réduire le risque de déchirure grave du périnée lié à l’utilisation de ces instruments.

Accouchements difficiles répétés : des conséquences à long terme

Il semblerait que les accouchements difficiles répétés soient l’une des principales causes d’incontinence anale.

Une étude[3] révèle en effet que 20 ans après un accouchement, le taux d’incontinence anale passe de 3% chez les femmes ayant vécu un accouchement sans encombre à 29% en cas de déchirure périnéale.

Les pathologies affectant la continence anale

Future maman ou jeune maman, il est à noter que certaines pathologies peuvent également affecter votre continence anale. Il peut s’agir de constipation, d’une maladie hémorroïdaire, d’une fissure anale ou encore d’un abcès à l’anus.

L’incontinence anale en quelques chiffres

L’incontinence anale est beaucoup plus fréquente qu’on pourrait le penser et malgré l’idée reçue, ce n’est pas un trouble exclusivement réservé aux personnes âgées.
Et les femmes enceintes ou venant d’accoucher semblent particulièrement exposées, avec près de 13 % des femmes souffrant d’incontinence anale après un premier accouchement.[4]
Le National Institute for Health and Clinical Excellence[5] estime que l’incontinence anale concerne jusqu’à une personne sur dix au cours de sa vie. Pourtant, plus de deux personnes sur trois ne consultent pas leur médecin au sujet de ce trouble.[6]

Le tabou de l’incontinence anale

L’anus et les excréments sont deux sujets que l’on n’aborde pas en société. L’anus souffre en effet d’une vilaine image, c’est « l’organe sale », un organe « honteux » pour certaines cultures. Quant aux excréments là alors, nul besoin de préciser que ce n’est pas le sujet le plus abordé avec ses proches.

Alors un trouble alliant anus et excréments, à savoir, l’incontinence anale ou fécale ? Qui ose en parler ? Nous, nous en parlons sans tabou, car ce trouble peut avoir un fort impact psychologique pour vous, future ou jeune maman.

Un trouble impactant le quotidien

Connaître des fuites de selles ou de gaz, ça peut être franchement embêtant au quotidien. On a peur de tacher ses vêtements, on a peur de sentir mauvais. On ose alors peut-être moins sortir de chez soi, moins rencontrer ses amis ou faire des activités. Et quand bien même chez soi, cela peut venir chambouler le couple.

Premièrement car ce trouble peut engendrer une perte d’estime de soi, ce qui n’est pas forcément bon pour votre épanouissement dans votre relation amoureuse, mais vous pourriez aussi appréhender qu’un accident survienne lors d’un rapport sexuel.

Pensées et gêne tout à fait justifiées, cependant, des traitements doux peuvent venir limiter voire supprimer les fuites anales, mais pour cela, il va falloir mettre votre inconfort et gêne de côté afin d’en parler à un professionnel de santé.

Je n’ose pas en parler

Cela peut être une étape délicate que de prendre rendez-vous avec son médecin pour une incontinence anale ou fécale, cependant, notez que :

  • Les professionnels de santé ont l’habitude de prendre en charge des troubles de l’incontinence pendant la grossesse et suite à l’accouchement, qu’il s’agisse d’incontinence anale ou incontinence urinaire
  • Si l’on considère qu’une personne sur 10 au cours de sa vie est sujette aux problèmes d’incontinence, il y a des chances pour que le professionnel de santé à qui vous parlerez de votre trouble en ai déjà souffert au cours de sa vie aussi

Mieux vaut agir vite

Notez enfin qu’un diagnostic et une prise en charge effectués rapidement optimisent les chances de succès du traitement mis en place.

Diagnostic de l’incontinence anale chez la femme enceinte et après l’accouchement

Votre médecin procèdera d’abord à un examen clinique, s’intéressant particulièrement à ce que le rectum se vide bien, au repos et lors d’une contraction anale volontaire.
Un bilan proctologique (à savoir l’examen de votre périnée, de votre rectum et de votre anus) ainsi qu’un examen gynécologique doivent être réalisés afin d’évaluer la présence ou non de lésions morphologiques et de troubles réflexes, sensitifs ou moteurs au niveau de l’appareil sphinctérien.

Examens complémentaires

Un toucher rectal peut aussi être réalisé afin d’évaluer votre sensibilité périnéale et la qualité de vos réflexes.
Votre médecin peut également recommander un examen du rectum via un endoscope (c’est ce que l’on appelle une rectoscopie) ou encore l’examen du côlon via un coloscope (une colonoscopie).

Enfin, notez que l’imagerie ano-rectale comporte elle une échographie endoanale (il s’agit d’un examen s’intéressant à la partie basse du rectum et à l’anus, effectué avec une sonde échographique rigide) et une Imagerie par Résonance Magnétique (IRM) du plancher pelvien. Tout cela reste bien entendu à discuter directement avec votre médecin.

Incontinence anale : pourquoi tant d’examens ?

Le diagnostic et la prise en charge de l’incontinence anale chez la femme enceinte et après l’accouchement suppose une approche globale du périnée, nécessitant parfois l’intervention de divers spécialistes (gynécologues, gastro entérologues, chirurgiens digestifs, etc.).
Cela permet aussi de mieux connaître les causes de votre incontinence anale ou fécale afin de mettre en place une prise en charge spécifique.

Incontinence anale : traitement naturel pendant la grossesse et après l’accouchement

Enceinte ou après l’accouchement, les raisons pouvant vous pousser à opter pour un traitement naturel afin de pallier à l’incontinence anale ou fécale peuvent être multiples.
L’ostéopathie peut vous aider à mieux vivre l’incontinence anale durant la grossesse et après l’accouchement en identifiant et en diminuant les facteurs causant cette incontinence.
Notez qu’il convient tout de même, avant de consulter votre ostéopathe pour ce trouble, d’en parler à votre médecin traitant afin d’effectuer les examens médicaux nécessaires permettant d’écarter un trouble plus grave.

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Incontinence anale pendant la grossesse et post natale : pourquoi consulter un ostéopathe ?

Des manipulations externes

L’ostéopathe est à même de travailler sur différents secteurs et structures sans utiliser de techniques internes et il ne pratiquera jamais de toucher rectal ou vaginal, il n’est pas habilité à le faire. De plus, il sait comment travailler à distance et n’effectuera aucune manipulation directe au niveau de la zone périnéale.
Notez que vous n’aurez pas à vous dénuder non plus, vous pourrez rester en sous-vêtement ou toute tenue dans laquelle vous serez à l’aise.

Des soins adaptés à chacune

Le travail de votre ostéopathe varie et vient s’adapter spécifiquement à votre cas. Ainsi, le praticien adaptera ses techniques s’il s’agit de votre première grossesse ou premier accouchement ou si au contraire vous avez déjà vécu plusieurs grossesses.
Aussi, ses soins seront différents si vous venez le consulter alors que vous êtes encore enceinte ou si vous avez déjà accouché.

Combien de temps après l’accouchement puis-je consulter un ostéopathe ?

Notez qu’il n’y a pas de délai moyen d’attente entre l’accouchement et une consultation, vous pouvez même rencontrer votre ostéopathe à la maternité.
Mais que fait l’ostéopathe au juste lorsqu’il s’agit de traiter l’incontinence anale chez la femme enceinte ou après l’accouchement ?

Incontinence anale pendant la grossesse et ostéopathie

Identifier et réduire les facteurs favorisant l’incontinence anale

Nous savons que la grossesse amène son lot de petits maux, parmi lesquels nous comptons, entre autres, les hémorroïdes ou la constipation.
Le problème est que ces affections font partie des facteurs pouvant favoriser l’incontinence anale. Votre ostéopathe devra donc premièrement veiller aux traitements de ceux-ci afin d’agir indirectement sur vos soucis d’incontinence.

Soulager la constipation

Le traitement d’une éventuelle constipation consistera pour votre ostéopathe à faire un travail sur votre système viscéral. Ici, son objectif est de libérer les tensions afin d’optimiser le péristaltisme (le mouvement de vos organes viscéraux pour effectuer le brassage alimentaire).
Bien qu’il s’agisse d’un travail en douceur, notez que les techniques d’ostéopathie viscérale peuvent occasionner une petite gêne mais sont sans danger pour bébé, comme toutes les autres techniques présentées dans cet article d’ailleurs.
Pour en savoir plus sur les techniques employées par l’ostéopathe, rendez-vous sur l’article dédié à la constipation chez la femme enceinte.

Traiter naturellement des hémorroïdes

Les hémorroïdes, ou plutôt, les crises crise hémorroïdaires sont aussi un trouble fréquent chez la femme enceinte et elles peuvent elles aussi créer des troubles de la continence.
L’ostéopathe peut agir sur ces crises hémorroïdaires en venant décomprimer les artères et les veines du petit bassin, au niveau de leur passage à proximité des gaines du système musculaire.
Nous disposons d’un article complet traitant des hémorroïdes pendant la grossesse.

Restaurer l’équilibre hormonal

Vous êtes enceinte, votre système hormonal est sens dessus dessous, et on le sait bien. C’est d’ailleurs l’une des raisons pour lesquelles vous souffrez également de jambes lourdes durant votre grossesse.
Mais au fond, c’est parce qu’il aide votre corps à s’adapter à votre grossesse et qu’il le prépare à l’accouchement.
Parmi les hormones secrétées, certaines jouent un rôle dans la laxité et le relâchement de vos muscles et ligaments. Du coup, si ce système hormonal est perturbé, il peut venir augmenter de manière anormale et excessive cette laxité, entraînant alors l’incontinence.
L’ostéopathe veille donc ici à ce que les os en rapports avec le centre de contrôle de la régulation hormonale soit libres et mobiles.

Renforcer les muscles du périnée

Avoir un petit être qui grandit en soi sous-entend l’augmentation du poids viscéral, l’allongement des moyens de suspension de l’utérus et la diminution du système d’amarrage des viscères. Et tout cela entraîne des modifications au niveau de votre bassin et de votre périnée pendant la grossesse.
Ce chamboulement cause une distension du périnée mais aussi une distension des muscles ano-rectaux. Ici, le rôle de votre ostéopathe est de redonner du tonus au périnée et à ces muscles par un travail à distance sur le système musculaire du bassin (qui sont directement en lien avec le sphincter anal).

Porter une attention particulière à votre colonne

Votre ostéopathe s’attardera également sur vos lombaires car la mobilisation du bassin impacte leur position, tout comme le pourrait un ancien traumatisme non soigné. Toute votre colonne vertébrale sera donc passée en revue et chouchoutée. Et ce n’est pas plus mal quand on sait que près 75% des femmes enceintes ont mal au dos !

Prendre en compte vos précédents accouchements

Si vous êtes multipare (comprenez ici qu’il ne s’agit pas de votre premier enfant), les grossesses et accouchements précédents peuvent avoir occasionnés des troubles périnéaux importants (une descente d’organe, appelée prolapsus ou encore une laxité trop importante du périnée).
Le rôle de l’ostéopathe est alors de les identifier afin de les prendre en charge spécifiquement.

Incontinence anale après l’accouchement et ostéopathie

Ici, votre ostéopathe devra savoir si l’incontinence anale est survenue avant votre grossesse ou après celle-ci. Si l’incontinence était déjà présente avant la grossesse et notamment chez une maman primipare (pour qui il s’agit de la première grossesse), la prise en charge doit être spécifique.
Il peut en effet dans ce cas exister des lésions graves du sphincter anal ou encore un trouble nerveux important (et notamment s’il s’agit d’une jeune maman).

Travailler sur le périnée

Pendant l’accouchement le périnée subi un traumatisme d’étirement important et il peut même parfois se déchirer. L’utilisation d’instruments pour aider bébé à voir le jour comme les forceps, la ventouse ou les spatules accentue malheureusement ce traumatisme.
Pour en savoir plus, direction notre article consacré à la consultation chez un ostéopathe suite à un accouchement instrumentalisé.

Soulager les tensions

Les efforts de poussée que vous avez dû effectuer lors de votre accouchement augmentent la perte du tonus musculaire mais viennent aussi perturber le travail de continence des muscles ano-rectaux et du muscle coccygien (un muscle tout petit mais très utile dans le maintien des organes viscéraux).
Il est alors primordial que votre ostéopathe s’attarde sur l’environnement musculaire direct qui est en tension (et notamment les muscles de votre bassin, vos fessiers ainsi que les muscles de vos cuisses).

Rétablir la circulation de l’information nerveuse

Les nerfs sacrés (les nerfs qui émergent au niveau du sacrum et du coccyx) contrôlent la sensation et la force des muscles anaux (et de la vessie).
Lors de l’accouchement, enfin, lors de l’effort de poussée, il peut y avoir un appui important sur ce système. Et cet appui peut venir bloquer le passage de l’information nerveuse (qui s’accompagne par exemple de fourmillements dans les fesses).
L’ostéopathe doit alors venir examiner et tester le cadre osseux articulaire afin de s’assurer qu’il n’y a pas de blocage (il peut s’agir parfois de blocages très anciens).

Vérifier le nerf pudendal

Un autre nerf est aussi concerné par ces efforts expulsifs, il s’agit du nerf pudendal, innervant la région de votre périnée et vos organes génitaux. Lui aussi joue un rôle très important dans la continence anale (et urinaire d’ailleurs).
Lors d’un accouchement, il est possible que ce nerf souffre également d’un étirement excessif. Le problème est que le sphincter externe est innervé par ce même nerf pudendal et induit la continence urgente ou volontaire. L’ostéopathe viendra donc aider au relâchement de ce nerf.

Prendre en charge un prolapsus

Il est possible que l’accouchement ait causé un prolapsus (à savoir la descente d’organes). Les organes viennent alors créer une pression importante sur le rectum mais aussi sur la vessie, accentuant l’incontinence anale mais aussi l’incontinence urinaire.
La prise en charge d’un prolapsus en ostéopathie se fait en complémentarité de la kinésithérapie, et l’ostéopathe aide le travail du kinésithérapeute en relâchant le système ligamentaire des viscères en tension.

Les limites de l’ostéopathie dans la prise en charge des troubles de la continence chez la femme enceinte et post-partum

L’ostéopathie reste particulièrement intéressante et efficace dans la prise en charge de l’incontinence anale durant la grossesse et après la venue au monde de votre bébé.
Il est cependant important de souligner qu’en cas d’incontinence anale persistante 6 mois après l’accouchement, d’une lésion anale ou encore d’une lésion du périnée, une prise en charge spécialisée est nécessaire. Les soins de l’ostéopathe s’inscriront eux en complément du traitement alors déjà entrepris.

[1] Sander P, Bjarnesen J, Mouritsen L, Fuglsang-Frederiksen A. Anal incontinence after obstetric t. Int Urogynecol J Pelvic Floor Dysfunct 1999;10:177-81.

[2] Signorello LB, Harlow BL, Chekos AK, Repke JT. Midline episiotomy and anal incontinence : retrospective cohort study. Br Med J 2000 ; 320 : 86-90.

[3] Haadem K, Gudmundsson S. Can women with intrapartum rupture of anal sphincter still suffer after- effects two decades later? Acta Obstet Gynecol Scand 1997;76:601-3.

[4] Sultan AH, Kamm MA, Hudson CN, Thomas JM, Bartram CI. Anal-sphincter disruption during vaginal delivery. N Engl J Med 1993;329:1905-11.

[5] National Institute for Health and Clinical Excellence : The management of faecal incontinence in adults.

[6] Société Nationale Française de Colo-Proctologie

Cabinet B - Ostéopathie

Spécialistes du suivi de grossesse et post-partum.

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Cabinet d'ostéopathie à Toulouse, regroupant des ostéopathes aux spécialités diverses, tous animés par la volonté de créer une véritable relation de confiance avec leurs patients.

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