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L’incontinence anale ou fécale chez l’adulte. Voilà qui n’est pas un sujet des plus faciles à aborder, mais c’est un trouble beaucoup plus commun que vous ne pourriez le penser.

Un million de français semblent en effet en souffrir et bien que ce trouble devienne plus courant avec l’âge, il s’agit de désagréments pouvant survenir à n’importe quelle étape de la vie.

Poussant souvent à l’isolement social et pouvant impacter de manière significative le moral, vivre avec une incontinence anale, c’est bien souvent vivre avec la peur de tacher ses vêtements et de dégager de mauvaises odeurs.

Le sujet est très tabou, et de nombreuses personnes n’en parle pas, même pas à leurs médecins.

Certains gestes simples peuvent vous aider à limiter les fuites de selles. Il convient toutefois d’en comprendre les causes éventuelles ainsi que les traitements disponibles. Il existe aujourd’hui de nombreuses options discrètes pour limiter ce trouble, n’impliquant aucune chirurgie. Avez-vous pensé à l’ostéopathie pour traiter de manière naturelle l’incontinence anale ?

Incontinence anale et incontinence fécale

S’il semble peu nécessaire de vous définir l’incontinence, il convient toutefois de différencier l’incontinence anale de l’incontinence fécale.

L’incontinence anale est définie par l’émission involontaire de gaz et/ou de selles liquides ou dures. L’incontinence fécale, elle, correspond à l’émission involontaire de selles, sans émissions involontaires de flatulences.

Au passage, qu’est-ce qu’un caca normal ?

Comprendre le mécanisme de la continence

La continence (la retenue) et la défécation (expulsion des selles) dépendent d’organes et de muscles extrêmement importants. Et pour la compréhension de cet article, il convient de rapidement revenir dessus. On fait au plus simple, promis !

Le rectum

C’est la partie que l’on retrouve au bout de l’intestin, une sorte de réservoir qui se dilate à mesure qu’il se remplit. Le canal anal (ou l’anus), lui, est un petit conduit situé juste en dessous du rectum.

Les sphincters

Ce canal est normalement fermé par deux muscles : le sphincter anal externe (répondant à notre volonté) et le sphincter anal interne (répondant à des réflexes digestifs non volontaires). Ces sphincters « resserrent » l’anus en vue de ne pas laisser passer les selles et les gaz.

Mais lorsqu’un déséquilibre survient entre ces deux organes c’est là que les troubles arrivent ! Il peut s’agir de fuites incontrôlées, donc d’incontinence anale ou fécale ou en opposition, de difficultés à évacuer les selles, à savoir, une constipation !

Incontinence anale : un trouble tabou

L’incontinence urinaire souffre déjà d’un lourd tabou en France. Et l’incontinence anale ? Qui ose en parler ? Pas grand monde.

Pourtant, ce trouble toucherait jusqu’à une personne sur dix au cours de sa vie (selon une étude du National Institute for Health and Clinical Excellence : The management of faecal incontinence in adults).

Et contrairement à ce que l’on pourrait croire, l’incontinence anale (et urinaire au passage) ne touche pas uniquement les personnes âgées ! C’est un trouble altérant fortement le confort de vie de près d’un million de Français.

Pourtant, selon la Société Nationale Française de Colo-Proctologie, « plus des deux tiers des personnes incontinentes n’ont jamais consulté un médecin pour ce motif ».

Les impacts psychologiques et les conséquences sur le quotidien peuvent en effet être importants pour la personne incontinente.

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Un trouble au fort impact psychologique

Perte d’estime de soi, impact sur la dignité, impression de perte d’autonomie, isolement, peur d’être rejeté, inconfort, difficultés de déplacement, impact sur les relations sociales, blocage au niveau sexuel, etc.

La liste des répercussions de l’incontinence anale sur le moral peut être longue et malheureusement aboutir à un isolement social ou à une dépression.

Il faut pourtant en parler

Le caractère « honteux » de ce trouble n’aide pas à en parler facilement à son médecin. Pourtant, un diagnostic et une prise en charge rapide optimise les chances de succès du traitement de l’incontinence.

Qu’il s’agisse d’en parler à votre médecin de famille, gynécologue, gastro-entérologue, ou encore à votre ostéopathe, il est important de surmonter votre gêne. Si cela peut vous aider, sachez que les professionnels de santé ont l’habitude de prendre en charge ce type de troubles (et qu’ils peuvent très bien en souffrir également).

Des solutions existent pour pallier à ces désagréments, mais encore faut-il consulter. Alors ne vivez pas l’incontinence anale en silence, parlez-en à un professionnel de santé.

Incontinence anale : les causes

Il n’existe pas une cause définie comme étant responsable des troubles de la continence. Dans la majorité des cas, l’incontinence est en rapport avec une défaillance de la fonction de l’anus. Il est possible que ce dernier soit peu tonique ou encore qu’il se contracte mal.
Ce dysfonctionnement peut avoir de nombreuses origines, il peut s’agir d’une plaie ou d’une déchirure passée des sphincters de l’anus ou encore de troubles de la commande nerveuse de ces muscles.

Ainsi, l’incontinence anale peut être causée par :

  • Des selles liquides apparaissant lors d’une Maladie Inflammatoire Chronique de l’Intestin (MICI), d’une gastro entérite ulcéreuse, ou encore d’une tumeur rectale
  • Des troubles de la perception rectale causés par un fécalome (des selles dures coincées dans rectum)
  • Des troubles de la perception rectale causées certaines affections neurologiques comme une sclérose en plaques, un AVC, un syndrome de démence, la maladie de Parkinson, le diabète, etc.
  • Des lésions sphinctériennes : une chirurgie anale (fistules, fissure, excision d’hémorroïdes), une malformation opérée, ou encore une déchirure survenant lors de l’accouchement
  • Un trouble de la statique causé par un prolapsus (la descente) total du rectum

Il peut s’agir également d’une altération des capacités de résistance du périnée (causée par l’étirement des nerfs périnéaux) ayant pour origine :

  • Une constipation chronique avec efforts de poussée
  • Une multiparité (multiples accouchements)
  • Une macrosomie fœtale (bébé pèse plus de 4000g à la naissance)
  • L’utilisation de forceps durant l’accouchement.
  • Une déchirure
  • Une expression abdominale (pression exercée sur le fond de l’utérus et sur le ventre, dans le but de raccourcir la durée de la seconde phase de l’accouchement, pratique interdite en France depuis 2007)
  • L’obésité
  • Une hystérectomie (ablation chirurgicale partielle ou complète de l’utérus)
  • Une altération périnéale suite à une chirurgie pour prolapsus urologique ou gynécologique

Qui est le plus touché par l’incontinence anale ?

L’incontinence anale est un trouble touchant près d’un million de Français, dont 350 000 français souffrant d’incontinences sévères.

Si environ 5 % de la population adulte en France souffre d’incontinence anale, elle toucherait 11% des plus de 45 ans avec 2 % d’entre eux souffrant de pertes fécales quotidiennes ou hebdomadaires.

La fréquence de ce trouble augmente en effet avec l’âge, 33 % des personnes âgées en institution étant touchées (et 23 % souffrant de pertes fécales quotidiennes).

Les études sur les premières grossesses montrent une incontinence anale chez 13 % des femmes après l’accouchement.

Des estimations très certainement erronées

De par la nature du trouble et son caractère tabou, ces chiffres sont probablement sous-estimés. Et oui, l’incontinence anale, ce n’est pas le sujet que l’on aborde spontanément lors d’une visite de routine chez son docteur !

Lors d’une étude imposant une recherche systématique d’une incontinence anale par des gastro-entérologues auprès de leurs patients, le symptôme était présent depuis plus d’un an chez 74 % d’entre eux et seulement 4 % avaient déjà consulté pour ce trouble. (Prevalence of anal incontinence in adults and impact on quality-of-life. Gastroenterol Clin Biol 2006.)

Incontinence anale : l’heure du diagnostic

Vous avez dépassé vos appréhensions et votre gêne et avez pris rendez-vous chez votre médecin. Bravo ! Mais comment se pose le diagnostic de l’incontinence anale ?

Examen clinique

Le diagnostic compte en premier lieu un examen clinique. Votre médecin cherchera notamment à savoir si vous avez des antécédents de chirurgie ou encore un traumatisme périnéal.
Le médecin procède ensuite à une évaluation neurologique et à un examen abdomino-périnéal et ano-rectal, comprenant l’inspection et le toucher rectal.

Les examens complémentaires

La manométrie anorectale est ici l’examen physiologique de choix, puisqu’il permet d’en savoir plus sur les aspects moteurs et sensitifs de l’appareil sphinctérien.​ ​

Une rectoscopie (examen du rectum via un endoscope), voire une coloscopie (examen du côlon via un coloscope) sont souvent recommandées.

L’imagerie ano-rectale comporte elle une échographie endoanale (examen de l’anus et de la partie basse du rectum via une sonde échographique rigide) et une IRM du plancher pelvien.

Incontinence anale : quel traitement naturel ?

Les raisons de rechercher un traitement naturel pour pallier à l’incontinence peuvent être multiples. Nous vous conseillons tout de même, avant de recourir à des traitements alternatifs, de parler à votre médecin généraliste de ce trouble afin d’écarter toute pathologie grave.
Pour ce qui est du traitement naturel de l’incontinence, qu’il s’agisse d’incontinence urinaire ou fécale, l’ostéopathie peut vous aider à mieux vivre ce trouble en diminuant les facteurs causant l’incontinence.
Le rôle de votre ostéopathe dans la prise en charge de l’incontinence anale est de restaurer la mobilité de l’ensemble des tissus et des structures de l’organisme afin d’assurer les fonctions physiologiques de la sphère pelvienne de manière optimale.

L’importance de la sphère pelvienne

La sphère pelvienne est la partie basse du bassin.
D’un point de vue physiologique et organique la sphère pelvienne est le cadre de deux fonctions en particulier qui sont :

  • l’élimination, par la défécation des selles et la miction de l’urine,
  • ainsi que la fonction sexuelle.
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Incontinence anale et ostéopathie

La prise en charge et les manipulations de votre ostéopathe s’adaptent premièrement en fonction des causes de votre incontinence anale, mais aussi de votre propre corps et de vos blocages, récents comme anciens.

Des techniques adaptées à chacun

Le praticien sera ainsi à même, après un bilan, d’identifier les différentes contraintes et d’user de différentes techniques ostéopathiques pour des soins qui vous seront adaptés.

Incontinence anale : que fait l’ostéopathe ?

Afin de lever d’éventuels doutes ou appréhensions ici, commençons par éclaircir deux points : vous n’aurez pas à vous dénuder pour ces consultations et votre ostéopathe ne pratiquera jamais de manipulations internes ou de toucher rectal. Non, ces soins passeront plutôt par :

L’identification d’adhérences cicatricielles

Si vous avez subi une chirurgie anale, colorectale, il se peut que votre système musculaire et ligamentaire soient « traumatisés ». C’est notamment lors du processus de cicatrisation, après l’opération, que des adhérences cicatricielles se forment (lors de la cicatrisation, des bandes fibreuses viennent relier les tissus et les organes entre eux, ces derniers perdent alors en mobilité).
Et ces adhérences peuvent empêcher les muscles sphinctériens de faire leur travail de continence. L’ostéopathe va alors aider à relâcher ce système en travaillant la cicatrice afin de permettre une harmonisation des muscles sphinctériens.

Le traitement des troubles digestifs

Les troubles digestifs comme une recto-colite ulcéro-hémorragique ou encore une gastro-entérite favorisent l’incontinence. Les troubles se localisant dans ce cas au niveau du côlon ou de l’intestin, l’ostéopathe travaille sur ceux-ci afin de leur redonner de la mobilité et de faciliter la réabsorption de l’eau en vue de déshydrater les selles afin qu’elles deviennent plus sèches, limitant ainsi les fuites.

Soulagement des structures osseuses

Votre ostéopathe vient également vérifier que l’émergence de l’innervation des viscères (comprendre vos organes au-dessus de la ceinture) ne soit pas perturbée par la structure osseuse.
Pourquoi ? Car un blocage au niveau des lombaires ou des dorsales, lieu d’émergence de l’innervation du côlon, peut avoir une incidence sur le bon fonctionnement de ce dernier mais aussi des intestins.
Au même titre, cela concerne également, plus bas dans la colonne, les dernières lombaires et le sacrum qui gèrent la commande des muscles sphinctériens. De récents traumatismes (mais aussi de très anciens) peuvent être à l’origine d’un dysfonctionnement du sphincter anal ou vésical.

L’allègement du système musculaire

L’action de l’ostéopathe consiste aussi à identifier les blocages osseux pouvant perturber la région du périnéé. C’est pourquoi le système musculaire de maintien est important à investiguer. En effet, un spasme d’un des muscles du petit bassin peut venir comprimer les nerfs et les artères passant à proximité.
C’est le cas de la névralgie pudendale ou du syndrome du nerf honteux. Ce nerf innerve le plancher pelvien ainsi qu’une partie des muscles ano-rectaux. La prise en charge par un ostéopathe permettra ici d’apporter des solutions pour ce syndrome spécifiquement.
Le travail du praticien se fait également à distance avec le diaphragme et le psoas, qui eux jouent un rôle très important dans la posture.

Un travail sur le prolapsus

Les organes (appareil génital, vessie, rectum) ont un poids relativement important et sont soutenus par le périnée (ou plancher pelvien). Lorsque ce plancher se relâche, il se peut qu’il n’assure plus sa fonction de soutien et que les organes descendent.

Il est à noter que ce trouble est pris en charge par de la kinésithérapie et que la complémentarité d’une prise en charge par l’ostéopathe permet un travail en synergie.

L’ostéopathe travaillera en amont, pendant et après la prise en charge du kinésithérapeute. Ce dernier peut avoir recours par exemple à des électrostimulations et l’ostéopathe pourra quant à lui vous accompagner et vous aider à tirer les effets bénéfiques du traitement déjà mis en place.

Des soins post-partum

L’accouchement peut s’avérer particulièrement traumatique pour le corps d’une femme (avec le risque de déchirure ou encore l’utilisation d’instruments comme des forceps lors de l’accouchement) et notamment pour le plancher pelvien, qui lui nécessite une prise en charge spécifique.
Pour en savoir plus, envisagez la lecture de notre article dédié à l’incontinence anale durant la grossesse et après l’accouchement.

Les limites de l’ostéopathie dans la prise en charge de l’incontinence anale

Bien que l’ostéopathie reste une solution efficace dans le traitement des troubles de la continence, dans certains cas, sa seule action ne sera pas suffisante.

En effet, lorsque l’incontinence anale est sévère, la prise en charge peut nécessiter une intervention chirurgicale. Il est alors intéressant de consulter votre ostéopathe après l’opération, notamment pour limiter les adhérences cicatricielles.

Il en va de même lorsque des pathologies plus graves sont en cause, comme un cancer du rectum ou encore lors d’affection neuropathiques comme le diabète ou la sclérose en plaque, où les soins de l’ostéopathe apporteront un confort global et s’inscriront dans le protocole de soin déjà entrepris.

Cabinet B - Ostéopathie

Une équipe d’ostéopathes diplômés au sein d’écoles agréées par le Ministère de la Santé

Cabinet B

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Cabinet d'ostéopathie à Toulouse, regroupant des ostéopathes aux spécialités diverses, tous animés par la volonté de créer une véritable relation de confiance avec leurs patients.

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