0% lus

Votre enfant se plaint de douleurs au talon ou au niveau du tendon d’Achille ? Particulièrement lors de l’effort, lorsqu’il marche, court ou saute, ou après celui-ci ? Vous remarquez qu’il boite ou marche sur la pointe des pieds afin de limiter ses douleurs au talon ?

Sommaire

Ces douleurs de croissance

Peut-être souffre-t-il de la maladie de Sever, un trouble commun chez les enfants en pleine croissance. Et si cette pathologie est la plupart du temps bénigne, elle peut être particulièrement douloureuse et handicapante. De plus, elle peut générer à terme d’autres maux ou problèmes de posture. La cause ? Les adaptations opérées par votre enfant dans le but de soulager ses douleurs.
Quels sont les signes permettant de reconnaître ce trouble ? Quelles sont les causes d’apparition de ces douleurs au talon , à proximité du tendon d’Achille chez l’enfant ou l’adolescent ? Qui consulter et quelles sont les solutions envisageables pour soulager et soigner naturellement la maladie de Sever ?
Retour sur cette pathologie de la croissance fréquente et les manières de soulager les douleurs que connaît votre enfant.

Maladie de Sever : de quoi s’agit-il ?

La maladie de Sever, on l’appelle aussi apophysose calcanéenne ou encore apophysose postérieure calcanéenne.
On peut aussi retrouver les appellations d’apophysite calcanéenne ou encore d’apophysite postérieure calcanéenne. Néanmoins si ce terme est encore largement utilisé, il relève d’une ancienne dénomination et suggère une composante inflammatoire inappropriée.
C’est une pathologie de la croissance chez l’enfant caractérisée par une atteinte du noyau d’ossification secondaire du calcanéum (os du talon).
Elle survient habituellement chez les enfants ou adolescents particulièrement actifs et pratiquant beaucoup de sport. Notamment la danse, la gymnastique, l’athlétisme ou encore le foot. Elle est liée à un surmenage sportif lors d’activités qui impliquent courses et sauts.

Les os grandissent

Pour faciliter la compréhension de cet article et du phénomène derrière la maladie de Sever, revenons sur la manière dont l’os se développe et grandit.
Le calcanéum se développe grâce à deux noyaux d’ossification : l’un apparaît à la naissance, l’autre vers 8 ans. Ces centres d’ossification, composés de cartilage (tissu plus mou que le tissu osseux), vont permettre la croissance de l’os. L’ossification est complète vers 15-16 ans.
Lors de poussées de croissance, il peut y avoir un déséquilibre entre la vitesse à laquelle l’os grandit et le temps d’adaptation trop court laissé pour l’allongement des muscles du mollet. Au niveau du talon, le noyau d’ossification secondaire est situé en rapport de l’apophyse (petit relief osseux) du calcanéum.

Problème de traction

Dans la maladie de Sever, on a une traction trop importante, inadaptée, du tendon du muscle du mollet au niveau de son insertion sur l’os. Ce qui provoque alors une désorganisation du cartilage composant ce noyau.

Maladie de Sever et autres ostéochondroses de croissance

La Maladie de Sever entre dans la famille des ostéochondroses de croissance. C’est-à-dire des anomalies au niveau des zones de croissance de l’os et du cartilage. Ces ostéochondroses peuvent se retrouver à différents niveaux et notamment :

  • Au genou : il peut s’agir de la maladie d’Osgood-Schlatter, l’une des plus fréquentes, par la traction du quadriceps sur la tubérosité tibiale, sous la rotule. Ou de la maladie de Sinding-Larsen-Johansson si c’est la rotule elle-même qui est atteinte
  • Au pied : la maladie de Freiberg (tête du deuxième métatarsien), la maladie de Köhler-Mouchet (naviculaire). Ou encore la maladie de Renander (os sésamoïdes, sous le gros orteil).
  • À la colonne vertébrale : la maladie de Scheuermann (plateaux vertébraux).

Maladie de Sever : les symptômes

Les douleurs liées aux poussées de croissance ne sont pas des plus agréables, et la maladie de Sever peut être particulièrement handicapante. Dans environ 60% des cas, l’atteinte est bilatérale, elle touche les deux talons.

L’enfant ou l’adolescent pourrait se plaindre de :

  • Douleurs au talon ou à proximité du tendon d’Achille exacerbées lors de la marche, la course, ou les sauts.
  • Douleurs qui s’estompent au repos.
  • Difficulté à marcher et à courir. L’enfant boîte ou marche sur la pointe des pieds pour éviter l’appui du talon au sol, particulièrement douloureux.
  • Enflure ou rougeur éventuelle au niveau du talon.
  • Sensibilité accrue lorsque la zone est comprimée. Et notamment lorsqu’il porte chaussures dures et rigides comme des crampons de foot.

Maladie de Sever et douleurs au talon : les causes

Nous savons que la maladie de Sever est provoquée par une traction excessive du tendon sur le cartilage de croissance. Cette tension peut être causée par :

  • Des chocs répétés à la suite de réceptions de sauts
  • Un entraînement intensif
  • Des chaussures non adaptées à la pratique sportive : le pied n’est pas maintenu comme il le devrait et provoque une sollicitation des tendons importante au niveau du pied
  • L’exécution répétée d’un mauvais geste, comme la réception sur le talon uniquement lors d’un saut par exemple
  • Une posture en hyper pronation du pied, où l’affaissement du pied vers l’intérieur entraîne alors une traction excessive sur le tendon d’Achille
  • Une croissance subite
  • L’augmentation rapide, et/ou mal adaptée de l’activité physique

Les facteurs de risque

  • Les sports comme le football, l’athlétisme, le tennis, le basketball, la gymnastique, le breakdance et la danse. Ils font parties des sports qui présentent un facteur de risque de l’apparition du trouble.
  • Le surpoids augmente le risque d’apparition de la maladie de Sever chez l’enfant.

Cette pathologie de croissance peut concerner tout enfant ou pré-ado, actif, en période de croissance, que ce soit fille ou garçon.

La maladie de Sever en quelques chiffres

  • Près de 20% des jeunes sportifs (18% pour être exact) souffriraient de problèmes au niveau de l’apophyse calcanéenne​.
  • 87% des jeunes sportifs qui se plaignent de douleurs au niveau de la partie postérieure du talon et au tendon d’Achille pratiquent une activité demandant de nombreux sauts ou la course.
  • Chez les enfants sportifs, l’incidence s’élève de 2 à 16% des pathologies musculo-squelettiques.

Comment être sûr qu’il s’agit bien de la maladie de Sever ?

Le diagnostic est clinique. Le médecin cherchera à savoir si les douleurs surviennent lorsque votre enfant appuie son talon et lorsqu’il saute ou marche.
Il procèdera également à la palpation du talon. Cela provoquera une douleur particulièrement vive (le talon pouvant être gonflé et/ou rouge), que l’enfant saura en général reconnaître rapidement.

Les examens complémentaires

Les examens complémentaires d’imageries ne sont généralement pas nécessaires. Néanmoins, ce point reste à discuter directement avec votre médecin.
Et en cas de suspicion de fracture ? Si l’examen clinique ne présente pas de signes caractéristiques qui permettent d’éliminer une pathologie osseuse, comme une fracture ou pathologie tumorale, alors, la radiographie peut être demandée par votre médecin.

Maladie de Sever : quel traitement naturel ?

Votre médecin peut prescrire des anti-inflammatoires ou antalgiques pour soulager les douleurs. Mais uniquement dans le cas où les douleurs sont insupportables pour votre enfant. Néanmoins, ces anti-inflammatoires ne s’attaquent pas au problème à l’origine du trouble. Ils viennent simplement altérer le « messages douloureux » reçu par votre enfant. Ce dernier risquerait alors de forcer sur son ou ses pieds, empirant alors son trouble.

Les attitudes et positions antalgiques

Mais si les douleurs ne sont pas soulagées, votre enfant risque aussi d’adopter des attitudes ou positions antalgiques. Ce sont ces positions ou attitudes adoptées spontanément lorsque l’on souffre afin de diminuer nos douleurs. Dans ce cas, il va alors adapter sa marche. Notamment marcher sur la pointe des pieds pour soulager le talon, créant alors plus de tensions au niveau du pied. Mais aussi à distance.

Un vrai cercle vicieux en somme. Alors que faire ?

Pensez ostéopathie

L’ostéopathie est une solution particulièrement intéressante pour la prise en charge de la maladie de Sever chez votre enfant. L’ostéopathe fait du soulagement de ses douleurs une priorité. Il permet également d’optimiser un retour à une activité sportive sans mal. Mais aussi de traiter les éventuelles adaptations faites par le corps de votre enfant.

Travailler en synergie

Il est possible de coupler les soins en ostéopathie avec ceux du podologue lorsque le port de semelles est nécessaire. En effet le port de talonnettes amortissantes est parfois recommandé selon les cas pour aider à diminuer l’intensité des impacts sur le talon. Il est aussi fréquent que votre kinésithérapeute et ostéopathe travaillent conjointement, pour une prise en charge toujours plus globale.

Maladie de Sever et ostéopathie

Les techniques douces et adaptées de votre ostéopathe permettront plusieurs choses. Après une période de repos sportif adaptée, votre enfant pourra marcher normalement et pratiquer à nouveau son ou ses activités. Mais ce n’est pas tout !
L’ostéopathe veille également à créer un environnement harmonieux pour la cheville et le pied. C’est en soignant ces derniers ainsi que le reste du corps que l’ensemble fonctionne de façon cohérente et efficace.
Abordons en détail les techniques employées par votre ostéopathe pour soulager les douleurs au talon dont souffre votre enfant.

La phase d’observation et d’évaluation

Afin de prendre en charge au mieux votre enfant ou adolescent, votre ostéopathe doit être attentif à la position de ses pieds. Mais aussi à l’ensemble de sa posture. C’est ainsi que sa tête, son dos, son bassin et ses jambes seront observés et évalués en fonction du positionnement de ses chevilles et de ses pieds.

L’intérêt de la phase d’observation

Cette phase de soin permet de mettre en évidence une stratégie posturale. Comprenez ici qu’il s’agit d’identifier les positionnements particuliers que prennent certaines parties du corps. Ce qui peut jouer sur les tensions des pieds. Il peut s’agir par exemple de :

  • Sa colonne vertébrale, avec une déviation ou une rotation d’un côté sur certains étages.
  • Son bassin. S’il existe un côté plus haut que l’autre, cela peut créer une inégalité de répartition des tensions au niveau de ses membres inférieurs.
  • La position de sa tête. Si votre enfant a la tête plus en avant ou plus en arrière, c’est peut-être la résultante de tensions de chaînes musculaires dues à un positionnement particulier des pieds. Et inversement, si les pieds subissent certaines tensions, cela pourrait être dû à un positionnement particulier de la tête. Cette observation permet ainsi d’évaluer le schéma de tension que connaît le corps de votre enfant.

Effet de compensation

Du fait de ses douleurs, votre enfant aura tendance à marcher sur la pointe des pieds afin d’éviter d’appuyer sur ses talons et de relâcher les tensions connues par les tendons.
Cette posture, dite antalgique, aura une conséquence. Elle crée un déséquilibre de sa posture par une bascule de son bassin et une inclinaison de sa colonne vertébrale.

L’intérêt de la posturologie

Outre les tensions du corps à soulager, il conviendra également de s’intéresser aux capteurs posturaux. Il s’agit des yeux, de la mâchoire, de l’oreille interne, des pieds et de la peau. Ils informent votre enfant à chaque instant de l’évolution de son environnement. Son cerveau analyse ainsi les informations qui proviennent de ces capteurs et adapte en permanence sa posture.

Vous comprendrez alors qu’une vision altérée ou encore des tensions de la mâchoire puissent imposer à sa tête un certain positionnement. Positionnement directement rattrapé par le positionnement de sa colonne vertébrale et ce, jusqu’aux pieds, au niveau du sol.

Notez aussi que des adhérences cicatricielles peuvent venir affecter son système postural (du fait des informations biaisées captées par les capteurs de la peau).

Une attention particulière à la colonne vertébrale

Le praticien doit, tout au long des soins, porter un œil attentif aux différents segments de la colonne vertébrale de votre enfant : ses cervicales, ses dorsales, ses lombaires, ainsi que ses membres inférieurs (son bassin, ses hanches et ses genoux).

Pourquoi ? Car avant d’effectuer un bilan postural, il est bon de vérifier qu’il n’y a pas au préalable des tensions sur le corps lui-même. Et s’assurer que ce dernier est bien capable de se positionner en fonction des informations transmises par les capteurs posturaux.

Focus sur la guérison et la récupération de l’enfant

Votre ostéopathe doit également vérifier et s’assurer que les douleurs aux talons de votre enfant n’ont pas été causées par une faiblesse passagère.
Fatigue, stress, baisse d’énergie due à des tensions du système respiratoire, de son transit ou encore due à un amoindrissement de la qualité de son sommeil. Tous ces facteurs pourraient en effet être à l’origine de l’apparition de ses maux et douleurs.

Cela fait partie intégrante du travail global opéré par l’ostéopathe : s’intéresser à tous les facteurs qui auraient pu engendrer la douleur de votre enfant, ou déranger sa récupération.

Quand votre ostéopathe regarde l’ensemble du corps de votre enfant, il vérifie donc la qualité du fonctionnement de son organisme. Et le soigne au besoin. Il s’agit également de
vous en parler à vous, parent(s), afin que vous puissiez garder un œil ouvert sur les différents points abordés lors du soin.

Examiner, soulager et traiter la cheville

Lors du mouvement, la cheville est le point d’intersection entre les forces verticales et horizontales. C’est le système ligamentaire et musculaire qui régule ces contraintes. Il sert d’axe de mobilité mais intervient également dans le système de maintien. Travail de maintien alors assuré par le tendon d’Achille qui vient tirer sur l’insertion du talon.

Les chevilles peuvent avoir été victimes :

  • d’entorses, le traumatisme le plus fréquent
  • de tensions causées par les activités présentes ou passées,
  • souffrir de mouvements articulaires restreints par ses muscles fatigués,
  • ou encore, avoir été habituées depuis longtemps à fonctionner d’une certaine manière qui n’est alors plus adaptée à la nouvelle activité ou le niveau de pratique de votre enfant.

Et cela aussi fait partie intégrante du travail votre ostéopathe : vérifier la qualité de mobilité de toutes les articulations des pieds et des chevilles. Ainsi que la bonne réponse tonique de son système musculaire.

L’ostéopathie et les semelles

Dans le cas de la maladie de Sever, le port de semelles est parfois nécessaire. Elles permettent de guider le pied dans un positionnement particulier, pour faciliter sa récupération.

Le but du podologue ? Diminuer la douleur et rééduquer les pieds ainsi que les chevilles de votre enfant en facilitant ses appuis debout. Que ce soit pendant la marche ou encore pendant la course dans le cas d’une reprise adaptée des activités sportives.

Le podologue sera également de bons conseils pour aider votre enfant dans sa pratique sportive. Et notamment à l’amélioration de ses gestes, le positionnement de ses pieds pour la course ou le saut, le choix des chaussures adaptées, etc.
Les soins de l’ostéopathe trouvent aussi leur place lorsque votre enfant se voit prescrire des semelles. Il permet en effet, par son travail de globalité, d’agir sur la posture de votre enfant pour optimiser le rôle de ses semelles.

Repos et reprise sportive

L’ostéopathie est particulièrement efficace pour la prise en charge de la maladie de Sever. Pourtant, elle ne remplace pas la période de repos nécessaire au corps de votre enfant pour se consolider. Il faudra également veiller à une reprise graduelle et une continuité quant à l’activité sportive de votre enfant. Elle doit être adaptée à sa récupération, toujours en vue de sa santé, mais aussi éventuellement d’une performance sportive.

Cabinet B - Ostéopathie

Rencontrez l’équipe spécialiste de la pédiatrie Toulouse. Découvrez ce qui fait la réputation de nos cabinets d’ostéopathie à Toulouse.

Laisser un commentaire

Une question ? Envie de partager votre parcours avec nous ?
Laissez-nous un commentaire, nous y répondons systématiquement.