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Mon ostéo n’a pas grandi et continue de jouer au jeu du « Ni oui, ni non ».

Avec sa propre variante : « Ni kiné, ni médecin ». « Ni-ni » pour les joueurs les plus aguerris. ostéopathe ni-ni exclusif

Jamais entendu parler de votre côté ? C’est normal.
Il ne s’agit pas d’un jeu en fait, mais d’une petite « guégerre » entre les ostéos, les kinés, et les médecins. Qui a priori nous dépasse, nous patients.
Pourtant ce conflit touche en fait à l’essence même de l’ostéopathie, à sa philosophie.

Vous ne le savez peut-être pas, mais les ostéopathes se battent pour que l’ostéopathie soit une ostéopathie de qualité.

Et pour cela il faut, a priori, qu’elle soit pratiquée de manière « exclusive ».

Vous l’aurez peut-être compris, un ostéopathe exclusif, c’est un ostéopathe qui n’est pas qu’à moitié ostéo.
Il est juste ostéopathe. Pour l’être correctement.
Il n’est donc ni kiné ostéo, ni médecin ostéo. D’où le fameux « ni ni ».

Pour être honnête je ne vois même pas pourquoi mon ostéo serait kiné ou médecin.

C’est du même genre que si je devais chercher un dentiste « ni gynéco, ni rhumato ».

Ça a l’air absurde.
Si j’ai besoin d’un dentiste, je cherche un dentiste. Point. Il semble évident que je ne cherche pas quelqu’un qui me fasse à la fois un détartrage et un frottis.

Seulement voilà, quand on creuse un peu le sujet, cette « guéguerre » qui nous est inconnue à nous patients, reflète d’une situation un peu particulière.
Les médecins ont longtemps été, n’ayons pas peur des mots, contre l’ostéopathie. Jusqu’à la qualifier de « doctrine irrationnelle et antiscientifique » (source Wikipédia, je n’engage pas mon honneur sur cette affirmation).

En 2002, le titre d’ostéopathe a officiellement été reconnu en France.

Cette médecine « irrationnelle » est devenue légale, n’en déplaise à certains.
Certains médecins se sont fait à l’idée, d’autres se sont même dit « tiens, pourquoi pas essayer ? ». Signe d’une ouverture positive a priori, ils ont alors suivi des formations pour eux-mêmes pratiquer l’ostéopathie.
Et c’est là que le bât blesse.
La formation des médecins pour avoir un « DIU en médecine manuelle » est d’en moyenne 250 heures. Là où un ostéopathe lui, doit suivre une formation de plus de 4 000 heures.

Vous me direz « oui, mais les médecins ils ont déjà suivi des milliers d’heures de formation pour devenir docteur ». Et vous aurez raison.
Par contre il me semble quand même, qu’un dentiste par exemple, se spécialise dès sa 2ème année d’étude. Dès son concours de médecine réussi en fait. Idem pour un gynéco*.

Donc a priori il passe plus de 250h à se former à sa spécialisation.

Laisseriez vous un médecin généraliste ayant suivi une formation de 250h vous poser une couronne dentaire ? Pas sûr.
Nous pouvons aussi nous poser la question à l’inverse : iriez-vous voir un ostéo qui s’est spécialisé en médecine générale suite à 250h de formation ?
De mon côté j’ai la réponse.

Le vrai problème de fond avec cette histoire d’exclusivité c’est que l’ostéopathie est une médecine jeune, qui vient à peine d’être reconnue.
Idem donc pour le statut d’ostéopathe.

Du coup, avant un médecin ostéo, ou un kiné ostéo, ça semblait rassurant comme concept. Celui qui nous manipulait avait au moins des bases en médecine et en anatomie.

OMS ostéopathe exclusif ni-niMais quand on regarde les recommandations de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), sorte de Big Boss mondial de la Santé, et les nouveaux décrets entrés en vigueur concernant l’ostéopathie en France, la tendance s’inverse.

Car on sait maintenant qu’un ostéo pour être bon, doit avoir été bien formé. A l’ostéopathie.

De même qu’on sait depuis longtemps déjà qu’un gynécologue pour être bon, doit avoir été bien formé. A la gynécologie.
C’est en fait assez simple.

Les ostéos « exclusifs », aussi appelés « les ni ni » ne sont pas friands de ce type d’ostéopathie pratiqué à la « va-vite ». Car selon eux, elle ne garantit pas une ostéopathie de qualité pour nous patients.
Pour info d’ailleurs, l’expression « ni ni » est connotée négativement. Plutôt employée par les médecins et kinés, que par les ostéopathes eux-mêmes.

D’ailleurs les kinés dans tout ça ? Ben c’est pareil. Un kiné qui décidait que finalement l’ostéopathie c’était pas si mal, pouvait suivre une formation express pour devenir ostéo. Les derniers décrets encadrant l’ostéopathie ont d’ailleurs remis en question ce type de formation pour les kinés.

Par contre, certains kinés, vraiment intéressés par l’ostéopathie ont suivi une double formation. C’est-à-dire qu’ils ont suivi une formation de kiné complète, puis une formation d’au minimum 5 ans à temps complet pour devenir ostéopathe. Vraiment ostéopathe. Kiné ostéopathe dans son sens le plus noble.
Mais ceux-là, il y en a très peu.

De mon côté je n’ai rien ni contre les médecins, ni contre les kinés, au contraire. Mais mon ostéo est exclusif.
Parce que quand je veux voir un ostéo, je ne cherche ni un kiné, ni un médecin.
CQFD.La Patiente

 

PS : mon ostéo a du Still, mais ça, je vous en parle la semaine prochaine.

 

* suite à une précision apportée en commentaire de cet article, il est important de signaler que si les dentistes se spécialisent dès leur seconde année d’étude, ça n’est par contre pas le cas des gynécos. Mea culpa.

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Chroniques inexactes, point de vue subjectif et tranches de vie d'une patiente (impatiente) qui n'aime pas perdre son temps dans les salles d'attente.

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  • Arthur.P dit :

    C’est là « que le Bât Blesse » 😉

  • EstelleC dit :

    Je me permets une correction, un gynéco suit 6 ans de formation générale, comme tous les médecins, puis 5 ans de formation spécialisée. Il ne se spécialise pas dès la 2e année. Et c’est là que les études en dentaire oui médecine sont différentes, les 6 ans de formation générale sont faits justement pour que chaque médecin soit capable de faire un examen gynéco. (même si en pratique, bien sûr, on ne verra jamais un cardiologue faire un examen gynéco).

    Les étudiants en médecine et ostéo apprenant pas mal de choses en commun, donc dans l’idée, qu’un médecin qui fait minimum 9 ans d’études puisse pratiquer certaines manipulations ostéo, je ne vois pas le pb, à condition d’avoir une formation adéquate (et je suis d’accord que 250heures c’est bien peu…). Surtout quand on sait que certains ostéo font des grosses bêtises, par manque de connaissances de certaines pathologies. Manipuler un corps jeune et sain ce n’est pas pareil qu’un nourrisson ou une dame de 70ans avec une polyarthrite rhumatoïde…

    (je suis étudiante en médecine, et je consulte régulièrement une ostéopathe « exclusive », mais je trouve qu’il faut nuancer un peu le propos du « ni-ni »)

    • La Patiente dit :

      Bonjour,

      Merci pour cette précision et pour le partage de votre point de vue. Néanmoins, en tant que patiente je ne fais pas la distinction entre le soin qui doit m’être apporté et celui qui doit être apporté à un nourrisson ou à une personne atteinte de polyarthrite rhumatoïde. Ce que je veux dire par là c’est qu’il ne me semble pas qu’un médecin avec ses 250 heures de formation en ostéopathie soit davantage pertinent pour ces patients là que pour moi, en tant qu’ostéopathe.
      La nuance me semble être par contre dans l’encadrement médical dont ces patients ont besoin, ce qui est différent. Effectivement, jeune et en bonne santé, je n’ai pas besoin d’être suivie par un médecin. Alors qu’un nourrisson si. Idem pour une personne âgée atteinte d’une maladie auto immune.
      Mais ce suivi ne relève pas de l’ostéopathie. Ce sont 2 choses distinctes.
      Et dans notre intérêt à nous patient, il me semble que nous devrions combiner le meilleur des 2 pratiques. On pourrait se dire qu’un médecin à 2 casquettes combine justement le meilleur des 2, mais ça n’est pas un point de vue que je partage. Notamment au regard de leur formation en ostéopathie. Bien sûr, certains médecins suivent des formations régulières en ostéopathie et ne se contentent pas de ces fameuses 250 heures, mais encore une fois c’est rare.
      Pour finir, je ne sais pas à quoi vous faites référence quand vous dites que certains ostéos font de « grosses bêtises ». Avez-vous des sources pour appuyer ces propos (ni voyez ni ironie ni agressivité, mais une vraie envie de savoir) ?

      • EstelleC dit :

        Il n’est jamais trop tard pour répondre…
        Par « grosses bêtises » je veux parler de dissection aortique suite à des manipulations ostéo. Je pensais que c’était des rumeurs de médecins rageux contre les ostéos, jusqu’à ce que j’apprenne que 2 patients avaient été hospitalisés en neuro pour AVC (sylvien massif pour l’un) sur dissection aortique suite à une manip ostéo…

  • Philippe P. dit :

    Petite précision nécessaire : la notion d’ostéopathe exclusif n’est pas forcément synonyme de « ni-ni ». Bien sûr, ceux qui ont fait une formation initiale sans pré-requis sont forcément « exclusifs ». Mais on peut être médecin ou ciné à l’origine et exercer l’ostéopathie de façon exclusive.
    Par ailleurs, la formation en 5 ans des kinés pour devenir ostéopathes n’est pas, jusqu’ici, à temps plein. Par contre il a fallu faire évoluer le contenu pour qu’au final la compétence repose sur les mêmes connaissances et savoir-faire.
    Pour être plus clair sur cette question d’exercice exclusif, je pense qu’il faut bien comprendre que cela correspond à un exercice purement ostéopathique, et non un rajout ou complément à une autre pratique. Cela est bien sûr vrai surtout pour les kinés, mais je connais des « ni-ni » qui pratiquent plein d’autres choses que de l’ostéopathie dans leurs consultations, et le problème est alors le même.
    Je pense qu’il est important de préciser que l’exercice exclusif se caractérise par une pratique pleine et entière de la médecine ostéopathique, car l’ostéopathie est une médecine en elle-même, comme l’est la médecine traditionnelle chinoise par exemple.
    Le principal est de repérer chez votre praticien la rigueur hollistique dans sa vision et la prise en compte de votre globalité, et surtout pas une recherche de réponse directe aux symptômes qui définit la démarche allopathique, aux antipodes de la conception ostéopathique.
    Dans cet esprit de globalité, il faut autant que possible ne pas classer les praticiens dans des catégories pré-établies, mais s’intéresser à la réalité de leur pratique, et on peut avoir beaucoup de surprises, dans un sens comme dans l’autre…

    • La Patiente dit :

      Bonsoir,

      Merci pour votre commentaire qui pousse à davantage de réflexion.
      Néanmoins, une question (qui risque de vous paraitre triviale) : comment en tant que patiente puis-je déterminer la rigueur holistique de la vision de mon ostéopathe ? Ce que je veux dire par là c’est que si je comprends votre commentaire, son sens concret m’échappe. Notamment dans son application concrète.
      Prenons un exemple. Aujourd’hui je peux prendre RDV en ligne directement avec un médecin, un ostéopathe, un gynéco, etc. Ce qui me permet par la même occasion de voir le créneau horaire « alloué » pour chaque patient. J’ai remarqué, que de nombreux médecins ostéopathes ont un créneau horaire de 15 minutes par patient (qu’il s’agisse d’une consultation « médecin » ou « ostéo »). C’est à mon sens un mauvais signal si je suis à la recherche d’un ostéopathe. Car j’ai du mal à voir comment quelqu’un qui ne m’a jamais rencontré pourrait en 15 minutes m’appréhender dans ma « globalité ». Et c’est pourtant ce que je recherche lorsque je décide de consulter un ostéopathe. Un professionnel qui dépassera le symptôme que je lui présente moi, avec mon regard de patiente. Mais c’est un critère que j’ai établi moi-même, sur un « signal » qui me semble être simple à appréhender du point de vue du patient. Et qui n’est d’ailleurs peut être pas bon. Peut être que ces médecins ostéopathes ont une pratique exclusivement ostéopathique et sont tellement bons que 15 minutes suffisent. Qui sait.
      De mon côté je ne peux pas « parier » 50€ à tout va pour juger de la pratique de chaque ostéopathe. Donc dans mon système de recherche qui m’est propre j’ai établi comme 1er critère le fait qu’il soit exclusivement ostéopathe (ni acupuncteur, ni je ne sais pas quoi d’ailleurs) car c’est un signal qui m’indique a priori que l’ostéopathie l’intéresse vraiment. Et je parle bien là de l’ostéopathie dans son sens large, dans sa philosophie et dans son approche du corps et de la personne. Comme 2ème critère vient la question du temps : combien cette personne à qui je confie ma santé est prête à m’accorder de temps ? Et ainsi de suite.
      Comment, de manière concrète, puis-je appliquer votre conseil ?

      • UnautrePhilippe dit :

        Bonjour,
        Comme vous le disait Philippe P. ci dessus, le terme « exclusivité » caractérise le mode d’exercice et non le cursus de formation. Chez les ostéopathes, il y a des non professionnels de santé souvent vulgairement appelés « nini » pour ni-kinésithérapeutes, ni médecins, des anciens médecins, et des anciens kinésithérapeutes. Tout ce petit monde se regroupe sous la banière « ostéopathe exclusif » car n’exercent que l’ostéopathie, les anciens médecins ou kinésithérapeutes ayant abandonné leur profession initiale et ne la mettent plus en avant.
        Et il y a les médecins-ostéo, kiné-ostéo, facilement reconnaissables par un double référencement (pour chaque activité dans les pages jaunes).
        Pour sélectionner un praticien vous avez plusieurs moyens:
        – aller regarder la durée de rendez-vous en ligne sur le logiciel de prise de rendez-vous du praticien mais tous n’offrent pas ce service
        – regarder sur la listes des différents syndicats en lisant les critères d’adhésion pour que l’ostéopathe puisse être affilié au syndicat en question (les critères étant souvent standards, du moins pour l’UFOF, le SFDO, le ROF…) mais tous les ostéopathes exclusifs ne sont pas syndiqués
        – consulter le site internet de présentation du praticien (mais tous n’en ont pas)
        – faire marcher le bouche à oreilles, encore le plus fiable, en questionnant précisément la personne interrogée sur les réponses qui vous intéressent.

        • La Patiente dit :

          Bonjour Autre Philippe,

          Merci pour votre commentaire qui a le mérite d’être très clair, et accessible. Chose suffisamment rare chez les thérapeutes, au sens large, pour être soulignée.
          Je rejoins votre commentaire sur le sens de l’exclusivité. Ce que j’essayais simplement de transmettre par cet article c’est qu’en tant que patiente, consulter un médecin qui entre 2 lignes de prescription de médicaments me manipule une vertèbre, ça n’est plus de l’ostéopathie pour moi. Idem pour un kiné qui entre 2 massages me manipulerait les cervicales.

  • Sebastien dit :

    Pour moi il y a deux types de médecins ostéos: d’une part ceux qui, comme moi, emploient l’osteo comme un des nombreux outils à leur disposition, et iOS sont une grande majorité, et ceux qui basculent sur une pratique exclusive ou presque. Pour les premiers un DIU est suffisant, pour les seconds non. Et d’ailleurs la grande majorité des médecins à orientation principale osteopathique suivent des formations complémentaires. Les formations initiales par exemple n’incluent pas l’ostéopathie viscérale et crânienne.
    Dans ma pratique quotidienne, je fais un examen clinique standard, associé à un examen osteopathique orienté pour affiner un peu, et j’associe les thérapeutiques classiques à un traitement osteopathique, le plus souvent fonctionnel (sans manipulation à proprement parler, sauf pour les dorsalgies hautes ou les manipulations sont rapides et efficaces). J’y associerai aussi l’hypnose dès que je serai formé, puis d’autres outils. Pas besoin de faire 4000 heures pour ca, je sais par ma formation medicale reconnaître un patient qui ne doit pas être manipulé et par ma formation osteopathique les limites de ce que je suis capable de faire.
    Un ostéopathe « ni-ni » a dans sa formation toute une partie de physio, anat, sémiologie (les « drapeaux rouges »), … Cela représente un volume d’heure important, et il est logique que le médecin en soit dispensé vu que c’est sa formation principale. En revanche la formation ni-ni est plus poussée sur le viscéral et le crânien, ainsi que sur le périphérique surtout par rapport à l’école française (l’école anglo-saxonne est très bien en périphérique).
    Bref comparons ce qui est comparable. Un généraliste (ou un urgentiste dans mon cas) qui utilise l’ostéopathie parmi tout un arsenal de thérapeutiques n’a pas besoin de 4000 heures uniquement en osteo. Un médecin à pratique exclusive de medecine manuelle – ostéopathie a suivi bien plus que les 250 heures initiales, et en plus en général il a fait son stage de 6 mois durant son internat chez un osteo… Il fait bénéficier ses patients de sa double casquette et c’est très bien pour eux. Et pour le même prix qu’un osteo ni-ni.
    Enfin un osteo ni-ni, formé depuis la dernière réforme (avant laquelle le titre d’osteopathe ne garantissait nullement une formation de qualité avec un programme et un volume horaire imposé) est un spécialiste de l’ostéopathie reconnu, et qui a sa place dans le paysage actuel, pour la prise en charge des patients ne nécessitant pas une prise en charge medicale ou en complément de celle ci.
    Quand on est une femme en bonne santé qui veut se faire suivre sur le plan gynécologique on va chez une sage femme, quand on bascule dans la pathologie on va chez un gynécologue. C’est pareil pour l’ostéopathe. Quand on n’a pas besoin de voir un médecin on va chez l’ostéopathe ni-ni, sinon on va chez le médecin. Mais le gynécologue et le medecin osteo peuvent remplacer la sage femme et l’ostéopathe, pas l’inverse

    • La Patiente dit :

      Bonjour,

      Merci d’avoir partagé votre point de vue. Qui est entièrement personnel et subjectif, au même titre que le mien. L’ostéopathie que vous décrivez est pour ma part est celle qui ne m’intéresse pas. Cette médecine va pour moi bien au-delà de simples techniques fonctionnelles, ou encore de manipulations « rapides et efficaces ».
      Votre commentaire me fait penser à ce qu’une amie médecin à l’habitude de me dire (sur le ton de la boutade) « un médecin généraliste connait presque rien sur presque tout, alors qu’un spécialiste connait presque tout sur presque rien ». Pour ma part je préfère voir quelqu’un qui considère l’ostéopathie comme une médecine à part entière et a intégré sa philosophie, plutôt que quelqu’un qui a intégré seulement certaines de ses techniques, en en écartant à mon sens, l’essence même de cette médecine. Notamment sur l’approche globale du patient.
      Mais il en faut pour tout le monde. Et j’imagine que pour certains patients, voir un médecin/ostéopathe/bientôt hypnothérapeute est une bonne chose. Ça n’est pas une vision que je partage. Mais je n’énonce pas mon point de vue comme une vérité générale, mais bien comme un simple point de vue, qui m’est propre et personnel.

      • Sebastien dit :

        C’est bien pour cela que je distingue les médecins comme moi qui intègrent la medecine manuelle à leur arsenal thérapeutique et les « vrais » osteos. Je n’ai pas le temps en consultation de medecine d’urgence de faire une vrai prise en charge osteopathique. J’ai très bien intégré la philosophie de l’ostéopathie, et c’est bien pour cela que je sais que je ne peux pas en faire aux urgences. En revanche je sais que les techniques d’osteopathie me permettent de soulager quelqu’un rapidement et avec bien moins de médicament qu’avant. Je ne met presque jamais de perfusion aux patients venant pour cervicalgie ou dorsalgie depuis que je me suis formé en osteo. Je soulage les gens par des techniques manuelles puis je leur conseille de voir un osteo pour une prise en charge complète, puisque je sais qu’en ayant agit uniquement localement sans bilan complet et sans avoir identifié l’origine du problème il reviendra inévitablement. C’est aussi pour cela que je limite au maximum le structurel, afin de ne pas limiter les possibilités de manipulations par l’ostéopathe qui passera derrière moi. Très souvent pour une prise en charge rapide le traitement osteopathique général est suffisant. Depuis que je me suis formé à la medecine manuelle j’ai redécouvert le plaisir de toucher les patients et de soigner avec mes mains, renouant avec l’essence de ce métier. les autres thérapeutiques complémentaires me permettront de réduire encore mon utilisation de médicaments aux effets secondaires parfois importants (nous commençons à faire des gestes sous hypnose, sans utilisation de sédation, sans meme de perfusion, ce qui simplifie grandement la prise en charge et améliore le vécu du patient).
        Permettez cependant que je vous dise que je trouve votre vision de la medecine réductrice. Un medecin généraliste ouvert aux thérapeutiques complementaires (désolé je ne trouve pas de terme plus adapté et médecine parallèle me paraît condescendant, parallèle signifie que l’on ne doit jamais se rencontrer) pratique une medecine qui ne vous intéresse pas. Mais c’est le propre du généraliste de s’intéresser à tout et de pouvoir offrir à son patient le panel le plus large possible de possibilités thérapeutiques. Comme c’est le propre du medecin de façon générale de chercher à soigner ses patients de la meilleure façon possible. Alors si la medecine manuelle et d’autres techniques sont de nature à améliorer cette prise en charge pourquoi s’en priver?

        • La Patiente dit :

          Bonjour,

          Je vous invite à ne pas dénaturer mes propos.
          D’une je n’ai rien contre qui que ce soit. Ni les médecins, ni les kinés. Mon médecin de famille est génial, et j’ai une confiance aveugle en elle.
          Un médecin généraliste ouvert à d’autres thérapeutiques complémentaires pour reprendre vos termes, est à mon sens très certainement un très bon médecin. Simplement car il fait preuve d’une ouverture qui nous est profitable à nous patient. Et je ne parle pas là d’une ouverture à l’ostéopathie ou à d’autres médecines, mais bien d’une ouverture d’esprit générale.

          Permettez moi aussi de signaler le revirement de vos propos entre votre 1er et 2nd commentaire. Dans le 1er vous indiquez que « vous savez », que « vous êtes capable », et que vous « n’avez pas besoin ».
          Dans votre 2nd commentaire vous indiquez « Je soulage les gens par des techniques manuelles puis je leur conseille de voir un ostéo pour une prise en charge complète, puisque je sais qu’en ayant agit uniquement localement sans bilan complet et sans avoir identifié l’origine du problème il reviendra inévitablement ».
          Donc nous en revenons au fait que vous n’êtes PAS capable, que vous ne savez PAS, et que vous auriez eu BESOIN. Je parle bien d’un point de vue de l’ostéopathie, et non pas de la médecine.

          Vous êtes très certainement un très bon médecin, mais vous n’êtes pas à mon sens un ostéopathe. Puisque vous dites vous même que vous devez renvoyer le patient à ostéopathe après.
          Ne vous méprenez pas, je ne le dis pas de manière négative, bien au contraire. En tant que patiente je serai ravie de tomber sur vous le jour où j’ai besoin de voir un médecin, vraiment. Mais je ne viendrai pas vous voir lorsque j’aurai besoin de voir un ostéopathe. Et c’est seulement là le sens de mes propos, qui n’engage encore une fois, que moi.

  • bourguet dit :

    En fait l historique est tres mauvaise. L’ostheopathie se pretend a meme de soigner. C’est l apanage exclusif du medecin en france ainsi l ostheopathue a toujoyrs en france ete reserve aux medecins jusqu a ce que certaines personnes decident de pratiquer l’ostheopathie en france sans etre ni l’un ni l’autre puisque la formation d ostheopathe n existait pas
    Ils ont ensuite exerce pendant 10 ans de facon illegale sans aucune formation validee.
    Expulsant par leur nombre la pratique des medecins et chassant les kines de la pratique des maneuvres de chiropraxie (egallement illegale a tout non medecin)
    Depuis octobre 2015, de nombreuses ecoles ont fermees suit a la publication d’un contenu a valider durant les etudes. Les osteo « diplomes » par ces ecoles ont bien entendu conserves leurs diplomes.l osteo exclusive peut se defendre, le kine ou le medecin qui debloque une articulation vertebrale aussi.
    Ne criez pas non plus a la manipulation des puissants kine et osteo qui ont vu un filon.
    Ils repondebt a un besoin egalement et ont TOUS le merite d une formation validee

    • La Patiente dit :

      Bonjour,

      Pour commencer, sachez que je ne crie pas mais exprime un point de vue qui m’est personnel.
      Je ne partage pas votre avis sur le fait que les kiné ou médecin à double casquette répondent à un besoin.
      Quant aux kinés qui auraient une formation validée, j’ai envie de dire « laissez moi rire ». Pour en connaître certains kinés, qui cet été suite à la publication des décrets encadrant la formation des ostéos se sont retrouvés à finir leur formation de manière express avant que leur organisme ne perde leur agrément à la fin du mois, pour moi que leur formation soit validée n’a pas d’autre valeur que le chèque qu’ils ont signé pour la faire.
      Votre commentaire sur les ostéos diplômés d’écoles ayant perdu leur agrément s’applique aussi pour les kinés. Et il ne faut pas oublier qu’après la publication des ces décrets certaines écoles ont conservé leur agrément. Car elles formaient correctement leurs étudiants.

    • UnautrePhilippe dit :

      Bourguet, connaissez-vous réellement l’ostéopathie? Pour être ostéopathe et avoir été kinésithérapeute, cotoyer et avoir cotoyé de nombreux ostéopathes issus d’un ancien cursus para-médical ou de formation post-bac, aucun ne prétend soigner de maladie, pathologie parmis les personnes que j’ai rencontrées. Malheureusement, et j’ai envie de dire comme dans tous les corps de métiers dont le monde (para)-médical n’est pas exclu, il existe des personnes peu responsables, peu professionnelles, qui ne connaissent pas leurs limites. Mais elles ne doivent pas caractériser une profession.
      Certes les premiers ostéopathes en France étaient médecins et kinésithérapeutes, ils ont tous aussitôt cessé leur activité primaire pour se tourner exclusivement vers l’ostéopathie.
      Les kinésithérapeutes n’ont jamais été expulsés, comme vous le dites, des études et de la pratique en ostéopathie mais ont voulu faire l’amalgame entre des techniques de thérapie manuelle visant à « faire craquer » une articulation (avec le discours de remettre en place qui n’interpelle personne bizareement dans le monde médical???? Pour avoir assisté à une autopsie, j’ai du mal à concevoir qu’une vertèbre se déplace impliquant une perte des raports articulaires donc (sub)luxation sans lésion d’une racine nerveuse ou de la moelle….Vous vous utilisez « débloque », ce qui me semble plus juste, mais pourquoi cette articulation est-elle bloquée?
      S’ils avaient suivi le concept de leurs pairs et pères, ces professionnels de santé auraient eu aujourd’hui une place de choix dans le paysage ostéopathique. Malheureusement, ils ont voulu faire un amalgame et un raccourci entre deux pratiques avec le résultat que nous constatons.

  • Fort.bloque dit :

    Je crois que vous méconnaissez la formation à temps partiel des kinésithérapeutes pour devenir osteopathe… Et encore plus la quantité de pratique qu il réalise entre 2 stages sur leurs patients ( ni le programme de formation pour devenir kine …)
    Des écoles à temps pleins, à cause du surnombre d étudiants, ne peuvent remplir les cliniques et les étudiants sortent sans pratiques. Donc je préfère un osteo bon en pratique qu un osteo qui a la tête farcie de connaissance mais incapable de manipuler

    • La Patiente dit :

      Bonjour,
      Donc selon vous un kiné qui pratique pour s’entraîner sur ses patients entre 2 stages d’ostéopathie est une bonne chose ? Une bonne chose pour qui ? Nous patients ?
      Mais bien sûr.
      Après remarque, j’imagine que quand un kiné s’entraîne à l’ostéopathie sur ses patients il ne le facture pas comme de l’ostéopathie, mais comme une séance de kiné normale, puisqu’il n’est pas encore ostéo. Donc on s’en fout, c’est la Sécu qui paye ! Sauf que d’une c’est interdit, et de 2, la Sécu c’est financé par le contribuable, donc par nous patients (entre autre).
      Si on suit votre raisonnement on finance l’incompétence (en ostéopathie) de kinés en formation, tant financièrement qu’avec notre santé.
      Et nous devrions le faire avec le sourire ?

  • bourguet dit :

    Je me suis mal exprime mea culpa.
    Je souhaitais preciser que les medecins ne se sont pas engouffres dans la mode des osteo apres que la pratique soit devenus « a la mode » mais etaient depuis toujours les seuls professiones autorises a exercer la medecine osteopathique puisque c’est une medecine a part entiere.
    Le patient consulte son therapeute qui, seul est a meme de decider ce qu’il doit peut faire

    a un kine ou d autres therapie para medicale soumise a prescription)
    Et oui l ostheopathe pretend guerir par le retablissement des fonctions biomecanique, la ou l ergotherapeut cherche a redonner la fonction (pour ne pas toujours opposer les kines)
    Et je ne defends absolument pas les kines ou autres ayant beneficier des formations osteopathique au rabais mais justement denoncaient ces formations au rabais qui concernent beaucouo d osteo.
    Rares so
    nt les osteo bien formes puisque ces pseudo formations etaient moins longues, moins cher (quoique) et bien plus nombreuses et ont donc noyer par le nombre les quelques uns bien firmes qui n’ont guere que le bouche a oreille pour etre reconus.
    Un kine devrait a mon sens pouvoir pratiquer certaines therapies manuelles necessaire a son efficacite sans pour autant marcher sur les plates bandes de l osteopathe
    Et un bon osteo effectivement ne devrait pas etre obligatoirelent ni medecins ni kine et surtout
    Ni hypnotiseur/accupuncteur…

  • Marc S dit :

    Bonjour à toi l’ostéopathe qui se cache derrière le pseudo « La patiente » ( oui tu ne trompes personne et ton acharnement à défendre les « ninis » est assez risible) Quel patient s’evertuerait à essayer de comprendre et à défendre une situation bien plus complexe que celle décrite dans le post ?

    Déjà il y a des bons et des mauvais ostéopathes (dédicace aux inconnus) et je vous rejoins sur le fait qu’on ne fait pas de l’ostéopathie à la va vite et systèmatisée. Mais ceci est totalement indépendant du statut d’ostéopathe exclusif ou pas.

    De plus certains commentaires l’ont déjà signalé mais la formation des ostéopathes a longtemps été un grand n’importe quoi (cautionné par les autorités compétentes) et un grand nombre de « professionnels » ont ainsi été formé et ont obtenu un titre sans grande valeur au final.

    Quant à la perte des agréments pour certaines écoles il est bon de rappeler que ce sont d’abord pour des critères d’organisation et administratifs que sur le contenu des enseignements qui n’est toujours pas uniformisé.

    Du coup comme il a été dit plus haut le meilleur moyen de trouver un bon ostéopathe reste le bouche à oreille. Bien que l’approche d’un professionnel ne conviennent pas forcément à tous les profils de patient.

    Il faudra également faire le ménage dans les pratiques ostéopathique afin de tendre vers quelque chose d’un peu plus justifier scientifiquement ça permettra de balayer les charlatans.

    Bref c’est moche de tenter de se faire de la pub en cassant du sucre sur le dos de ses confrères.

    Marc S.
    Masseur kinésithérapeute
    Ostéopathe
    Thérapeute Manuel

    • La Patiente dit :

      Bonjour Marc,

      Vous faites erreur. Il vous aurait fallu à peine 5 minutes de temps pour me retrouver sur le web, le temps, environ qu’il vous a fallu pour rédiger ce commentaire.
      Mais forcément, une patiente qui a un point de vue qui ne va pas dans votre sens, c’est un ostéo qui cherche à se faire de la pub. N’ai-je pas le droit d’avoir un avis sur les personnes à qui je confie ma santé ? N’ai-je pas le droit de le partager ?
      Difficile de discréditer mon point de vue alors qu’il n’est que personnel.
      Vous parlez d’acharnement, j’ai envie de sourire. Mes prochains articles ne vont pas vous plaire non plus. Je vous dis à lundi prochain. Je vous embrasse (nous qui sommes devenus si proches suite à votre tutoiement).
      La Patiente 😉

  • julien dit :

    Bonjour,
    Tout d’abord l’ostéopathie n’est pas, à mon sens, une médecine mais une discipline paramédicale au même titre que la kinésithérapie. Même s’il sont des consultants de première intention, ils restent quand même loin d’avoir les compétences d’un médecin d’un point de vue diagnostic, ce que certains oublient… Je suis kiné et j’ai effectué une formation complémentaire en Ostéopathie en 5 ans en temps partiel, à raison de 2000 heures de formation. Je pense que les 2000 heures « manquantes » sont largement compensées par ma formation initiale où l’on m’a tout aussi bien enseigné l’anatomie, la biomécanique, les différentes pathologies que l’on risque de rencontrer… En ça je ne pense pas que ma formation soit moins bonne qu’un « ni-ni ». Je reconnais cependant que ce complément de formation est un plus et qu’il pallie certains manques de la kinésithérapie. Par ailleurs vous savez que ce qu’il y a de plus formateur dans nos métiers, c’est la pratique ! Or vous n’ignorez pas que la majorité des ostéopathes qui débutent, a de sérieux problèmes pour remplir son agenda, contrairement à un kiné qui a un agenda plein, et pourra pratiquer quotidiennement pour affiner sa main. A condition qu’il fasse de vraies séances d’ostéopathie, et pas « un peu d’ostéopathie dans ses séances de kinésithérapie » bien sûr. Tout ça pour dire mon désaccord avec votre idée qu’un exclusif est mieux que quelqu’un qui a deux compétences ( ce qui est profondément illogique puisque c’est en cumulant les savoirs et les compétences que l’on s’améliore !!), et que ça relève de la mauvaise foi de dire que kiné – osteo sont aussi proches que gyneco – dentiste. Dommage d’opposer les professionnels quand ils pourraient travailler ensemble.

    • La Patiente dit :

      Bonsoir,
      Pour commencer que vous exprimiez votre désaccord est une chose, maintenant il serait bon de prendre un peu de recul sur votre opinion, et de réaliser qu’elle n’engage que vous, tout comme la mienne. Ce que vous considérez comme « illogique » ou de la « mauvaise foi » n’en reste pas moins mon opinion. Et votre raisonnement me semble tout à fait aussi illogique et de mauvaise foi que le mien.
      C’est en cumulant les savoirs et les compétences que l’on s’améliore, je vous rejoins sur ce point là. Votre formation en ostéopathie vous a certainement aidé à combler les lacunes dont vous parlez, et fait de vous un meilleur kiné, je n’en doute pas. Après, que vous affirmiez que cela fait de vous un meilleur ostéopathe qu’un ostéopathe cela reste votre humble (?) opinion.
      De mon côté je n’oppose pas les professionnels, je pense que tous les thérapeutes devraient au contraire faire preuve de davantage d’échange dans notre intérêt à nous patient. Pour autant, je n’irai pas voir un kiné ostéo pour une consultation d’ostéopathie, mais pour une consultation de kiné, pourquoi pas.
      Pour terminer, que votre cabinet soit plein est très certainement une bonne chose, par contre je ne vois pas en quoi cela vous permet d’affiner votre main sur les techniques d’ostéopathie.
      A moins que vous fassiez partie de ces kinés qui font de l’ostéopathie et font passer cela pour des séances de kinés pour que les patients soient remboursés par la Sécu ? Sinon je ne comprends pas votre raisonnement.

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