0% lus

Mon ostéo me fait craquer, et si je vous vois venir en ce jour de la St Valentin, autant vous le dire de suite, vous êtes à côté de la plaque.

Non mon ostéo et moi ça n’est pas le big love.

En fait, pour être exacte, je devrais dire “parfois mon ostéo me fait craquer”.
Parce que comme pour les antibiotiques, ça n’est pas automatique.
Parfois entre nous c’est aussi viscéral, comme je vous l’expliquais ici (Mon ostéo et moi c’est viscéral).
Mais parfois, quand c’est nécessaire il me fait craquer. Au sens propre. Explication.

Mon ostéo me fait craquer. Parfois.

Ma première fois

Je dois vous avouer qu’au début j’étais plutôt réticente.
Me faire craquer moi, sans vraiment trop le vouloir, ok. Mais que quelqu’un d’autre le fasse, intentionnellement, bof.

Puis autant être honnête, quand un ostéopathe nous fait craquer, on a quand même cette légère appréhension, qui se traduit par cette question tout à fait légitime : sait-il vraiment ce qu’il fait ?

Parce qu’il a beau avoir toute l’assurance du monde, à cet instant j’ai une confiance en lui qui est proche de 0.
Parce qu’après tout, s’il se plante, et que je me retrouve paraplégique, c’est ma vie à moi qui est foutue, pas la sienne.

Il est pas bête mon ostéo, il voit bien qu’il y a comme un malaise.
Et je ne dois pas être la première à ne pas avoir l’air serein quand il m’explique qu’il va me faire craquer.
Comme il est patient mon ostéo, il m’explique pourquoi il va me faire craquer, et comment.

Il me demande si je suis ok, parce qu’il est pas du genre à imposer quoi que ce soit, et je sais que je peux dire non.
Mais après tout il l’air de penser que cette fois, me faire craquer pourrait m’être utile, alors pourquoi pas ?

1,2,3 !

Il me dit qu’il va compter jusqu’à 3 et qu’il me fera craquer ensuite.
Là, je ne sais pas pourquoi je repense aux fois gamine où mes parents devaient compter jusqu’à 3, et s’arrêtaient avant.
C’était rarement pour une raison plaisante. Une dent à arracher, un vélo sans roulette à conduire, et ils se sentaient à l’aise de gruger une seconde “pour mon bien”.

J’en arrive à la conclusion que si lui aussi me fait un coup du genre, c’est terminé, il ne me reverra jamais. Déjà gamine ça me gonflait, adulte, c’est non.

Le décompte commence, et à 2 je peux vous dire que je me suis déjà faite à l’idée de finir ma vie en fauteuil roulant.

A 3, comme prévu, il me fait craquer.

Et rien. Il ne s’est strictement rien passé. Je ne suis pas bloquée. Le monde ne s’est pas arrêté. Rien.

Déjà il a réellement compté jusqu’à 3, et rien que pour ça il vient de gagner des points.
Du coup quand il me demande si ça va, j’ai envie de rire.
Parce que oui ça va, vu qu’il ne s’est rien passé, ou pas grand chose. Enfin si, il m’a fait craquer, mais ça n’a rien de plus traumatisant que quand mon cou craque tout seul quand je tourne la tête, ou quand je fais craquer mes doigts. Sauf que là, ça soulage vraiment.

Mon ostéo il a ça de bien que c’est pas le genre à vous proposer de faire crac crac à tout va pendant une heure durant.
C’est plutôt le genre à vous le proposer seulement quand ça a un vrai intérêt. Et si vous dites non, il fait différemment.

Il n’empêche qu’à chaque fois que ça arrive, je me pose toujours la question de savoir s’il va se planter ou non. Même si ça se passe toujours bien.

Et vous, votre ostéo, il vous fait craquer ?

La Patiente

La Patiente

Author La Patiente

Chroniques inexactes, point de vue subjectif et tranches de vie d'une patiente (impatiente) qui n'aime pas perdre son temps dans les salles d'attente.

More posts by La Patiente

Leave a Reply