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Votre enfant est en plein pic de croissance et il se plaint de douleurs aux genoux ? Votre adolescent, particulièrement sportif, remarque un bleu douloureux s’étant développé en dessous de sa rotule ?

Il pourrait s’agir de la maladie d’Osgood-Schlatter, une inflammation relativement douloureuse au niveau du genou, causée par l’atteinte du cartilage.

On l’appelle parfois aussi, à tort, Osgut Slater et ce trouble est essentiellement bénin à condition de consulter et d’adopter les bons gestes.

Mais quelles sont les causes d’apparition de ce trouble ? Comment éviter qu’il ne s’aggrave ? Votre ostéopathe peut-il recevoir votre enfant en consultation et soulager ses douleurs aux genoux ? Quelles sont les limites de l’ostéopathie dans la prise en charge de la maladie d’Osgood-Schlatter ? C’est tout le sujet de cet article !

Osgood-Schlatter, cette « maladie de croissance »

Ce syndrome a été décrit pour la première fois en 1903 par deux auteurs, l’un Anglais, Osgood, et l’autre Allemand, Schlatter. C’est un trouble que l’on rencontre dans la majorité des cas chez l’adolescent particulièrement sportif, mais il peut également se manifester à l’âge adulte.

Il s’agit d’une atteinte osseuse de genou, médicalement désignée comme une « épiphysite de croissance de la tubérosité tibiale antérieure du genou » ou encore une « ostéochondrose tibial antérieure ». On parle d’ostéochondrose ou d’ostéochondrite lorsque la croissance d’un os ou d’un cartilage est troublée.

Dans le cas de la maladie d’Osgood-Schlatter, cette anomalie de croissance concerne la tubérosité tibiale antérieure (ne vous inquiétez pas, on y vient !)

Le point anatomie

Le genou est composé du fémur et du tibia et il est relié en avant par la rotule, une articulation faisant le lien par le système musculaire puissant qu’est le quadriceps !

D’autres éléments viennent stabiliser le genou, comme les ligaments à l’intérieur (les fameux ligaments croisés) et à l’extérieur (les collatéraux) mais aussi des muscles qui permettent d’exécuter les mouvements comme les ischio-jambiers, à l’arrière.

La tubérosité tibiale antérieure quant à elle se trouve à l’avant du tibia, sur sa partie supérieure, zone sur laquelle vient s’insérer le tendon rotulien (et qui permet en partie l’extension du genou avec l’aide des muscles ci-dessus cités).

Cette zone particulièrement complexe peut facilement être mise à mal, et c’est notamment le cas dans le syndrome rotulien ou encore la maladie d’Osgood-Shlatter chez les plus jeunes.

Les symptômes de la maladie d’Osgood-Shlatter

Le premier symptôme caractéristique de la maladie d’Osgood-Schlatter est une douleur ressentie au niveau de la partie antérieure du genou, sous la rotule. Notez que dans 25 à 30 % des cas, l’atteinte est bilatérale (elle concerne les deux genoux). On parle aussi souvent de « douleurs de croissance ».

Les douleurs aux genoux chez l’enfant et l’adolescent

Votre adolescent ou enfant pourrait alors se plaindre de douleurs lorsqu’il marche, qu’il emprunte les escaliers, lorsqu’il court mais aussi et surtout pendant sa pratique sportive. Notez que les douleurs causées par la maladie d’Osgood-Schlatter peuvent être particulièrement intenses.

Dans certains cas, le genou de votre enfant peut devenir rouge, enflé et une tuméfaction (un bleu) ou encore une petite bosse peuvent apparaitre sous sa rotule. La flexion et l’extension du genou sont alors particulièrement douloureuses.

Les douleurs aux genoux chez l’adulte

Parfois, des séquelles de la maladie d’Osgood-Schlatter peuvent persister jusqu’à l’âge adulte, se traduisant généralement par une douleur inhabituelle au genou. Il est alors préférable ici de consulter afin de différencier ce trouble d’une entorse du ligament latéral interne par exemple.

💡Bon à savoir

Notez que ce syndrome peut se manifester de la même manière au tendon d’Achille (le tendon qui relie l’un des os du pied au muscle du mollet). On parle alors dans ce cas de la maladie de Sever.

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Quelles sont les causes d’apparition de la maladie d’Osgood-Shlatter ?

Plusieurs causes et théories sont évoquées dans la maladie d’Osgood-Schlatter, mais il semblerait qu’elle soit principalement causée par une sursollicitation ou une fragilité particulière au niveau du cartilage présent dans cette zone.

Les causes des douleurs de croissance au genou

Il pourrait s’agir en effet d’une croissance trop rapide des tendons et des ligaments par rapport au cartilage de l’os. Les tendons sont alors très sollicités (et particulièrement lors de la pratique sportive) et notamment au niveau de la cuisse.

Cela provoque un étirement inévitable du cartilage dit « de croissance » (car chez l’enfant, l’os est d’abord du cartilage pour lui permettre de grandir et de se modeler en grandissant).
Et cet étirement crée alors des micro-fractures du cartilage et c’est lorsque la cicatrisation ne se fait pas correctement que cela peut venir créer une excroissance de l’os.
Les sports demandant une impulsion d’extension du genou (comme le basket, le foot ou encore la course à pied) sont des facteurs augmentant généralement l’apparition de ce syndrome.

Qui est le plus touché par la maladie d’Osgood-Shlatter ?

Elle touche environ 4% de la totalité des adolescents. Il s’agit de la maladie de croissance la plus fréquente, avec une prévalence chez les garçons (3 à 4 garçons pour 1 fille).

Elle concerne environ 20% des adolescents sportifs. Les jeunes sportifs entre 8 et 14 ans semblent en effet être particulièrement touchés, étant en plein pic de croissance.

Douleur de croissance au genou : le diagnostic de la maladie d’Osgood-Shlatter

Le diagnostic est essentiellement clinique. Le médecin procède alors à une série de tests afin d’orienter son diagnostic :

  • Il vient rechercher une tuméfaction en bas de la rotule ainsi qu’une légère bosse douloureuse (il s’agit de l’excroissance de la tubérosité tibiale)
  • Il procède à la palpation de la tubérosité tibiale, qui est alors douloureuse
  • Il vient confirmer la douleur mécanique au niveau de la tubérosité (notamment quand votre enfant ou ado marche, s’accroupit ou s’agenouille), douleur pouvant remonter vers la rotule
  • Il vient vérifier si le repos atténue la douleur et si l’appui sur un pied est douloureux
  • Il effectue des tests dits « de provocation », en mobilisant le genou en flexion forcée, résultant en une augmentation de la douleur

Examens complémentaires

La radiographie du genou n’est pas indispensable mais peut être réalisée lorsqu’un doute subsiste. Cela permettra notamment d’écarter une fracture par arrachement, une bursite, ou encore une tumeur.

Maladie d’Osgood-Shlatter : quel traitement ?

Dans la majorité des cas, c’est le repos qui est conseillé au jeune sportif (et ce repos peut être parfois difficilement accepté, notamment si votre enfant est accro au sport). Parfois, des soins en kinésithérapie peuvent être proposés pour une récupération active.

Lors de la phase aiguë (douloureuse) de la glace doit être appliquée pour réduire l’effet de l’inflammation du tendon.

Maladie d’Osgood-Shlatter : l’opération chirurgicale est-elle nécessaire ?

L’opération chirurgicale pour la maladie d’Osgood-Schlatter reste exceptionnelle. C’est notamment chez l’adulte, lors de séquelles, que la chirurgie peut être envisagée.

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Maladie d’Osgood-Shlatter : quel traitement naturel ?

Il peut être intéressant d’emmener votre enfant ou adolescent en consultation chez un ostéopathe dans le cas de la maladie d’Osgood-Schlatter.

Maladie d’Osgood-Shlatter et ostéopathie

L’ostéopathe sera en effet un vrai allié dans l’accélération du processus de guérison et permettra aux jeunes sportifs de récupérer plus rapidement. Et en plus de réduire la contrainte et les douleurs, l’ostéopathe pourra identifier et soulever les tensions liées aux déséquilibres que la maladie peut provoquer.

Que fait l’ostéopathe dans la prise en charge de la maladie d’Osgood-Shlatter ?

Agir en premier lieu sur les douleurs aux genoux

Souvent l’adolescent aura sur sollicité son genou durant l’activité sportive, et la douleur ne se calmera plus entre les entraînements.
Le premier soin d’ostéopathie aura en partie un but antalgique, c’est-à-dire de calmer la douleur. Cela permettra aussi de faire un état des lieux des lésions osseuses des genoux, cartilagineuses, tendineuses et musculaires, et ainsi de les soigner au besoin.

Traiter les déséquilibres

Les douleurs aux genoux peuvent causer des déséquilibres directs sur le corps entraînant des douleurs à distance, nous en voyons souvent à la nuque, au milieu ou en bas du dos au niveau des lombaires ainsi qu’au bassin ou aux chevilles.
Mais ces déséquilibres, que l’on peut aussi qualifier de tensions ou blocages, venant de ces mêmes zones dans le corps précédemment citées peuvent forcer les genoux à compenser leurs positionnements pendant les différents mouvements (comme la marche par exemple) et exacerber leurs douleurs déjà présentes.
L’étude de potentiels déséquilibres se fait donc sur l’ensemble du corps et ne se limite pas simplement au dos. La tête, les viscères (au niveau du ventre), le bassin et les membres supérieurs seront donc aussi examinés et traités au besoin.

Combien de consultations prévoir ?

Pour soigner la pathologie d’Osgood Schlatter il faut en général plusieurs soins, 2 à 3 peuvent être nécessaires. Mais comme pour tout motif de consultation il faut prendre en compte les autres facteurs présents.
En effet si vous présentez des douleurs plus anciennes, non liées à la pathologie d’Osgood Schlatter comme des maux de tête, une lombalgie, une dorsalgie (scoliose, maladie de Scheuermann), ou autre, il faudra aussi se pencher sur ces sujets afin de vous permettre de retrouver un état de santé global.

Ensuite le suivi se fera régulièrement en fonction de l’évolution de la maladie d’Osgood Schlater. Un soin par trimestre peut être nécessaire afin d’entretenir le traitement, mais cette fréquence de consultation reste à adapter en fonction de l’évolution de la maladie.

Reprise de la pratique sportive

Le repos sportif est une nécessité. Il reste néanmoins possible de continuer les entraînements si le coach ou entraîneur, ainsi que l’équipe médicale vous donnent leur feu vert.

S’il est possible de continuer l’activité sportive, il faudra néanmoins veiller à réduire l’impact sur les jambes, et diminuer les contraintes pour préserver les genoux.
Le travail technique sera alors à privilégier : des entraînements adaptés qui évitent la répétition de gestes potentiellement traumatisant pour le genou.

Il semble très important de responsabiliser le sportif adolescent sur ce point, car il faut comprendre que sa croissance se faisant, insister sur la douleur peut jouer contre son rétablissement, provoquer un handicap plus long et diminuer ses performances futures.
Alors qu’entreprendre une adaptation de l’entraînement peut lui permettre de rester performant sans perdre du niveau, et même en gagner une fois ce passage de sa croissance terminé.

Il est important, qu’il s’agisse d’un enfant, ou de vous même, que vous puissiez garder une activité physique, souvent source de motivation, et de plaisir, et donc utile à un équilibre global.
La pratique sportive est aussi souvent un moment de partage collectif, qu’il s’agisse d’un sport collectif, ou d’une pratique individuelle dans laquelle les entraînements peuvent être réalisés entre amis, ou collègues. Garder ce lien social, dans un moment parfois jugé difficile physiquement et émotionnellement est important.

En parallèle l’ostéopathie sera utile durant la période d’adaptation de l’entraînement, et ce avant même que des douleurs ou une sensibilité ne se manifestent.

À partir du moment où les tests médicaux deviennent négatifs, c’est à dire qu’ils ne provoquent plus de douleurs (voir plus haut dans l’article), il peut alors être envisageable de progressivement reprendre l’entraînement saisonnier normal.

Maladie d’Osgood-Shlatter : quelles sont les limites de l’ostéopathie ?

Si la prise en charge du syndrome d’Osgood Schlatter par un ostéopathe est efficace, l’ostéopathie ne “soigne” le syndrome. L’ostéopathe peut en revanche venir réduire les contraintes directes sur le genou et réduire la douleur, travail pouvant être effectué en synergie avec celui d’un kinésithérapeute.

Lorsqu’à l’âge adulte, la maladie a laissé des séquelles et que la chirurgie est alors nécessaire, l’ostéopathe peut intervenir après l’opération afin de venir optimiser le processus de cicatrisation.

Nos conseils

Si votre enfant se plaint de douleurs aux genoux, ne laissez pas traîner.
Apposez des glaçons entourés dans une serviette lorsque son genou est particulièrement douloureux.
Proposez-lui des activités en remplacement du sport, le repos nécessaire à la guérison pouvant être difficilement acceptable pour l’enfant ou l’adolescent.
Lors de la reprise du sport, le port d’une genouillère rotulienne peut aider. La question de la reprise d’une activité sportive et du port d’une attelle restent à discuter directement avec votre médecin.

Cabinet B - Ostéopathie

Une équipe d’ostéopathes diplômés au sein d’écoles agréées par le Ministère de la Santé

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Cabinet d'ostéopathie à Toulouse, regroupant des ostéopathes aux spécialités diverses, tous animés par la volonté de créer une véritable relation de confiance avec leurs patients.

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