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Cette affection est méconnue et pourtant relativement fréquente chez les français. La pullulation bactérienne chronique de l’intestin grêle, plus communément appelée SIBO (pour ​Small Intestinal Bacterial Overgrowth), est un déséquilibre bactérien causant bien des symptômes désagréables.
Ballonnements, gaz, douleurs abdominales, épisodes de constipation et de diarrhée : si les manifestations du SIBO sont souvent confondues avec d’autres troubles du système digestif comme la colopathie fonctionnelle, il nécessite une prise en charge bien spécifique.
Mais comment différencier le SIBO d’un autre trouble ? Quelles sont les causes derrière ce déséquilibre bactérien ? Existe-t-il des facteurs de risques ?
Nous faisons aujourd’hui le point sur le trouble des hyperballonés, le fonctionnement de l’organisme et les solutions naturelles pour pallier à ce trouble et rendre au microbiote toutes ses fonctions.
Retrouvez ici, un article complet dédié à l’apport de la prise en charge du SIBO par l’ostéopathie : ostéopathie et SIBO.

Qu’est-ce que le SIBO ?

On l’appelle pullulation bactérienne chronique de l’intestin grêle ou encore prolifération bactérienne intestinale en Français. Mais le terme anglo-saxon « SIBO » (​Small Intestinal Bacterial Overgrowth) est plus communément utilisé pour définir ce trouble.

Des bactéries nomades

On parle de SIBO lorsque les bactéries du côlon migrent vers l’intestin grêle, autrement dit, là où elles n’ont rien à faire. Et pour saisir ce que cela implique, il convient de comprendre en premier lieu le fonctionnement et l’importance de la flore intestinale.

Le rôle de la flore intestinale

L’équilibre de votre microbiote intestinal (que vous connaissez certainement mieux sous l’ancienne appellation de flore intestinale) est indispensable à la digestion. Mais il joue également un rôle particulièrement important pour le bon fonctionnement du système immunitaire.

Les bonnes bactéries de l’organisme

Votre microbiote est en fait un ensemble de bactéries, de virus et de champignons inoffensifs permettant de faire fonctionner le système digestif et d’assurer la bonne fonction immunitaire. On retrouve ce microbiote dans l’ensemble de votre corps et particulièrement dans le tube digestif, comme au niveau de l’intestin grêle mais aussi et surtout au niveau de votre côlon.

Un microbiote en déséquilibre

On observe parfois un déséquilibre de ce microbiote, et notamment entre l’intestin grêle et le côlon. Une partie de ces organismes migrent du côlon vers l’intestin grêle et ce dernier se retrouve alors avec un excès de bactéries.

Les bactéries du côlon ont un rôle bien spécifique : la fermentation (afin de dégrader les aliments non digérés). Seulement, lorsque ces bactéries en charge de la fermentation au niveau du côlon se retrouvent dans l’intestin grêle, les aliments ou le chyme (les aliments prédigérés) contenus dans celui-ci subissent alors une transformation par les bactéries du côlon.

Cette fermentation des aliments de l’intestin grêle peut alors être asymptomatique chez certains (soit sans symptôme), mais peut créer des troubles digestifs importants chez d’autres.

Les FODMAPS, kezako ?

Un aliment est particulièrement touché par cette fermentation : le sucre, et autant vous dire qu’on le retrouve dans énormément d’aliments.

On parle de ​FODMAPS​ (Fermentable Oligosaccharides Disaccharides Monosaccharides And Polyols), soit en français, les oligosaccharides, disaccharides, monosaccharides et polyols fermentescibles. Pour faire simple, il s’agit de sucres fermentescibles retrouvés dans les fibres alimentaires végétales, le lactose, le fructose, etc.

Ces glucides vont alors se retrouver en fermentation au niveau de l’intestin grêle par l’action de migration des bactéries du côlon. Cette fermentation peut rendre la paroi de l’intestin plus perméable, permettant aux bactéries de migrer vers d’autres zones du corps et de déclencher un effet de réaction de défense du corps contre ses propres organismes.

C’est notamment ce que l’on observe dans le cas de maladies auto-immunes comme la polyarthrite rhumatoïde par exemple.

SIBO : les symptômes

Le SIBO peut alors entraîner des symptômes et troubles digestifs particulièrement importants, et notamment :

  • Ballonnements, ventre gonflé
  • Diarrhée
  • Constipation
  • Flatulences et gaz importants
  • Douleurs abdominales

Les symptômes associés

On associe ce déséquilibre bactérien au sein de l’intestin à d’autres troubles et vous pourriez également souffrir de :

  • Problèmes de fatigue
  • Troubles cognitifs (mémoire défaillante, défaut de jugement, difficultés de raisonnement, etc.)
  • États dépressifs

SIBO : Une affection au lourd impact psychologique

Le SIBO peut être lourd à vivre au quotidien. Premièrement car vous devez être particulièrement regardant quant à ce que vous ingérez. Ensuite car les manifestations de ce trouble peuvent être gênantes et incomprises des proches, comme du corps médical.

L’heure des repas, un moment parfois difficile

Vous attabler et manger peut en effet devenir source d’angoisse et de stress, de peur que certains aliments ne viennent alors augmenter cet effet de pullulation bactérienne. Manger peut devenir un casse-tête.

Un trouble peu visible et souvent incompris

Seulement, cette affection peut parfois être mal comprise de votre entourage. Vos « préférences » alimentaires, votre fatigue et vos troubles cognitifs peinent en effet à faire sens, car il n’existe pas, à première vue, pour une personne non informée, de lien apparent. Cette maladie n’est pas en soi des plus visibles.

Le manque d’information et de connaissances sur cette maladie (dont on ne parle que trop peu) et qui peine souvent à être diagnostiquée, ne font que contribuer à ce sentiment d’incompréhension et pourrait vous donner l’impression d’être un cas à part.

Des symptômes gênants

Les flatulences parfois incontrôlées et le fait de devoir aller aux toilettes très fréquemment (avec la peur de faire du bruit) est souvent source de gêne et peut impacter votre vie sociale, menant parfois à l’isolation volontaire.

Vous avez peut-être pris pour habitude de repérer la localisation des toilettes dès que vous fréquentez un nouvel endroit ou refusez de dîner à l’extérieur, de peur que l’affection ne viennent troubler votre sortie.
Ce type d’appréhension peut vite devenir lourde au quotidien, et nombreux patients atteints de SIBO se limitent dans leurs activités et sorties. Ce constat s’applique d’ailleurs à beaucoup d’autres maladies ou troubles chroniques.

L’impact sur la sphère hormonale

L’intestin, souvent appelé notre second cerveau, est étroitement lié à notre – premier– cerveau (par le nerf vague et de nombreux autres vaisseaux). On retrouve dans les intestins la majorité de la sérotonine fabriquée par le corps, soit la fameuse hormone du bonheur. Du coup, qui dit dérèglement intestinal, dit indéniablement chamboulement hormonal et changements d’humeur, pouvant parfois mener jusqu’à un état dépressif.

L’impact sur la vie intime

Les troubles intestinaux semblent également avoir un impact particulièrement important sur la vie sexuelle. Cela peut très certainement s’expliquer par l’impact sur la sphère hormonale abordé à l’instant, mais pas uniquement.

Il est probable que la gêne psychologique générée par les symptômes vienne altérer votre capacité à « lâcher prise », à vous sentir bien dans votre corps lors des moments intimes sous la couette, mais aussi le reste du temps, impactant alors votre image de vous-même et à fortiori, votre libido.

SIBO et sexualité – Etude

Une étude américaine dévoile que 28% des femmes et 36% des hommes atteints par le syndrome de l’intestin irritable connaissent une baisse de leur libido. Une autre étude nationale, elle, affiche que 27% des personnes souffrant de ce même trouble ont une sexualité altérée.

Parler de la maladie et lutter contre l’exclusion sociale

Il peut être particulièrement difficile de parler de tels troubles. La localisation de l’atteinte et les symptômes gênent, et tout ce qui touche généralement à l’anus et aux excréments reste malheureusement encore tabou. Il est pourtant extrêmement important de pouvoir échanger sur cette affection lorsque l’on en souffre ou au moins d’avoir à sa disposition des ressources pour se sentir moins seul face à cette maladie.

Dora Moutot, jeune femme atteinte de SIBO, parle de celle-ci, de ses symptômes, des diagnostics erronés et de la manière dont elle a, à terme, levé ses complexes autour du sujet, dans un livre écrit avec brio, « À fleur de pet », où elle y relate également l’exclusion sociale provoquée par la maladie.

Quelles sont les causes derrière un SIBO ?

On retrouve plusieurs causes derrière cette prolifération de bactéries et cette atteinte de l’intestin.

Le mécanisme de péristaltisme perturbé

L’intestin grêle doit, entre autres fonctions, faire transiter les aliments de l’estomac vers le côlon. Lorsque le chyme passe de l’estomac à l’intestin (par le duodénum puis l’intestin grêle) celui-ci est acide, exempt de bactéries. Pour faire avancer le bol alimentaire, il utilise un mécanisme de contraction propre aux viscères : c’est ce que l’on appelle le péristaltisme, faisant transiter le chyme.
Mais lorsque le mécanisme de péristaltisme se retrouve perturbé, le chyme n’avance plus et crée une stase. Ce qui augmente ainsi le développement bactérien par la fermentation.
Certaines pathologies, comme des intolérances ou des allergies (et notamment la maladie cœliaque), le diabète sucré ou encore certains médicaments à base d’opiacés provoquent ces fameuses stases.

Des sucres non transformés en totalité

Un excès de sucres (raffinés) peut ne pas s’être transformé totalement. Les résidus créent alors une fermentation dans l’intestin, favorable au développement bactérien.

Un manque d’acidité dans l’estomac

Il est également possible que les bactéries n’aient pas été éliminées en totalité du fait d’une faible acidité de l’estomac. Cette baisse d’acidité est souvent causée par les traitements médicamenteux (comme les inhibiteurs de la pompe à protons par exemple, visant à traiter l’acidité gastrique retrouvée en excès).

Un trouble fonctionnel impactant les sucs digestifs

Un trouble fonctionnel de sécrétion des sucs digestifs peut aussi être à l’origine du développement bactérien. Ces sucs ont en effet pour rôle d’aider à la digestion.

Il peut s’agir :

  • d’un défaut de sécrétion des sucs gastriques (fabriqués par l’estomac),
  • pancréatiques (provenant du pancréas),
  • ou encore biliaires (soit la bile, sécrétée par le foie).

SIBO, existe-t-il un patient type ?

La population française touchée par le SIBO est particulièrement difficile à déterminer, car le diagnostic n’est pas fait systématiquement et d’autres maladies sont recherchées en priorité, comme les MICI ou encore la colopathie fonctionnelle touchant 10 à 15% des Français et dont les symptômes présentent une grande similarité avec le SIBO. Il s’agit alors bien souvent d’un diagnostic par exclusion.

Intestin irritable et SIBO

Les études tendent à montrer qu’il existe un lien entre le SIBO et le syndrome de l’intestin irritable (SII). Mais il n’est pas clairement défini. Se pose alors la question suivante : est-ce le SIBO qui favorise le syndrome de l’intestin irritable ou le manque de motilité et le transit ralenti de l’intestin irritable qui favorise le SIBO ?

Poser le diagnostic du SIBO

Aujourd’hui, le manque d’information et de campagne sur le SIBO empêchent un diagnostic fiable et rapide, cette affection étant souvent confondue avec d’autres troubles digestifs.

Un diagnostic long et difficile

Le SIBO est une maladie encore peu connue, qui peine à être diagnostiquée. Les raisons principales du mauvais diagnostic ? Les symptômes (ballonnements, constipation, diarrhée) présentant une grande similarité avec la colopathie fonctionnelle.

D’ailleurs, dans la plupart des cas, les médecins tendent à diagnostiquer en premier lieu une colopathie fonctionnelle. Simplement car il est très difficile de les différencier à la survenue des symptômes. D’autant plus lorsque l’on sait que l’un peut être à l’origine de l’autre.

Ainsi, lorsqu’il n’existe pas d’atteinte comme un cancer ou encore que la maladie de Crohn est écartée, on diagnostique alors souvent une maladie d’ordre fonctionnel, soit une colopathie fonctionnelle. Mais en soi, il s’agit d’un diagnostic d’exclusion, un diagnostic posé sur la base de symptômes inexplicables.

Les soins mis en place sont alors rarement adaptés du fait du diagnostic erroné.

Des patients en errance thérapeutique

« C’est une intolérance au gluten ». « Vous souffrez de carences », « C’est dû à votre stress ». Ou pire encore « c’est dans votre tête ». Voilà ce que vous pourriez entendre lorsque vous consultez pour la première fois au sujet de ces symptômes.

Aucune cause physique n’est généralement mise en évidence et le diagnostic peut prendre des années à être posé. Pour certains patients, cela peut même prendre 8 à 10 ans pour identifier l’origine de ces troubles. Et bien souvent, cette recherche est faite de manière autonome, en recueillant des informations sur la toile ou encore auprès d’associations de patients atteints de cette même maladie.

Nous vous invitons ainsi à partager cet article et à sensibiliser votre entourage sur le SIBO et ses manifestations.

Comment différencier le SIBO de la colopathie fonctionnelle ?

Afin de faire la différence entre le SIBO et la colopathie fonctionnelle, plusieurs méthodes de diagnostic existent.

Le diagnostic peut se poser en analysant le microbiote de l’intestin grêle. Mais notez que cela reste une technique peu utilisée car elle s’avère être invasive et particulièrement coûteuse.

Le test le plus utilisé (malgré son manque de précision) est le test respiratoire. Il s’agira de recevoir une injection de sucre et de mesurer l’air expiré à l’aide d’un appareil spécifique. Votre médecin vient notamment observer la teneur en hydrogène, synthétisé par la fermentation bactérienne. S’il existe une pullulation au niveau de l’intestin grêle, on détecte l’hydrogène lors de l’expiration.

SIBO : quel traitement ?

Le traitement du SIBO consiste en :

  • l’éviction des facteurs prédisposants, d’où l’importance de pouvoir les identifier correctement,
  • une antibiothérapie (un traitement par antibiotiques) à large spectre,
  • couplé à un suivi nutritionnel spécifique.

SIBO : quel traitement naturel ?

Nous savons que certains traitements médicamenteux sont des facteurs de risques d’apparition du SIBO. En effet, ils peuvent mettre à mal votre flore intestinale. Vous pourriez ainsi être désireux de vous tourner vers des solutions naturelles et non médicamenteuses.

Les médecines alternatives, comme l’ostéopathie, ou encore l’acupuncture permettent souvent de gagner en confort de vie. En atténuant les symptômes du SIBO et en aidant à retrouver un fonctionnement optimal du tube digestif et du transit.

L’idéal étant de trouver une synergie entre ces différentes approches (médecine traditionnelle et alternative), vous permettant d’améliorer a minima les symptômes.

Retrouvez d’ailleurs notre article dédié à l’approche de l’ostéopathie en cas de SIBO ici : SIBO et ostéopathie

Pour aller plus loin (et se sentir moins seul face à la maladie)

  • Dora Moutot, auteur du livre « À fleur de pet » raconte sa maladie à travers cet article paru sur l’Huffington Post et cette interview Konbini.
  • L’Institut pour la Protection de la Santé Naturelle organise régulièrement des congrès où les patients peuvent rencontrer des médecins et nutritionnistes afin d’échanger sur les sujets de la santé et mais aussi et surtout sur la manière de la préserver au quotidien.
  • Une ressource pour mieux comprendre les FODMAPS et éviter les aliments causant du tort aux intestins.

Cabinet B - Ostéopathie

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