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Syndrome de Maigne : du bon diagnostic au bon traitement

Le syndrome de Maigne, aussi appelé syndrome de la charnière dorso-lombaire ou thoraco-lombaire, est souvent difficile à diagnostiquer.
On estime pourtant que près de 30% des lombalgies (maux de dos) seraient en réalité un syndrome de Maigne.

Douleurs dans le bas du dos, au ventre, ou encore ressemblant à une sciatique que faire lorsque les examens n’indiquent rien ? Comment poser le bon diagnostic ? Comment savoir s’il s’agit ou non d’un syndrome de Maigne et vers qui se tourner ?
Quelles sont les causes de ce symptôme, comment se manifestent les douleurs ? Comment le traiter, naturellement, si possible ?

Toutes les réponses dans cet article, avec notamment un focus sur l’apport de l’ostéopathie en cas de syndrome de Maigne.

Syndrome de Maigne : comment poser le bon diagnostic et mettre en place le bon traitement ?

Le syndrome de Maigne a été découvert par un rhumatologue du même nom dans les années 70.
Ce syndrome reste méconnu de nombreux médecins et thérapeutes. Et ce, alors qu’on estime que près de 30% des lombalgies seraient en fait un syndrome de Maigne.

Tour d’horizon sur ce sujet complexe.

Syndrome de Maigne : définition

Pour bien comprendre syndrome, il est important de comprendre ce qu’est une charnière. En effet, ce syndrome est aussi connu sous le nom de syndrome de la charnière dorso-lombaire ou thoraco-lombaire, puisque c’est un dérangement intervertébral mineur (DIM) qui est à l’origine de ce syndrome.

Qu’est-ce qu’une charnière ?

“Une charnière est un assemblage de 2 pièces, réunies sur un même axe, leur permettant de tourner. La charnière dorso-lombaire est une zone de transition car le thorax, en haut, est conçu pour la rotation (se tourner vers la droite et gauche), et les lombaires, en bas, sont conçues pour la flexion et l’extension (se pencher en avant ou en arrière). Cette zone qui concerne 3 vertèbres, dorsales et lombaires, peut présenter ce que l’on appelle des dérangements intervertébraux mineurs (DIM), et peut être à l’origine de nombreuses lombalgies de par son rôle stratégique.”, nous explique Alexandre Chaptal, Ostéopathe DO à Toulouse.

Les douleurs projetées

Le concept de douleurs projetées est apparu avec la découverte de ce syndrome.
Le principe est en réalité assez simple : vous avez un problème à un point A, qui entraîne des douleurs à un point B.
Les douleurs ressenties ne sont pas dans la zone de blocage.

Dans le cas présent, le blocage se trouve dans la charnière dorso-lombaire, mais les nerfs qui partent de cette zone, descendent jusque dans le bas du dos et sur le côté de la fesse. Les douleurs se manifestent donc ailleurs.

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Symptômes : comment reconnaître un syndrome de Maigne ?

Les douleurs associées à ce syndrome peuvent être très handicapantes au quotidien. Elles sont en général sources de stress car le diagnostic est difficile à poser, et l’errance thérapeutique est fréquente.

Les douleurs peuvent se manifester en alternance. Des douleurs plus ou moins vives au quotidien, et des crises hyperalgiques, nécessitant parfois une hospitalisation en urgence.

Les douleurs sont rarement localisées au niveau de la charnière. Elles sont le plus généralement à distance.

“Le bas du dos, est très fréquemment une zone de douleurs chez nos patients. Elles peuvent débuter dès le milieu du dos, se propager, le long de la fesse, de la jambe, voire même sous le pied. La douleur peut parfois être confondue avec une sciatique.
Des douleurs au ventre, à l’aine et au niveau de la hanche sur la partie externe de la cuisse, se manifestent fréquemment, et compliquent souvent la marche, la conduite, ainsi que les rapports sexuels.” nous explique Alexandre Chaptal.

Des douleurs à droite ?

Les douleurs sont souvent localisées à droite. Cela se retrouve dans les témoignages des patients, et c’est aussi ce qu’indiquent les statistiques du Dr Maigne. Selon ses recherches dans 60% des cas, les douleurs sont localisées à droite. Ce qui n’exclut pas que des douleurs se manifestent à gauche, mais plus rarement a priori.

En phase de crise, la douleur peut être telle qu’elle peut s’accompagner de bouffées de chaleur, sensation de nausées, vomissements, etc.

Troubles du transit

“Les douleurs s’accompagnent souvent de troubles du transit. Les patients nous indiquent parfois avoir “les intestins en vrac”. Diarrhées, ou au contraire constipation, ballonnement, etc. les troubles digestifs accompagnent fréquemment ce syndrome.” détaille Alexandre Chaptal.

Sphère uro-génitale

Les douleurs lors des rapports sexuels sont elles aussi fréquentes, mais les patients font rarement le lien spontanément.
De plus un certain tabou entoure ce type de douleurs, ce qui explique qu’elles soient passées sous silence.
Certains hommes vont par exemple voir la majorité de leurs douleurs se manifester à proximité des testicules, on parle alors de douleurs testiculaires. Sentiment d’impuissance, questionnement sur la virilité, certains sujets sont plus difficiles à verbaliser que d’autres. Ce silence, qui entoure justement certaines douleurs, retarde le diagnostic.

Concernant le cycle menstruel il n’est pas rare non plus de voir un lien entre les douleurs.
Douleurs lors de l’ovulation, durant les règles, variation de l’intensité du flux durant les règles, symptôme prémenstruel, etc., ces douleurs gynécologiques vont souvent de paire avec l’intensité des douleurs associées au syndrome de Maigne. Des douleurs pubiennes peuvent aussi se manifester.

Nous avions d’ailleurs traité en détail certains de ces sujets ici :

Qui sont les personnes touchées ?

Il n’existe a priori pas de population plus sensible à ce syndrome, excepté les personnes qui travaillent assises toute la journée. En effet cette position statique augmente les risques d’apparition de ce syndrome.
De même, les risques semblent augmenter après 50 ans.

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Diagnostic et causes du syndrome de Maigne

Le diagnostic est souvent difficile à poser, car les signes cliniques sont difficile à découvrir et à interpréter.

Mal de dos, mal de ventre, sciatique, douleur testiculaire, etc. Les douleurs décrites par les patients ne sont pas facilement attribuables à un syndrome de Maigne de manière spontanée.
Les patients se plaignent très rarement de douleurs au niveau de la charnière thoraco-lombaire mais présentent plutôt des douleurs dites projetées.
La multiplicité, la variété et la localisation des différents symptômes sont sources d’erreur de diagnostic.

De plus, les radios ne permettent pas de mettre en évidence des lésions dégénératives au niveau de la charnière, et dans ce cas une IRM est rarement prescrite pour aller plus loin.

S’ajoute à cela une méconnaissance du sujet par les médecins et thérapeutes.
Ce qui retarde encore la pose du bon diagnostic et donc de la bonne prise en charge.

Comment diagnostiquer un syndrome de Maigne ?

Votre médecin, ostéopathe, kinésithérapeute, ou tout autre professionnel de santé ou thérapeute peut identifier ce syndrome à l’aide de différents examens de toucher, de palpation et de pincer-rouler.
En parallèle de cet examen palpatoire un examen approfondi de vos symptômes par le biais d’un interrogatoire spécifique permettra de mettre en évidence ce symptôme.

Cet examen manuel palpatoire permet en général de confirmer un diagnostic. Il peut cependant être utile de réaliser des examens complémentaires comme une IRM qui permettra de confirmer le diagnostic, et de l’approfondir. En effet, dans certains cas ces imageries permettent de mettre en évidence des lésions dégénératives, ou à défaut de les exclure.

Syndrome de Maigne : les causes

“Ce syndrome est la conséquence d’une irritation des nerfs émergeant le plus souvent au niveau des vertèbres T12 et L1, et plus rarement T11 et T12.
L’irritation de ces nerfs provient d’un dérangement intervertébral mineur (DIM). Plus simplement, la partie postérieure de l’articulation de la vertèbre va venir se positionner d’une manière qui irrite l’émergence des nerfs. Dans d’autres cas le syndrome sera la résultante d’une arthrose articulaire, ou d’une pathologie discale comme un tassement vertébral.”, nous explique Alexandre Chaptal.

Quel traitement pour le syndrome de Maigne ?

Seul votre médecin traitant, ou le spécialiste vous accompagnant pourra vous conseiller sur le meilleur traitement à mettre en place dans votre cas.
Infiltrations, chirurgie, anti-inflammatoires, anti-douleurs, lui seul pourra vous accompagner sur cette question.

Parfois des séances de kinésithérapie peuvent être prescrites. L’approche combinée ostéopathie/kinésithérapie peut être extrêmement pertinente et apporter un réel soulagement.
Attention par contre, des manipulations mal adaptées peuvent exacerber les douleurs.

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Syndrome de Maigne et ostéopathie : quelle prise en charge et quelles limites ?

L’ostéopathie fait partie intégrante du parcours de soin en cas de syndrome de Maigne.

Le diagnostic

Bien souvent, un ostéopathe expérimenté et habitué à ce syndrome pourra même être le thérapeute qui vous permettra de poser le bon diagnostic sur l’ensemble des symptômes que vous présentez.
En effet, habitué aux techniques palpatoires, puisqu’il les utilise tout au long des soins qu’il prodigue, il est en général formé à reconnaître ce syndrome.

Le soin ostéo

Le travail de l’ostéopathe ne se limite pas à un travail sur la charnière dorso-lombaire ou thoraco-lombaire, mais sur toutes les charnières ayant une influence sur votre posture.
Il accorde aussi une forte importance à tout ce qui entoure cette charnière, et fonctionne avec elle. Comme par exemple votre diaphragme, l’ensemble de votre sphère viscérale, etc.

Votre ostéopathe s’intéresse aussi durant le soin à un éventuel dérangement intervertébral mineur (DIM) car il peut provoquer l’irritation des nerfs et provoquer les symptômes évoqués plus haut.

En général le soulagement est rapide grâce à un travail sur les vertèbres permettant de les débloquer. Mais chez certains patients plusieurs séances peuvent être nécessaires pour ressentir ce soulagement complet.

Il faut aussi être vigilant à un effet rebond post-séance, qui accentue les douleurs pendant 48 à 72h après un soin. Les douleurs projetées peuvent donc être accentuées, et de nouvelles peuvent apparaître. Bien que normal, ce désagrément est à anticiper lors de la prise de RDV.
Plusieurs séances sont nécessaires afin de permettre un résultat optimal et pérenne.

Un cas concret

Il est toujours très difficile, pour ne pas dire impossible, de s’engager sur un pronostic sans vous recevoir en consultation.
Pour vous donner une meilleure idée d’un parcours classique, prenons l’exemple d’une de mes patientes.

Mme X, 55 ans, responsable administrative travaille en moyenne 10h par jour en position assise. Elle consulte pour des douleurs de hanche, et des douleurs abdominales. Rien ne ressort des radios effectuées. Pas d’arthrose de hanche, ni troubles gynécologiques.

Après avoir effectué certains tests, je suspecte un syndrome de Maigne. J’applique alors le traitement en utilisant des techniques douces et adaptées.
Le soulagement est immédiat.
Nous programmons un deuxième RDV sous une semaine pour poursuivre le traitement initié lors de notre 1er RDV.
Entre temps les douleurs projetées ne se sont pas déplacées, elles restent abdominales et localisées au niveau de la hanche. Elles ont nettement diminué, et ne sont plus handicapantes. Elles restent néanmoins présentes.
Les douleurs disparaissent totalement dès le 2ème soin.
Nous effectuons un troisième soin un mois plus tard pour stabiliser les résultats dans le temps.
Dans le cas de Mme X, certains ajustements notamment au niveau de ses habitudes de travail sont nécessaires pour pérenniser les résultats.

Alexandre ChaptalOstéopathe DO à Toulouse

Dans quels cas l’ostéopathie ne suffit pas ?

En cas de tassement vertébral à la suite d’un choc par exemple, l’ostéopathe n’aura que peu d’impact dans l’amélioration des symptômes.

Conseils

“ Le mouvement est la clé. Ce syndrome peut s’installer de manière progressive par manque d’activité physique et avec une position prolongée sans mouvement. Levez- vous de temps en temps de votre chaise pour éviter cet effet de tassement.
La posture est aussi très importante, pensez notamment à quelques ajustements au niveau de votre poste de travail lorsque c’est possible. Attention aussi lors de port de charges lourdes, adoptez les bons gestes. Utilisez tout votre corps (jambe, cuisse notamment), pour bien vous plier et vous relever droit.”, conseille Alexandre Chaptal, Ostéopathe DO.

Cabinet B - Ostéopathie

Une équipe d’ostéopathes diplômés au sein d’écoles agréées par le Ministère de la Santé

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Cabinet d'ostéopathie à Toulouse, regroupant des ostéopathes aux spécialités diverses, tous animés par la volonté de créer une véritable relation de confiance avec leurs patients.

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