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Nous sommes nombreux à souffrir de douleurs musculaires au cours de notre vie, douleurs qui se résorbent habituellement d’elles-mêmes après quelques semaines. Mais pour certains, ces douleurs musculaires persistent.

Il pourrait alors s’agir d’un syndrome myofascial (SMF), également appelé syndrome de douleur myofasciale ou encore syndrome de douleur et de dysfonctionnement myofascial.

Il s’agit de douleurs chroniques pouvant venir toucher l’ensemble du corps, même le visage et la mâchoire. Douleurs au niveau du cou, des dents, du haut du dos, des bras et engourdissement des mains ne sont que quelques-uns des nombreux symptômes pouvant être retrouvés dans le syndrome myofascial.

La douleur provient de zones spécifiques du corps, zones que l’on appelle couramment des « trigger points ».

Lorsque l’on exerce une pression sur ces points déclencheurs, une douleur peut être ressentie localement, mais elle peut aussi déclencher une douleur dans une autre partie du corps !

Un syndrome fréquent

Il s’agit d’une maladie très courante et la majorité des personnes développent au moins un trigger point au cours de leur vie. Mais suivant la sévérité du syndrome, une forme chronique de celui-ci peut se développer, entraînant des douleurs handicapantes et persistantes, relativement lourdes au quotidien.

Alors comment savoir s’il s’agit d’un syndrome myofascial ? Qu’est ce qui cause ce trouble ? Comment soulager le syndrome de douleur myofasciale de manière naturelle ? Autant de questions auxquelles nous répondrons dans cet article.

Le syndrome myofascial, qu’est-ce que c’est au juste ?

Le syndrome myofascial est un trouble douloureux venant affecter les muscles et les fascias, dans l’ensemble de votre corps. Voyez les fascias comme des enveloppes couvrant tous les muscles du corps, également présents dans les os, les articulations, les organes, etc. Ces tissus, innervés et vascularisés, protègent les muscles et servent de plan de glissement à ceux-ci lors de vos mouvements.

Les symptômes du syndrome myofascial

Les douleurs engendrées par ce syndrome peuvent être ressenties un petit peu partout dans le corps, du cou aux membres, en passant par les dents et le visage et elles peuvent s’accompagner d’engourdissement au niveau des mains. Vous pourriez avoir l’impression que tout votre corps est endolori et à certains points précis, vous pourriez avoir la sensation que l’on vous plante une aiguille.

Il est à noter que ces douleurs s’accompagnent très souvent d’une fatigue chronique et parfois de maux de tête.

Des douleurs locales…Et référées

Ces douleurs musculo-squelettiques peuvent être ressenties localement, à un point donné, mais aussi parfois à distance (on parle alors de douleurs référées). Ces points douloureux sont appelés points gâchettes, points de déclenchement myofasciaux ou encore trigger point (« trigger » désignant « déclencheur » en anglais).

Le point gâchette

Ce point forme alors comme une petite bande au niveau du muscle squelettique, une bande devenant alors dure et très douloureuse. Vous pouvez d’ailleurs remarquer que la mobilisation ou la contraction réveille ou accentue généralement la douleur.

Il est à noter que cela peut toucher un ou plusieurs muscles et limiter fortement vos mouvements. On retrouve le plus souvent ces points au niveau de la tête, des épaules, des extrémités, des membres (bras, cuisses et jambes) ainsi que dans le bas du dos.

C’est une douleur qui peut parfois être confondue avec les douleurs causées par la fibromyalgie.

Différencier le syndrome myofascial de la fibromyalgie

Dans le cas de syndrome myofascial, la douleur est régionale ou localisée à un point précis, contrairement à la fibromyalgie, elle, caractérisée par une douleur diffuse. Aussi, dans le cas de fibromyalgie, les points douloureux ne déclenchent pas de douleurs référées lorsqu’ils sont pressés.

Retrouvez les réponses apportées par l’ostéopathie en cas de fibromyalgie dans cet article dédié.

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Quelles sont les causes d’apparition du syndrome myofascial ?

Les points de déclenchements myofasciaux se développent généralement suite à une lésion des fibres musculaires. Et lorsqu’une lésion au niveau de ces fibres survient, des substances (nommées substances neuro-vasoactives) sont libérées créant alors une hypoxie locale, comprenez par là que les fibres musculaires manquent d’oxygène.

Cela aura alors pour effet une contraction permanente de ces fibres musculaires (sur une petite zone donnée), ces fibres ne peuvent en effet plus se relâcher.

Les causes des douleurs myofasciales peuvent être alors multiples :

  • Une blessure musculaire (créant alors des adhérences au niveau du muscle)
  • Une tension musculaire (qui peut elle-même avoir plusieurs origines, comme une mauvaise posture, la pratique d’un sport qui sollicite plus un groupe musculaire que l’autre)
  • Des mouvements répétitifs (une activité professionnelle avec des mouvements répétitifs par exemple)
  • Le tabac (venant lui intensifier les douleurs de trigger point)

Syndrome myofascial, des origines psychologiques ?

Il est à noter que le stress ou encore un état dépressif peuvent engendrer un déséquilibre au niveau du système musculo-squelettique venant alors intensifier les douleurs des zones gâchettes.

Votre ostéopathe peut venir vous aider dans des phases particulièrement stressantes de votre vie. Pour en savoir plus, consultez cet article : Stress et ostéopathie, les conseils d’un ostéopathe.

Qui peut être touché par le syndrome myofascial ?

La prévalence est relativement difficile à préciser mais plusieurs critères (basés sur les consultations) concourent à faire penser que le syndrome myofascial est particulièrement fréquent, avec 10% des sujets adultes qui seraient touchés.

Le syndrome se déclare généralement entre 30 à 50 ans, avec une prédominance chez les femmes (à hauteur de 4 femmes pour 1 homme).

Enfin, 3 adultes sur 4 seraient touchés par le syndrome myofascial à un moment de leur vie.

Comment être sûr qu’il s’agit bien d’un syndrome myofascial et pas d’une autre maladie ?

Le diagnostic est clinique et se fera par le biais d’une inspection minutieuse à la recherche des points gâchettes par le médecin, en fonction de la description de vos douleurs. Le professionnel de la santé que vous consulterez viendra notamment rechercher :

  • La présence d’un point hypersensible dans le cordon musculaire tendu
  • La reproduction d’une sensation de douleur référée distante avec une stimulation d’un point donné
  • Une certaine faiblesse ou raideur musculaire
  • Des douleurs à l’étirement ou à la contraction du muscle touché
  • La présence d’une réponse avec la palpation du muscle qui « claque »

Un diagnostic difficile à poser

Le diagnostic peut s’avérer parfois difficile à poser. En effet, suivant la région concernée par les points trigger, la douleur référée peut déclencher des maux de tête, des douleurs oculaires ou encore des acouphènes. Il sera alors nécessaire de faire un diagnostic pour chacun de ces symptômes afin de venir éliminer d’autres pathologies (pouvant générer ces mêmes symptômes).

Syndrome myofascial : quel traitement naturel ?

Avec près des trois quarts de la population souffrant du syndrome myofascial au cours de leur vie, nombreuses sont les personnes à la recherche d’un traitement naturel et non invasif pour soulager ces douleurs et vivre plus confortablement au quotidien.

Il s’agit d’un motif de consultation très fréquent en ostéopathie, cette médecine alternative apportant une solution efficace dans le soulagement du syndrome myofascial. C’est par un travail doux et minutieux que l’ostéopathe travaille sur le système musculo-squelettique et vient soulager les points de tensions en redonnant de la mobilité aux zones gâchettes.

Plusieurs séances sont généralement nécessaires et seront notamment définies en fonction de la chronicité de vos douleurs.

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Syndrome myofascial : que fait l’ostéopathe ?

Repérer les zones douloureuses

L’évaluation de la quantité des zones faciales dysfonctionnelles se caractérise par l’étendue des zones superficielles et profondes des fascias qui impactent les différents organes en lien avec les fascias tendus par les points trigger.
En fait tout peut être en lien, car tout est englobé de fascia.
Il s’agit donc d’estimer leur impact sur les os, les ligaments, les muscles, les fascias, ainsi que l’incidence sur les vaisseaux sanguins (artères et veines), ainsi les nerfs et la circulation lymphatique. Pendant le soin d’ostéopathie la palpation pourra donc se faire sur tout le corps.

À partir de là on peut différencier deux phases dans le soin du SMF.
Le travail de fond, celui qui consiste à repérer les points trigger, causatifs de l’ensemble des tensions fasciales étendues et douloureuses, et à en libérer les tissus endommagés de leurs tensions et parasites s’étendant sur les tissus faciaux environnants.
Et le travail que l’on peut appeler périphérique consistant à libérer l’ensemble des tissus mis en tensions par les trigger point.
L’ajustement de ces tensions fasciales peut être commencé dès le premier soin, il aura pour but un soulagement plus immédiat, mais sans le travail de fond effectué au préalable sur les points trigger la probabilité que les douleurs surgissent à nouveau sera élevée.

Combien de consultation sont nécessaires ?

Le nombre de soin est difficile à définir dans cet article, en effet il est nécessaire de vous rencontrer en consultation afin de répondre plus précisément à cette question.
Néanmoins, afin de vous donner une idée d’un protocole de soins, voici quelques grandes lignes.

Il y deux facteurs à à prendre en compte :

  • l’intensité du blocage de chaque trigger point, où beaucoup de facteurs sont en jeu : sa localisation (muscle superficiel ou profond et donc plus difficile d’atteinte), son ancienneté (où on considère que plus une lésion est ancienne plus elle pourrait avoir un impact pathologique ancré), etc.
  • Et votre état de santé. Si votre état de santé générale est bon, vous récupérerez plus rapidement.

Un minimum de 2 soins est en général à prévoir, davantage selon les critères énoncés plus précédemment.

Ostéopathie et kinésithérapie : quelle complémentarité ?

Entre les soins d’ostéopathie, de la kinésithérapie peut-être proposée par votre médecin et conseillée par votre ostéopathe.
L’alliance de la kinésithérapie et de l’ostéopathie pourra s’avérer particulièrement bénéfique pour la récupération des facultés neuro-motrices.
Plus simplement, les tensions des trigger point sur le reste du corps ont pu causer des douleurs et des dysfonctions (troubles) musculo-squelettiques impactant la juste coordination de vos mouvements quotidiens.

Or, une fois une fois le protocole de soin achevé, il peut être intéressant de réinitialiser de nouveaux schémas de coordination. Ce travail qui devrait se faire naturellement peut alors éviter des épisodes de blocage articulaire, comme lorsqu’on effectue un faux mouvement. La synergie du travail entre votre ostéopathe et votre kinésithérapeute prendra alors tout son sens.

Une prise en charge globale

Le travail de l’ostéopathe dans la prise en charge du syndrome myofascial ne s’arrête pas là. Le praticien portera aussi une attention particulière à votre posture. C’est ici un travail global qui lui permettra de mettre en évidence d’éventuels déséquilibres déstabilisant votre système musculaire. Il évaluera l’ensemble de votre système postural ce qui passe par vos pieds, votre bassin, vos oreilles pour le système d’équilibre (oreille interne), vos yeux et même votre mâchoire, ainsi que votre colonne vertébrale et différentes chaînes musculaires.

De même, votre technique sportive et vos gestes professionnels pourront être abordés par votre ostéopathe.
En effet, afin d’éviter une irritation répétée sur une même zone du corps, et éviter la blessure musculaire à l’origine d’un point gâchette, il faudra éventuellement travailler votre technique
et vos gestes sportifs. Si votre entraîneur ou coach, sera le plus à même de vous conseiller sur ces points spécifiques, un travail en synergie avec votre ostéopathe sera des plus bénéfiques.

Concernant vos gestes et postures au travail de nombreuses recommandations simples à mettre en oeuvre vous permettront d’adapter votre poste de travail si vous avez un emploi sédentaire, du type travail de bureau.
En revanche, si pour être adapté votre poste de travail demande des aménagements importants (notamment dans le secteur industriel), nous vous recommandons de faire appel à un ergothérapeute, véritable spécialiste du sujet. De nombreuses entreprises ont pris conscience de l’importance du bien-être et de la santé en entreprise, et sont sensibles à ce type de demande lorsqu’elle est formulée par l’un des salariés.

Les limites de l’ostéopathie dans la prise en charge du syndrome myofascial

Bien que l’ostéopathie reste efficace dans le traitement du syndrome myofascial, ses limites résident lorsqu’il existe une lésion musculaire. Il faudra alors vous mettre au repos afin de pouvoir bien cicatriser (particulièrement vrai chez le sportif). Nous avons conscience qu’il peut être relativement compliqué pour les accros au sport de lever le pied, c’est pourtant ici une étape nécessaire.

Ce n’est alors qu’après la cicatrisation que votre ostéopathe pourra intervenir afin d’éviter l’apparition du syndrome myofascial.

Cabinet B - Ostéopathie

Une équipe d’ostéopathes diplômés au sein d’écoles agréées par le Ministère de la Santé

Cabinet B

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Cabinet d'ostéopathie à Toulouse, regroupant des ostéopathes aux spécialités diverses, tous animés par la volonté de créer une véritable relation de confiance avec leurs patients.

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